«Le tir au poignet, c’est bon pour l’ego»

Les gros bras se sont rassemblés à Sainte-Rose, dans la municipalité de Tracadie, samedi soir. Une compétition amateur de tir au poignet s’est déroulée à proximité du centre communautaire. L’occasion pour les participants de tester leur force et de démontrer l’engouement qu’inspire cette discipline, pas assez répandue à leur goût, au Nouveau-Brunswick.

Qu’ils soient expéditifs ou âprement disputés, les affrontements se sont succédé ce week-end. Et contrairement aux idées reçues, pas besoin d’être un gros gabarit pour l’emporter. Rémi Thibodeau, de Brantville, en est la preuve.

Ses biceps, de taille normale, ne déchirent pas son gaminet. Cela fait trois ans qu’il pratique le bras de fer. Au début, c’était pour s’amuser. Il s’est laissé prendre au jeu. La rencontre de samedi était la cinquième à laquelle il s’inscrivait.

«Je suis gaucher, je ne me suis jamais fait battre du côté gauche. Le tir au poignet, c’est bon pour l’ego. Je n’aime pas perdre», avoue-t-il.

Comment gagner quand on n’a pas une stature de musclor? Michel Thériault, de Saint-Léolin, a la réponse.

«Le tir au poignet est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Il faut de la force, et aussi de la technique», explique-t-il.

Attirer son adversaire vers soi pour le déséquilibrer légèrement et prendre l’avantage est une astuce parmi tant d’autres.

En 2003, notre interlocuteur a participé au championnat national, à Cocagne. Il avait fini quatrième, dans la catégorie ouverte. C’est dire s’il s’y connaît. S’il a délaissé les compétitions officielles, il reste passionné.

«Ça me plaît toujours autant. C’est le goût du défi qui m’attire. J’aime ça!»

Jamie LeBlanc, de Moncton, vante lui aussi l’aspect tactique du bras de fer.

«Ça demande de la force mentale», assure-t-il.

Dès lors qu’il l’a compris, ce sport lui est apparu nettement plus intéressant. Avec trois de ses partenaires d’entraînements, il était présent cette fin de semaine, à Sainte-Rose.

«C’était important pour nous de venir. C’est notre manière de populariser le tir au poignet.»

À Moncton, un groupe d’une dizaine d’hommes s’est constitué. Jamie LeBlanc en fait partie. Ils se retrouvent au moins une fois par semaine dans le garage des uns et des autres.

«On s’est acheté deux tables pour pratiquer.»

Ce père de famille de deux enfants regrette que le tir au poignet ne soit pas plus encadré dans la province.

«On n’a pas de fédération comme en Nouvelle-Écosse ou à l’Île-du-Prince-Édouard. C’est dommage.»

Lui et ses partenaires de jeu aimeraient que les choses changent. n

L’épreuve de samedi était organisée dans le cadre de la fête de quartier destinée aux résidents des secteurs de Sainte-Rose, Four Roads et Six Roads, à Tracadie.