Pandora 24: Guy Doiron parcourt 130 km sous une chaleur torride

Guy Doiron a rendez-vous à Chamonix le 31 août, où il ira parcourir le très relevé ultra-trail du Mont-Blanc. Un rêve que l’Acadien de Petit-Rocher caresse depuis des années et qu’il aura enfin la chance de réaliser. En attendant, comme il voulait briser la monotonie de son entraînement, il a choisi de prendre part en fin de semaine dernière au Pandora 24, un ultra-marathon de 24 heures qui se trouve dans les escarpements de Prévost, Piedmont et Saint-Hippolyte dans les Laurentides. Et tenez-vous bien, il a triomphé malgré la chaleur torride en complétant 13 boucles de 10 km pour un total de 130 km.

Un résultat d’autant plus impressionnant que Guy Doiron n’a décidé que deux jours avant le Pandora de s’y inscrire, lui qui avait effectué une vilaine chute en tombant de son escabeau à la maison.

«Je m’étais fait mal à un tibia et j’ai cru que je m’étais fait une fracture du stress. En tout cas, j’avais le devant des deux jambes tout bleu. Finalement, je me suis dit que j’allais aller m’essayer et que j’arrêterais si ça faisait trop mal. Finalement, je n’ai pas senti de douleur», dit-il.

«J’avais surtout le goût de faire une bonne distance afin de mettre le plus de millage possible avant mon départ pour l’épreuve du Mont-Blanc. Je ne connaissais pas le parcours du Pandora et j’étais convaincu qu’il n’était pas dangereux pour les blessures. Finalement, c’est un parcours très difficile et surtout très rocheux», confie le coureur âgé de 43 ans.

Si ses deux jambes ont tenu le coup, la chaleur lui a fait la vie dure. D’après l’autre athlète de l’Acadie qui a pris part à l’épreuve, soit Johanne Thériault de Bathurst (7e chez les femmes), la température avoisinait les 40 degrés dans les sentiers.

«Ça m’a rappelé le 100 miles de Vermont que j’ai couru il y a quelques années, raconte Doiron. Carole Fournier était également là pour cette course. Le parcours était bien ouvert et le soleil nous tapait sur la tête. Je me souviens que la chaleur m’avait donné bien de la misère et que ça avait été ma pire course à vie. En fin de semaine, nous étions davantage dans le bois et le soleil ne nous incommodait pas. Par contre, c’était aussi chaud et beaucoup plus humide.»

«En complétant ma sixième boucle, j’ai commencé à me sentir étourdi et j’avais le goût de vomir. Mes oreilles étaient également bouchées. Ça m’avait également fait ça lors de la course au Vermont. C’est la chaleur qui cause ça. Quand ça m’arrive, ça ne fais même plus de sens quand je parle. J’ai dit à ma femme (Karen) que je prenais une pause. Je suis allé me rafraîchir la tête sous l’eau et je me suis allongé une trentaine de minutes. J’ai attendu que le soleil se couche et je suis reparti. Ma pause a duré environ une heure», révèle-t-il.

Guy Doiron l’a finalement emporté devant René Morissette, également auteur de 13 boucles, et Philippe Gendreau, avec 12 boucles. Chez les femmes, Anne Bouchard a triomphé en terminant 12 boucles.

Il s’agit d’une deuxième course pour Doiron en 2018. Le mois dernier, il a pris la troisième place au Laurel Highlands, un ultra-marathon de 113 km dans l’État de Pennsylvanie.

Et le Mont-Blanc? Fin prêt?

«Physiquement, je dirais oui. Mais mentalement, j’ai encore beaucoup à faire. J’ai le prochain mois pour compléter ma préparation», confie l’Acadien qui habite à Ottawa depuis plusieurs années.