Aigles Bleus 1989-1990: «rien n’était impossible», se souvient Claude Gosselin

Lorsque s’est entamée la saison 1989-1990, le capitaine Claude Gosselin représentait avec Steve Salter, Marc Bernier et Alain Bissonnette la vieille garde de l’équipe de hockey des Aigles Bleus de l’Université de Moncton. Les deux premiers sont arrivés dans le programme en 1985, les deux autres l’année suivante. L’équipe, elle, avait pris part à trois des quatre dernières finales de l’Atlantique et, à deux reprises, s’était cassé les dents au rendez-vous national.

Eux savaient à quel point la ligne est mince entre l’explosion de joie après la victoire, ou se retrouver la tête entre les deux jambes en train de pleurer toutes les larmes de son corps. Tout est dans les détails.

Et en 1989-1990, Claude Gosselin est convaincu que ce sont les détails qui ont mené les Aigles Bleus de l’Université de Moncton à la victoire. Et ce sont ces détails qui font que cette équipe va se joindre au clan des immortels du sport néo-brunswickois, samedi, au Colisée de Moncton.

«Il y a avait dans l’équipe un sentiment comme quoi rien n’était impossible, soutient le capitaine. Un exploit comme celui de mars 1990, ça ne se réalise pas sans l’impact de l’ensemble de l’équipe. Il y avait une volonté hors de l’ordinaire de vouloir faire sa marque. C’est ce qui est à mon avis la différence entre l’équipe de 1989-1990 et celle de l’année précédente (qui c’était incliné en demi-finale du Championnat canadien).»

«La saison précédente, c’était trop facile. Souvent, quand ça va trop bien, que tout semble trop proche dans l’allégresse des victoires, c’est très rare que tu parviennes à t’améliorer. Mais quand tu subis la défaite, c’est plus facile de se pousser afin de faire mieux. C’est la même chose pour une entreprise. C’est quand elle réalise qu’elle a de la compétition qu’elle se surpasse. En 1989-1990, parce que l’adversité était là, l’équipe cherchait continuellement à faire un pas de plus. Mais c’est l’implication de tous les joueurs qui a permis ça», explique Gosselin.

«J’ai souvent dit aux gens que dans une équipe, le talent individuel de chaque individu peut seulement t’amener 20% du résultat final. Ça te prend d’autres éléments pour aller chercher les 80% qu’il te manque pour aller chercher un championnat. Ça te prend d’abord un système de jeu qui fait en sorte que les six joueurs qui sont envoyés à la fois sur la glace ont envie de travailler ensemble. Ça représente selon moi 40% du succès. Et l’autre 40% c’est d’avoir 20 joueurs, des entraîneurs et toutes les autres personnes impliquées de près dans l’équipe qui foncent vers un même et seul objectif. Gagner au hockey, c’est d’abord et avant tout un travail d’équipe», confie-t-il.

«C’est certain que Steve, Marc, Alain et moi avions envie de gagner, mais un championnat implique un tas d’embûches et de questionnements tout au long d’une saison. Certains jours, tu n’es plus certain que tu vas pouvoir y arriver. C’est pourquoi c’est si difficile de gagner. C’est plus complexe que de dire qu’il y a un tel déclic ou un autre dans les saisons», indique l’ex-numéro 17.

Gosselin est toutefois convaincu d’une chose. L’entrée en scène du gardien Alain Harvey en janvier a joué un rôle primordial.

«S’il y a une personne qui a permis que tout change, c’est Alain Harvey. Moi, ça ne m’a même pas pris 15 jours pour savoir qu’il était ce qui nous manquait pour aller jusqu’au bout», dit-il.

Cela dit, Gosselin croit aussi que le mélange de joueurs acadiens et québécois est d’une grande importance.

«J’irais même jusqu’à dire que c’est primordial. À l’époque, c’était beaucoup plus difficile pour un Québécois que ça ne l’est aujourd’hui de saisir les nuances de la réalité des Acadiens. Dans notre équipe, ce sont les Acadiens qui nous rappelaient l’importance d’être fier de porter ce chandail. Ils faisaient toujours en sorte que personne ne l’oublie. Après une fin de semaine difficile où nous avions perdu un match sur la route, c’était les Acadiens qui nous faisaient comprendre qu’il fallait nous retrousser les manches et trouver une manière de mieux représenter l’équipe des Aigles Bleus», souligne Claude Gosselin.