Aigles Bleus 1989-1990: un plan B qui a bien tourné pour Donald McGrath

Quand Donald McGrath s’est présenté au camp d’entraînement de l’équipe de hockey des Aigles Bleus de l’Université de Moncton en 1989, son cœur n’y était pas vraiment. Âgé de 21 ans, il avait déjà pris part aux camps d’entraînement des Nordiques de Québec (1987) et des Blackhawks de Chicago (1988) et, de son propre aveu, il rêvait davantage à une carrière professionnelle qu’aux bancs d’école. L’U de M, pour lui, c’était ni plus ni moins qu’un plan B.

On devine assez rapidement que son arrivée à l’U de M ne s’est pas fait dans l’allégresse. Et cela, même si ses frères Douglas et Cédric ont eux aussi porté les couleurs de l’université acadienne.

«C’est vrai qu’au départ, je suis arrivé à Moncton un peu à reculons. Pour un jeune Canadien qui a grandi dans le hockey, j’avais eu la chance de patiner avec les gars de la Ligue nationale en 1987 au camp des Nordiques, puis en 1988 à celui des Blackhawks. Je rêvais à la Ligue nationale. Mes participations à ces deux camps, ainsi que la conquête de la coupe du Président à Longueuil en 1987, étaient mes faits d’armes dans le hockey», révèle le défenseur originaire de Tracadie.

«J’étais à l’époque un peu mélangé. J’avais des offres d’équipes de la Ligue américaine et de la Ligue internationale et il y avait les études. Quand tu es jeune, tu ne sais pas vraiment quoi faire. Mais comme je ne voulais pas devenir un bum, il y a une petite voix intérieure qui me disait de me concentrer sur mes études. Et là il y avait les Aigles Bleus qui me permettaient d’étudier et de jouer au hockey en même temps. Mais encore là, au départ, c’était quand même une déception que de jouer universitaire», confie-t-il.

Le temps aidant, McGrath a depuis longtemps fait la paix avec ses déchirements. Et c’est avec joie qu’il ira célébrer l’intronisation des Aigles Bleus de 1989-1990 au Temple de la renommée du Nouveau-Brunswick, samedi soir, au Colisée de Moncton.

«Avec le recul, mes années universitaires sont devenus de beaux souvenirs, surtout la première saison. Je me souviens que ç’a été une année de défi pour tous les joueurs. Nous avions beaucoup de talent. Cela dit, ç’a été difficile en début de saison de perdre le plus grand leader de l’équipe en Jacques Pinet. Jacques avait choisi de se concentrer davantage sur ses études», mentionne-t-il.

Donald McGrath est d’autant plus fier qu’il s’en va rejoindre son frère Douglas au panthéon des sports néo-brunswickois, lui qui y est depuis 2004 avec l’équipe du Bleu et Or de 1980-1981.

«Je vais pouvoir taquiner un peu Doug avec ça, dit-il. C’est quand quelque chose d’avoir trois frères qui ont joué pour les Aigles Bleus. Nous avons été là pendant les années où l’équipe avait beaucoup de succès.  Cédric a malheureusement perdu en finale, mais Doug et moi avons gagné le championnat canadien», souligne-t-il.

«Mes plus beaux souvenirs ont tous rapport au groupe que nous avions. Il y avait vraiment un bon mélange de joueurs du Québec et de l’Acadie. Les gars du Québec apportaient plus de talent et les Acadiens, avec des gars comme (Marc) Bernier, (Réjean) Després, (Claude) Lagacé et (Louis) Melanson, entre autres, amenaient du cœur. Les Acadiens ont fait une grosse différence dans les parties qui étaient plus physiques», révèle-t-il.

«Nous avions de très bons leaders comme Bernier, Steve Salter et Mathieu Béliveau. Et puis il y avait Alain Harvey devant les buts qui est arrivé après Noël. Alain, c’était la pièce qui nous manquait», croit-il.

Donald McGrath a également tenu à souligner l’entourage du club qui était selon lui de niveau professionnel. Il estime d’ailleurs en être un parfait exemple.

«Je m’étais séparé une épaule une semaine avant la finale de la ligue. Normalement, dans un tel cas, ta saison est terminée. Mais nous étions vraiment bien entourés hors-glace. Dès le lendemain de ma blessure, Jacques Godin, le Dr (Daniel) de Yturralde, Gene Gaudet et Nadine Malenfant m’ont fait des traitements trois fois par jour afin que je sois capable de revenir au jeu plus rapidement. Au lieu de quelques mois d’absence, j’ai pu revenir en moins de deux semaines. C’est le genre d’équipe que nous avions», dit-il.

«C’était la même chose au niveau de l’éducation. Un gars comme Edgar Léger, par exemple, s’impliquait beaucoup auprès des joueurs qui avaient de la difficulté avec leurs études. Il était là pour nous aider à avoir du succès dans nos cours et, par la bande, ça nous permettait de continuer à jouer au hockey. Cet entourage nous a grandement aidé à remporter le championnat canadien», ajoute Donald McGrath.