De Rocky Balboa à France Doiron

«Si je peux garder toutes mes dents à la fin de la soirée, c’est la seule chose que je veux.»

France Doiron rêve de monter dans un arène de boxe depuis sa plus tendre enfance.

Son rêve va finalement devenir réalité samedi soir, alors que l’athlète âgée de 22 ans se mesurera à l’Ontarienne Sarina Turko, lors d’un gala amateur de boxe olympique qui se déroule au gymnase du club F.I.S.T.S. à Moncton.

«Depuis que je suis jeune, j’ai toujours été passionnée par les sports de combat, que ce soit la boxe, le kickboxing ou les arts martiaux mixtes», raconte la pugiliste originaire de Memramcook.

«Une année, j’ai reçu les films de Rocky Balboa pour Noël et la boxe est devenue une obsession pour moi», rigole-t-elle.

Doiron aurait bien voulu amorcer sa carrière plus tôt, mais ses parents ont toujours été réticents à l’envoyer dans un ring.

«C’est quelque chose qui a toujours été dans moi. Il y a un petit quelque chose dans le fait de frapper sur un sac de sable ou de frapper quelqu’un! C’est vite devenu une passion», mentionne celle qui s’entraîne de quatre à cinq fois par semaine.

«Je suis vraiment excitée, et honnêtement, je ne suis pas nerveuse. Les chances d’avoir un combat contre une fille sont assez rares, je ne la raterai pas. Ça fait longtemps que je m’entraîne pour ça.»

Même si elle n’est une boxeuse que depuis un an, France Doiron est bien entourée avec les frères Kevin et Jeff McKay, deux anciens pugilistes.

«Je veux savoir si je l’ai et je veux savoir ce que c’est de me battre dans un ring. Si je perds, je vais apprendre, c’est tout. Ce n’est pas la fin du monde. Je vais juste revenir travailler sur ce que je n’ai pas bien fait.»
La jeune femme manque clairement d’expérience, mais elle déborde de confiance. Le fait de recevoir quelques bonnes taloches sur la tronche ne la fera pas reculer d’un pouce.

«Pas du tout. Je me suis fait frapper souvent. J’ai eu mon premier nez ensanglanté l’autre soir et je suis encore ici. Ça ne m’arrête pas!»

Et les commotions cérébrales?

«C’est quelque chose qui peut certainement m’inquiéter éventuellement si je me rends plus loin, mais j’y vais une chose à la fois. On verra.»

La boxeuse acadienne veut poursuivre l’aventure le plus longtemps possible.

«J’aimerais atteindre le niveau professionnel et en faire une carrière. Mais il faut commencer quelque part. Se retrouver devant une foule et un véritable adversaire, c’est très différent de s’entraîner dans un gymnase. Mais je n’ai peur de rien ni de personne.»

Son entraîneur Jeff McKay affirme qu’elle sera prête à faire face à la musique samedi.

«Elle s’entraîne fort et elle est prête pour son combat. Elle a beaucoup de potentiel. On peut voir qu’elle est passionnée. Elle a seulement besoin d’expérience et de temps dans le ring», explique-t-il.

«Mais on peut voir qu’elle a faim pour apprendre. C’est une athlète vraiment dédiée à son sport. J’ai vraiment hâte de la voir samedi. Je pense que tout va bien se passer pour elle. Je sais qu’elle va bien s’arranger face à son adversaire.»