Tir au poignet: Sylvio Bourque pourrait devenir le plus médaillé de l’histoire canadienne

D’un bout à l’autre du pays, Sylvio Bourque est considéré comme un phénomène dans l’univers du tir au poignet. En fin de semaine, l’Acadien de 59 ans en a fait encore une fois la démonstration en raflant l’or avec son bras gauche dans la division des grands maîtres chez les moins de 90 kg aux Championnats canadiens présentés à Laval.

Cette victoire de Bourque lui assure du même coup sa place pour les Championnats mondiaux qui se tiendront du 13 au 21 octobre à Antalya, en Turquie. L’homme fort de Grande-Digue tentera alors de mettre la main sur un 26e podium aux Mondiaux, ce qui en ferait le plus grand médaillé dans l’histoire du Canada. Il partage pour l’instant cet honneur avec le Britanno-Colombien Dave Hicks.

«Ç’a été plus facile que je ne me l’étais imaginé, s’est exclamé Bourque en entrevue. J’ai complètement dominé ma catégorie.»

Bourque en était à une deuxième tentative dans cette catégorie de poids, lui qui compétitionne normalement chez les moins de 75 kg. Il s’était une première fois aventuré chez les moins de 90 kg en 2016, mais avait dû se contenter des 5e (gauche) et 7e (droite) positions.

Après un retour gagnant chez les moins de 75 kg l’an dernier, Bourque a pris la décision de changer pour de bon de catégorie en raison des difficultés rencontrées annuellement à faire le poids.

«Cette fois-ci, je suis arrivé dans cette catégorie plus lourde nettement mieux préparée, dit-il. Je suis également en bien meilleure condition physique.

Comme ç’a été le cas pour les Championnats de l’Atlantique, j’ai remporté tous mes matchs et ce n’est même pas venu proche que j’en perde un.»

«Comme j’étais conscient que plusieurs des gars présents sont plus gros et plus forts que moi, je savais qu’il me fallait être plus intelligent qu’en 2016.

Il me fallait donc être plus que parfait au niveau technique. Avec des hommes forts comme eux, tu n’as pas le choix», mentionne-t-il.

En finale, Bourque a défait le Britanno-Colombien Ben Skorepa. À noter que Bourque n’a pas pris part à l’épreuve du bras droit.

D’ici les Mondiaux d’Antalya en octobre, Bourque poursuivra sa préparation de façon on ne peut plus sérieuse. Il a l’intention, entre autres, de faire beaucoup de kilométrage à la course à pied.

«Je vais travailler fort pour aller chercher cette 26e médaille, révèle-t-il. Je crois sincèrement que je suis capable d’aller chercher un podium aux Mondiaux dans cette catégorie de poids.»

Trois autres Néo-Brunswickois étaient présents en fin de semaine à Laval, soit Jason Lavigne, de Tracadie (lire encadré), Luke Lagacy, de Nackawic, et Steve Lanteigne, d’Allardville.

Lavigne a remporté l’or dans la division ouverte chez les moins de 95 kg (main droite), alors que Lagacy, lui, a pris le troisième rang chez les moins de 80 kg (main gauche) dans la division junior. Pour ce dernier, il s’agit d’une amélioration remarquable puisqu’il avait pris le neuvième échelon lors des Nationaux de 2017.

Lanteigne, quant à lui, n’a pas été en mesure de se tailler une place dans le top-5 du côté droit chez les moins de 110 kg.

«Je serai de retour l’année prochaine à Edmonton et je serai beaucoup mieux. J’ai juste besoin de plus de pratique. Ça ne fait qu’un an et demi que je fais ce sport», prévient le colosse d’Allardville, qui habite désormais à Moncton.

Jason Lavigne a des objectifs très précis

Jason Lavigne est un nom à retenir dans la discipline du tir au poignet. L’homme fort originaire de Tracadie, mais qui habite depuis déjà plusieurs années à Moncton, en a donné un bel aperçu en triomphant dans la catégorie ouverte chez les moins de
95 kg avec sa main droite.

Lavigne, dont les puissants avant-bras impressionnent jusqu’à Sylvio Bourque, remporte ainsi un premier titre canadien après sa médaille de bronze en 2017 à Halifax.

«J’ai complètement dominé, affirme Lavigne, dont le grand-père Albert Boucher était une légende nationale dans les concours de sciotte. La différence avec l’an dernier c’est que cette fois-ci j’étais mieux préparé. Je n’ai plus de bedaine et je mange mieux.»

Jason Lavigne (à droite) se tournera vers Sylvio Bourque pour l’entraîner. – Gracieuseté

L’Acadien de 37 ans a toutefois pris la décision de ne pas prendre part aux Mondiaux d’Antalya, en Turquie, au mois d’octobre.

«Je préfère attendre encore un an, dit-il. Je ne me considère pas encore assez bon sur le plan technique pour y participer. Faut d’abord que je m’améliore. Mais l’année prochaine, je veux y aller.»

Une affirmation qui ne manque pas de culot, étant donné qu’il devra passer au travers de l’élite canadienne pour obtenir son laissez-passer.

«J’ai remporté mon premier titre canadien et je te garantis que ce ne sera pas mon dernier. Tous les meilleurs du pays étaient là en fin de semaine et aucun n’est venu proche de me battre. Et j’ai l’intention de travailler très fort sur ma technique dans la prochaine année avec Sylvio (Bourque) qui a accepté de m’entraîner.»

Par ailleurs, notons qu’il s’agissait d’une troisième participation aux Championnats canadiens pour Lavigne, lui qui avait également pris part à l’événement de 2006 à Kelowna, en Colombie-Britannique.

«J’étais encore vert dans ce temps-là. Je pensais que j’étais bon et j’ai terminé dans les derniers à Kelowna. J’ai eu une bonne leçon d’humilité cette année-là. Mais j’ai appris ma leçon», raconte Lavigne en riant.