Aigles Bleus 1989-1990: «toute une machine de hockey»

Plus fier que Mathieu Béliveau à l’idée de devenir un immortel du hockey, on demande à voir. Le talentueux joueur de centre conserve des souvenirs précieux de son passage à l’Université de Moncton, particulièrement de la saison 1989-1990 qui explique l’intronisation de l’équipe au Temple de renommée sportive du Nouveau-Brunswick.

«C’est vraiment cool», s’exclame-t-il.

«C’est non seulement spécial, mais ça rappelle aussi des bons souvenirs. C’est capotant! Tout ça remonte quand même à presque 30 ans. C’est comme si c’était arrivé dans une autre vie. C’est bien joué d’Euclide Gautreau de nous avoir mis en nomination. Euclide s’occupe des Aigles Bleus de façon formidable», affirme Béliveau.

«À mes deux premières saisons avec le Bleu et Or, les recrues qui arrivaient dans l’équipe prenaient rapidement leur place dans le feu de l’action. Cela dit, l’arrivée du gardien Alain Harvey après les Fêtes a été la cerise sur le sundae. Je ne sais pas qui est le recruteur dans l’organisation qui est allée chercher ce gardien-là, mais il mériterait une médaille. Il mériterait de faire partie de l’histoire comme tout le monde. Harvey, c’était le morceau qu’il manquait au casse-tête», estime l’ancien numéro 21. (N.D.L.R. – La réponse à la question de Mathieu Béliveau se trouve dans l’entrevue avec l’entraîneur Len Doucet).

«C’est sûr que nous avions un bon noyau avec les (Dany) Gauvin, (Sylvain) Lemay, (Claude) Gosselin, (Marc) Bernier et (Steve) Salter, entre autres, et qu’il n’y avait rien de gagné d’avance. Mais honnêtement, il n’y avait pas vraiment de faiblesse dans cette équipe. Len utilisait toujours ses quatre trios et ses six défenseurs. Il n’y avait personne à laisser au bout du banc parce que tout le monde pouvait jouer. Nous avions toute une machine de hockey avec de la profondeur. C’est extrêmement rare, peu importe le niveau de jeu, qu’un entraîneur puisse réellement dire qu’il fait jouer ses quatre trios.»

Selon Béliveau, le manque d’adversité lors de la saison précédente et le fait que les équipes du circuit de l’Atlantique s’étaient nettement améliorées avant la saison 1989-1990 ont grandement aidé le club à faire la conquête du championnat canadien.

«Alors que nous remportions la plupart de nos parties par des pointages hallucinants la saison d’avant, c’était soudainement plus difficile de gagner. En 1988-1989, tout était trop facile pour nous. Ce n’est pas ainsi qu’une équipe parvient à forger son caractère. C’est parce que nous n’avions pas eu d’adversité que nous n’avons pas gagné au printemps de 1989. Comme la ligue était plus forte la saison suivante, nous avons dû travailler fort pour gagner nos matchs. C’était souvent serré. Ç’a fait en sorte que nous sommes arrivés à Toronto 100 fois mieux préparés», mentionne Béliveau.