Jeux de l’Acadie – Miramichi «capte l’intérêt du reste de l’Acadie»

Ça ne fait aucun doute, Miramichi est fière d’accueillir la jeunesse sportive acadienne pendant cinq jours. Ça se sent dans chaque regard des personnes qui travaillent de près ou de loin à ce mégaprojet communautaire. Pour Marc Allain, le président du Comité organisateur de cette 39e Finale des Jeux de l’Acadie (COFJA), Miramichi a enfin la chance de montrer au reste de la diaspora acadienne qui elle est et ce qu’elle est capable de faire.

Une occasion qui fera histoire à écouter le président du COFJA.

«Notre communauté a malheureusement tendance à afficher parfois une modestie excessive. Nous sommes très bons pour accomplir des choses, mais nous le sommes nettement moins quand vient le temps de vanter nos réalisations», confie-t-il.

Marc Allain est d’autant plus fier que la présentation de la 39e Finale des Jeux de l’Acadie a déjà un impact plus que positif auprès des élèves du Carrefour Beausoleil.

«Soyez assurés que les jeunes sont bien conscients que les Jeux ont lieu ici, dit-il. Ils voient les médias qui s’intéressent à leur région. Ils réalisent tout à coup que l’endroit où ils ont grandi captent l’intérêt du reste de l’Acadie», dit-il.

«Ça fait en sorte que les jeunes se promènent avec les épaules un peu plus larges, sont également plus grands de quelques pouces et ont une étincelle dans leurs yeux», poursuit Marc Allain.

«C’est également une belle occasion de montrer à l’Acadie et au reste du Canada atlantique qu’il y a une communauté acadienne et francophone à Miramichi. Malheureusement, notre présence ainsi que notre vivacité sont trop souvent oubliées par la population. Nous avons parfois l’impression que les gens croient que l’Acadie commence à Caraquet, descend jusqu’à Néguac, puis saute jusqu’à Rogersville avant de continuer vers le Sud-Est. Pourtant, nous sommes ici depuis bien avant la fondation du camp d’Espérance», souligne-t-il.

Le camp d’Espérance est un camp de réfugiés établi dans la Miramichi et composé principalement d’Acadiens qui ont réussi à échapper à la déportation en 1755. Le camp a vu le jour au printemps de 1756 pour se dissoudre en 1761.

«Ça fait 20 ans que nous attendons ce moment»

Il aura fallu trois mises en candidature pour que la municipalité de Miramichi obtienne finalement le droit de présenter une finale des Jeux de l’Acadie. Il a fallu être patient.

La première remonte à 1998, puis elle avait aussi tenté le coup en 2014. Ironiquement, c’est chaque fois Fredericton qui aura eu la préférence des décideurs pour les finales de 2000 et 2017 que visait alors Miramichi.

C’est finalement en octobre 2015, à Caraquet, que les bénévoles ont pu mettre un terme à leur longue traversée du désert, alors qu’ils se sont vus attribuer l’organisation de la Finale de 2018.

«Ça fait 20 ans que nous attendons ce moment, mentionne Marc Allain dans un large sourire. À la blague, nous nous disions avant l’annonce (d’octobre 2015) que nos chances étaient bonnes puisque Fredericton n’était pas dans la course.»

À vrai dire, ils étaient plusieurs à douter. En novembre 2014, lorsqu’ils ont appris que leur candidature n’était pas retenue pour la Finale de 2017, ils avaient tous des faces d’enterrement. Le deuxième non a fait très mal.

«Nous étions découragés, admet le président du COFJA. J’étais d’ailleurs l’un de ceux-là. Je croyais qu’après deux tentatives, c’était terminé pour nous.»

«Notre ancien maire Gerry Cormier (aujourd’hui décédé), qui était pourtant aussi déçu que nous tous, est allé voir tout le monde un par un pour les encourager à continuer. Quelques mois plus tard, nous étions de nouveau à l’ouvrage pour préparer notre troisième mise en candidature. Nous allons beaucoup penser à Gerry dans la prochaine semaine», ajoute Marc Allain.

Une Finale spectaculaire et éclatée

La 39e Finale des Jeux de l’Acadie promet d’être spectaculaire et éclatée. Depuis le temps que Miramichi attend cette occasion, elle n’a pas l’intention de rater sa chance.

À exactement une semaine avant l’arrivée des athlètes, le président du Comité organisateur, Marc Allain, a cru bon de convier la presse (écrite et électronique), mercredi matin, au Carrefour Beausoleil.

Il n’a d’ailleurs pas raté l’occasion de souligner le spectaculaire support de la communauté, tant de la part de la ville que des districts scolaires francophones et anglophones, des gens d’affaires et des organismes locaux. Il a également fait savoir que plus de 600 bénévoles ont déjà répondu à l’appel et que le nombre ne cesse d’augmenter chaque jour.

«Quand nous avons fait notre mise en candidature, nous nous sommes assurés de consulter toute la région et ça inclut aussi Néguac, Baie-Sainte-Anne, Rogersville et les autres petites localités du coin. Tous ces endroits nous ont accompagnés pendant le processus. Cette finale, à quelque part, c’est aussi la leur», affirme Marc Allain.

Nous avons également pu apprendre que plusieurs artistes de premier plan allaient prendre part aux deux cérémonies.

Pour l’ouverture, nous aurons droit, entre autres, aux présences de Christian Kit Goguen, qui assure aussi la mise en scène, de même que George Paul, la violoniste Louise Vautour, le multi-instrumentiste François Émond, le danseur contemporain Jean-François Duke et des troupes de danse irlandaise, écossaise et autochtone.

En ce qui concerne la fermeture, Lisa LeBlanc assurera le spectacle en compagnie des gagnants (ou gagnantes) du concours La voix des groupes. Kit Goguen assurera encore une fois la mise en scène. L’animation pour les deux cérémonies a été confiée à l’ex-présidente de la Fédération des jeunes francophones du Nouveau-Brunswick (FJFNB) Sue Duguay, qui est aussi une ancienne élève du Carrefour Beausoleil.

Deux nouveautés prendront l’affiche en ce qui concerne les disciplines en démonstration, soit le water-polo et la danse. Marc Allain n’a également pas manqué de souligner que les Jeux de Miramichi seront ceux avec le plus haut pourcentage de produits néo-brunswickois qui seront servis aux athlètes et autres participants. On estime que le taux sera d’environ 75%.

«Tout semble être tombé en place et nous allons avoir droit à de super beaux jeux», a révélé la directrice générale de la Société des Jeux de l’Acadie, Mylène Ouellet-LeBlanc, qui estime à un peu plus de 1100 le nombre d’athlètes qui se présenteront à Miramichi, en plus des 300 accompagnateurs.