Des Chiasson de la Péninsule au comble du bonheur

Parmi les noms à consonance acadienne qui sont inscrits sur la coupe Stanley, on retrouve, entre autres, les familles Richard (Maurice et Henri), Béliveau (Jean), Bourque (Raymond) et Melanson (Roland). Vous pouvez maintenant ajouter la famille Chiasson.

Depuis tard jeudi soir, Alex Chiasson est sur toutes les lèvres des Chiasson de la Péninsule acadienne.

À peu près tout le monde a visionné (à quelques reprises) l’extrait de TVA Sports où l’on voit l’ailier droit âgé de 27 ans des Capitals de Washington et son père Serge, qui en passant a grandi à Saint-Simon, témoigner avec émotion de leur immense bonheur en compagnie du journaliste Renaud Lavoie sur la surface glacée du T-Mobile Arena.

Imaginez la fierté des habitants de Saint-Simon d’entendre Alex, alors que le paternel pratiquement brisé par l’émotion cherchait ses mots, s’exclamer: «On va boire de la Alpine à Saint-Simon!» Huit petits mots qui vont assurément passer à la postérité.

Tina LeBouthillier, une cousine d’Alex, dit être allée se coucher alors que le pointage était de 3 à 2 en faveur des Golden Knights en croyant dur comme fer qu’il y aura un sixième match. Ce n’est qu’à son réveil, vendredi matin, qu’elle a appris la victoire des Capitals.

«C’est en allumant ma tablette que j’ai appris la nouvelle. J’ai ensuite vu l’entrevue d’Alex avec mon oncle Serge sur la glace et c’était émouvant. Nous sommes une famille très unie et c’est venu me chercher de voir ça», affirme la jeune femme.

«Je ne suis pas une grande partisane de hockey, mais je suis de plus près la carrière d’Alex depuis qu’il joue dans la Ligue nationale. Aujourd’hui, c’est excitant de savoir qu’il va y avoir un Chiasson sur la coupe Stanley. C’est une source de grande fierté», ajoute Tina LeBouthillier.

Sylvie Chiasson, l’une des tantes d’Alex, fait partie de ceux et celles qui n’ont pas beaucoup fermé l’oeil dans la dernière nuit.

«J’ai pleuré de voir mon frère en compagnie d’Alex sur la glace. C’était tellement beau de voir leur complicité. Alex, nous suivons sa carrière depuis bien avant qu’il a commencé à jouer dans la Ligue nationale. Je me souviens que nous allions le voir jouer à l’Université de Boston. Nous étions également lors du repêchage de 2009. Et nous sommes allés le voir jouer à Montréal lors de son premier match au Centre Bell», raconte Sylvie Chiasson.

«C’est tellement un jeune qui est généreux. Il trouve toujours du temps pour la famille. Je communique parfois avec lui en lui envoyant des courriels et malgré le fait qu’il est très occupé, il me répond toujours. Nous sommes très fiers de lui», mentionne-t-elle.

Gaétan Chiasson, le frère de Serge, ne tient plus en place depuis jeudi soir.

«Écoute, jeudi soir, après la première période, j’ai été obligé de sortir de la maison tellement j’étais sur les nerfs. Je me suis ramassé au Chalet du Capitaine et j’ai écouté la deuxième période avec quelques personnes qui étaient déjà là. Je suis ensuite retourné à la maison pour la troisième période parce que je savais que Serge était présent à Vegas et je voulais voir ça seul», confie-t-il.

«C’était beaucoup d’émotion de voir mon frère Serge sur la glace. C’est extraordinaire ce qui vient d’arriver et il faut le vivre pour comprendre à quel point ça l’est. J’ai envoyé un texto à Alex et il m’a répondu pour me dire à quel point il était heureux», souligne-t-il en prenant une pause.

«Alex, je suis son cheminement depuis le hockey mineur. Nous allions déjà le voir jouer quand il était bantam. Tu voyais déjà qu’il était bon, mais de là à se rendre jusqu’à la Ligue nationale c’est une autre histoire. Il a toutefois été persévérant et il a continué à se développer. Ça lui a demandé beaucoup de discipline pour se rendre jusque là», révèle-t-il.

Gaétan Chiasson dit s’être couché vers 2h du matin, mais il était déjà debout à 5h.

«Je n’étais déjà plus capable de dormir. Et comme je n’étais pas capable de rester à la maison, j’ai été me promener ici et là et partout des gens m’ont abordé pour me serrer la main et encore pour me dire à quel point ils étaient fiers. J’ai été au IGA à Caraquet, où ma mère Claudia travaille, et ils ont installé une banderole pour féliciter Alex», poursuit-il.

«Je vais te raconter une anecdote pour te montrer à quel point les gens sont fiers d’Alex par ici. Au printemps de 2012, Alex a complété la saison à Dallas et il avait marqué six buts dans les sept derniers matchs. Pendant l’été, j’étais dans l’Ouest pour mon travail quand ma femme m’a appelé pour me dire que le gars du câble était venu nous brancher le poste qui présentait les matchs des Stars. Le gars a demandé à ma femme pourquoi les gens du coin demandaient tous pour avoir ce poste-là. Il n’en revenait pas. Ma femme a alors dû lui expliquer que c’était à cause d’Alex», mentionne Gaétan Chiasson.

Il termine l’entrevue en disant que les chances sont bonnes pour que le héros du jour soit présent à Saint-Simon, en compagnie de ses parents (Serge et Marilyn), en août afin de célébrer en famille.

«Il n’y a encore rien de confirmé, mais ça regarde pour ça», conclut Gaétan Chiasson au comble du bonheur.