L’équitation gymkhana coule dans le sang des Haché

Le gymkhana est une véritable affaire de sang pour la famille Haché de Caraquet. Douglas Haché, le patriarche, est non seulement l’organisateur du Cowboy Weekend, mais il est aussi un fidèle compétiteur.

Le septuagénaire acadien vit d’un amour fou pour les chevaux depuis très longtemps. Sa carrière de cavalier a débuté il y a quelque 50 ans. Aujourd’hui, trois générations de cette famille digne du Far West pratiquent l’équitation.

«J’ai toujours été autour des chevaux, j’ai toujours eu cette passion», explique l’homme.

«Lorsqu’on s’est marié, poursuit son épouse Pierrette, il s’est acheté un cheval alors qu’on n’avait pas d’écurie!»

Douglas Haché, Pierrette Haché, Lou-Anne Saint-Pierre, Sophie-Rose Saint-Pierre et Julie Haché. – Acadie Nouvelle: Sébastien Larocque

M. Haché n’a eu d’autre choix que de vendre la bête. Ce même jour, il s’est dit qu’il aurait une étable quand il achèterait son prochain. Promesse tenue, il a construit le bâtiment de ses propres mains.

Toutefois, il n’y a rien de plus cher à ses yeux que de voir ses enfants et petits-enfants prendre la relève.

«C’est intéressant, je ne pensais pas qu’ils seraient tout aussi passionnés que moi. Il y a eu un temps où j’ai voulu tout abandonner et vendre les chevaux. C’est eux qui m’en ont empêché.»

La beauté dans tout ça, c’est que les enfants réalisent aujourd’hui le rêve de M. Haché: participer à des compétitions de style gymkhana.

Raymond, leur fils, est à la fois compétiteur et entraîneur. Il a d’ailleurs représenté l’Est du Canada dans les années 1980 à une épreuve nationale présentée à Québec.

Il a aussi été sacré vainqueur du Championnat Atlantique à Halifax, alors qu’il n’avait que 16 ans.

«C’est un véritable compétiteur», lance sa mère.

«Il vit sa passion. Il se donne cœur et âme», enchaîne le père.

Que ce soit à Saint-Isidore ou à Sainte-Tite, le désir d’offrir une bonne performance est tout autant présent.

«Nous sommes en mesure de classer au moins un cheval à 0,5 secondes des meilleurs», indique Raymond.

Cette mince différence s’explique notamment par l’entraînement.

«Les meilleurs cavaliers s’entraînent à longueur d’année. Ils vont au Texas l’hiver, ils ne font que ça. Ici, c’est plus difficile.»

Il note aussi qu’ils commencent la saison avec plusieurs chevaux et que vers la fin ils ne gardent que les meilleurs.

La famille Haché ne chôme pas. Les chevaux et l’entraînement sont la priorité. Un véritable mode de vie, note Julie, la sœur de Raymond.

«Plus jeune, j’avais mon poney et c’était tout ce qu’on faisait, relate celle qui a cessé l’équitation à l’âge de 18 ans. Je me suis toujours dit que j’allais faire la même chose pour mes filles si elle voulait suivre la passion.»

Ses filles, Sophie-Rose et Lou-Anne, ont emboîté le pas et consacrent de nombreuses heures à leur sport.

Entraînées par leur grand-père et leur oncle, il ne faut pas croire qu’elles ont la tâche plus facile que les autres.

«Ils sont pas mal durs avec nous, ils nous poussent toujours plus loin», affirme Sophie-Rose l’aînée.

Âgée de 20 ans, elle indique que le conditionnement physique du cavalier est tout aussi essentiel que l’entraînement sur les chevaux.

«C’est important pour ne pas se blesser», précise-t-elle.

Sa sœur cadette âgée de 19 ans enchaîne et indique que le niveau de préparation peut rapidement s’effacer lors d’une compétition.

«On a beau s’être entraînée longtemps, en compétition il y a des facteurs que l’on ne contrôle pas. La grandeur du parc, le type de baril et la qualité du sol peuvent tous être des facteurs importants», poursuit Lou-Anne.

Le secret? C’est de ne faire qu’un avec son partenaire, mentionne Douglas Haché.

«Il faut fusionner avec le cheval et lui donner une confiance aveugle.»

La famille Haché n’est pas la seule à être multigénérationnelle. Leurs chevaux, de race Quarter Horse, en sont à la quatrième génération.

Ces chevaux de performance peuvent facilement atteindre de 55 à 70 km/h. Les Quarter Horses tiennent leur nom du fait qu’ils sont les chevaux pouvant franchir un quart de mile le plus rapidement.

La famille indique notamment que la génétique des chevaux de performance se transmet d’une génération à l’autre.

Néanmoins, l’entraînement des poulains commence assez tôt, note Lou-Anne.

«Bébés, nous allons les secouer et jouer avec eux pour qu’ils commencent à s’habituer. Mais l’entraînement débute de façon plus régulière quand ils ont deux ans.»

Un cheval de ce genre peut faire carrière jusqu’à ce qu’ils atteignent de 18 à 20 ans. Ils ont une espérance de vie d’une trentaine d’années. Ces bêtes atteignent leur maturité professionnelle vers l’âge de 8 ans.

Cette histoire de famille marquera une autre étape fort impressionnante sous peu. Ils seront sept des 13 membres de la famille à participer aux compétitions du gymkhana de Saint-Isidore du 22 au 24 juin. Les fils de Raymond, Lukas (7 ans) et Kaël (6 ans) s’exécuteront sur les parcours adaptés pour les moins de 12 ans.

La compétition gymkhana de retour à Saint-Isidore

De retour pour une sixième année consécutive, le gymkhana sera présenté une fois de plus au complexe équestre Richard Losier de Saint-Isidore.

L’événement, qui doit se tenir du 22 au 24 juin, gagne en popularité tous les ans, selon l’organisateur Douglas Haché.

En 2017, pas moins de 500 amateurs sont venus assister aux différentes compétitions.

L’événement attire aussi des cavaliers de partout dans la province. Certains viennent du Québec, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard ou encore de l’État du Maine, aux États-Unis.

Cette année, près de 80 compétiteurs devraient s’aventurer sur la terre ferme du parc équestre de Saint-Isidore.

Les compétitions de samedi débutent à 10h et celles du dimanche commenceront à 9h.

Le coût d’admission est de 5$ par personne et c’est gratuit pour les moins de 12 ans.

Les participants se disputeront des bourses de 7500$.