Sempai Alyssa LeBlanc n’a pas reculé d’un pouce

Décrocher sa ceinture noire, c’est déjà quelque chose de spécial. Accomplir l’exploit durant le premier camp d’été de karaté kyokushin en Atlantique, ça devient un moment inoubliable.

Alyssa LeBlanc est passée par toute la gamme des émotions pendant le camp qui s’est déroulé à Cap-Pelé, du 6 au 8 juillet.

Elle a dû puiser au fond de ses ressources pour trouver la force de s’imposer auprès des entraîneurs et des évaluateurs.

L’athlète âgée de 16 ans s’est battue, parfois contre des hommes, mais jamais elle n’a reculé d’un pouce.

La conclusion s’imposait donc d’elle-même pour le chef de division du club de Richmond (Colombie-Britannique) Stuart Corrigal, et pour l’entraîneur-chef du club de Calgary, Brad Gillespie.

La jeune Acadienne méritait amplement sa place parmi les maîtres de son sport.

«C’était vraiment un moment émotif pour moi», raconte l’élève de 11e année à l’école secondaire Clément-Cormier, de Bouctouche.

«C’était encore plus spécial de faire ça avec mon entraîneur Johnny LeBlanc. J’ai passé assez de temps avec lui depuis des années et il m’a enseigné tellement de choses.»

Son histoire en est une de courage, mais aussi de persévérance.

«Je n’aurais jamais cru que j’aurais pu un jour me rendre jusqu’à la ceinture noire. Mais une fois rendue à ma ceinture brune, j’ai pensé “Ce n’est pas vrai que je vais m’arrêter maintenant. Je vais aller jusqu’au bout”. Et c’est ce que j’ai fait», clame-t-elle fièrement.

«C’était un moment émotionnel pour moi, mais aussi pour Johnny. J’étais vraiment proche d’avoir des larmes! Johnny a un vrai coeur de karaté. C’est sa passion depuis longtemps», souligne la karatéka acadienne.

«Ça fait neuf ans que je travaille pour ça. J’ai eu ma ceinture blanche quand j’avais 7 ans. Ça fait longtemps que je m’entraîne.»

Sa ceinture noire, elle a dû se battre pour la mériter, littéralement.

«Je suis restée près de deux heures après une classe pour répondre à toutes les questions. On reste debout pendant tout ce temps et on doit répondre à des questions sur tous les termes japonais et sur la philosophie du karaté et tous les principes de base», explique-t-elle.

«Le lendemain, après l’entraînement, j’ai fait 10 combats. J’en ai eu quelques-uns contre des filles, mais c’était surtout contre des hommes. Je me suis fait pas mal brasser. J’ai encore des bleus partout. Le dimanche matin, j’ai eu à casser trois planches collées ensemble avant de recevoir ma ceinture noire.»

Alyssa LeBlanc devenait ainsi seulement la deuxième à atteindre un tel niveau dans le dojo de sensei Johnny LeBlanc (environ 150 élèves).

«Quand je suis sortie de là dimanche, c’est comme si je venais de tomber amoureuse! Je me disais que j’étais enfin senpai Alyssa. Ça faisait bizarre de me faire appeler comme ça. On dirait que ça me fait sentir encore plus appréciée, plus importante.»

Comme elle enseigne déjà aux plus jeunes, l’Acadienne rêve d’avoir un jour sa propre école de karaté. Une idée pas folle du tout, affirme son entraîneur Johnny LeBlanc.

«Avec moi, ça prend au moins huit ans à mériter ta ceinture noire. Alyssa a gagné plusieurs médailles lors des championnats de l’Est du Canada en grandissant. Techniquement, ses coups de pieds sont excellents. C’est une athlète très flexible», mentionne-t-il.

«Elle est toujours là pour aider les autres. Sa persévérance est aussi remarquable. Je la vois certainement avoir son propre dojo plus tard.»

Sauf que les embûches sont encore nombreuses sur son parcours vers le sommet.

«C’est là que le vrai entraînement commence. Une ceinture noire, c’est juste une maîtrise des techniques de base. C’est tout. Tu redeviens un débutant. C’est à partir de ce moment-là que commence à évoluer. Tu peux apprendre des choses toute ta vie», assure sensei LeBlanc.

Pour Alyssa LeBlanc, le beau voyage ne fait donc que commencer.