«On va boire de la Alpine à Saint-Simon!»

Les images du capitaine Alex Ovechkin au comble du bonheur, ainsi que le témoignage bouleversant de T.J. Oshie dédiant la victoire à son père Tim, atteint de la maladie d’Alzheimer, ont évidemment fait le tour du monde, à la suite de la victoire des Capitals de Washington qui ont remporté une première coupe Stanley à leur 45e saison dans la Ligue nationale. À une plus petite échelle, mais néanmoins pas dépourvue d’une bonne charge émotivité, l’entrevue réalisée par le journaliste de TVA Sports Renaud Lavoie en compagnie d’Alex Chiasson, et de son père Serge, est rapidement devenue virale dans la Péninsule acadienne.

Ils sont des milliers à avoir visionné l’extrait où le journaliste demande au paternel comment il vivait le fait que son fils venait de remporter une coupe Stanley.

«Écoute, ça rayonne tellement loin…», a-t-il d’abord révélé, pendant qu’Alex essuyait ses larmes en écoutant son père.

«(…) Jusqu’en Acadie, chez mes parents à Saint-Simon. Je salue d’ailleurs ma mère, mes frères et sœurs. Après ça, je ne sais pas… (silence) Depuis que je suis jeune que je regarde la Coupe…»

Serge Chiasson se penche alors sur son fils pour s’enfouir un instant le visage dans le chandail des Capitals, puis se redresse pour reprendre la conversation.

«… les Jean Béliveau, les Guy Lafleur… je ne sais pas quoi te dire», révèle-t-il les yeux pleins d’eau.

«Je suis tellement fier de lui. Pis je suis content», parvient-il à dire entre deux sanglots.

À ses côtés, Alex doit encore s’essuyer les yeux, gagné lui aussi par l’émotion.

Le journaliste en profite pour signaler qu’Alex Chiasson a travaillé fort, qu’il dû passer au travers des embûches, mais qu’il a su garder la tête haute.

«Alex c’est un gars positif. Même s’il n’a pas joué cette série-là (la finale), je l’ai vu travailler fort (dans les entraînements). Il était prêt et il voulait vraiment. C’est sûr qu’il était à 100%. J’aurais souhaité qu’il joue au moins une partie, mais je savais qu’il était là. Nous avons vu la série à Pittsburgh et ç’a été une grosse série pour Washington. Et fiston a fait partie de l’équipe. Je suis vraiment fier de lui. De voir Chiasson (sur la coupe), ça n’a pas de sens. Je suis fier… Chez nous, ma conjointe à Cacouna, mes amis à Québec, c’est…»

Voyant son père chercher ses mots, Alex lui vient en aide en s’exclamant: «On va boire de la Alpine à Saint-Simon!»

Le père et le fils éclatent alors de rire, se prennent bras dessus bras dessous, puis Serge lui donne un bec sur la joue. Des images d’une immense tendresse que les Acadiens de la Péninsule acadienne ont regardées et regardées sans se lasser depuis vendredi matin.

Laissé de côté pendant les cinq parties de la finale, Alex Chiasson a tout de même disputé 16 matchs des séries. Il a inscrit un but et une passe. Il a d’ailleurs inscrit son but en demi-finale face aux Penguins.

«Je n’ai pas joué en finale, mais j’ai quand même marqué le premier but dans la partie décisive qui nous a permis d’éliminer les Penguins en deuxième ronde, a souligné Chiasson à François Gagnon du Réseau des Sports (RDS). Pour l’organisation, cette victoire contre un rival qui avait toujours eu le dessus en séries a été un moment marquant. En raison de l’importance de cette victoire – les Caps l’avaient emporté 2 à 1 – c’est clair que c’est le but le plus important de ma carrière jusqu’ici.»

Des hauts et des bas

Toujours à RDS, Chiasson a fait savoir qu’il n’était pas amer d’avoir été laissé de côté pour la finale.

«J’ai eu une saison en montagne russe. J’ai vécu des hauts et des bas. Malgré tout, j’ai toujours tenté de trouver des façons d’aider l’équipe à gagner. J’ai eu de la difficulté à me trouver une place à titre de régulier dans la ligue. J’ai changé plusieurs fois d’équipe. Mais ce soir, je peux t’assurer que cette année j’ai trouvé la bonne», a ajouté Chiasson.

Chiasson a été un choix de deuxième tour des Stars de Dallas (38e au total) en 2009 et qu’il a été échangé après une seule saison complète aux Sénateurs d’Ottawa en 2014. Après deux campagnes dans la capitale nationale, Chiasson a été échangé aux Flames de Calgary où il n’a disputé qu’une seule campagne. Devenu agent libre, il a paraphé une nouvelle entente avec les Capitals de Washington l’été dernier.

Âgé de 27 ans, Chiasson montre un dossier de 59 buts et 65 passes pour 124 points en 381 matchs de saison régulière. Il a ajouté deux filets et deux mentions d’aide en 30 duels éliminatoires.