La boxe, la nouvelle vie d’un Syrien à Moncton

Plusieurs jeunes boxeurs proviennent de milieux défavorisés, voire dangereux, et utilisent leur sport comme un tremplin vers une nouvelle vie. Certains doivent surmonter des obstacles ou des épreuves particulières, qu’on parle de drogue, d’alcool ou de criminalité. Mais très peu ont fait preuve de plus de courage qu’Abdulah Abo-Zed.

L’athlète âgé de 19 ans a quitté sa Syrie natale il y a six ans pour fuir la guerre et la destruction. Il s’est établi en Russie chez un oncle. Sa famille a émigré vers le Canada il y a trois ans pour s’établir à Moncton.

Mais Abdulah a dû patienter près de trois ans avant de pouvoir retrouver ses six frères, sa soeur et ses parents en Acadie.

C’est d’ailleurs durant son séjour au pays de Vladimir Poutine qu’il a découvert la boxe, quand son oncle, un ancien pugiliste, l’a pris sous son aile.

Dès qu’il a posé le pied à Moncton, il y a trois mois, il s’est enrôlé au club F.I.S.T.S.

Celui qui a présenté une fiche de 20-1 en Russie disputera son premier combat en Amérique samedi, alors qu’il fera face au Néo-Écossais Mitch Redmond.

Le gala amateur sera présenté dans le gymnase du club, sur la rue St. George à Moncton.

Abdulah Abe-Zed dit apprécier son milieu d’adoption.

«Je commence à m’adapter et à apprendre la langue (l’anglais)», explique-t-il à travers son ami Tunisien Lamouchi Ghaith, qui lui sert d’interprète.

«Ç’a été dur de quitter la Syrie, surtout que je n’avais que 13 ans. Mais on n’a pas eu le choix à cause de la guerre. J’aimerais peut-être retourner un jour dans mon pays natal, si c’est possible.»

Le jeune Syrien, qui était allé en Russie pour étudier et pour travailler, a rapidement découvert la boxe. Depuis, ce sport occupe une place centrale dans sa vie.

«Beaucoup de monde pratique la boxe en Russie. Ça fait partie de leur culture. J’espère avoir un avenir dans la boxe et devenir professionnel un jour. J’ai hâte à mon premier combat ici. Ça va être quelque chose de spécial», raconte l’athlète de 5 pieds 7 pouces et de 185 livres.

Son entraîneur, Nathan Knight, se dit impressionné par le talent de son poulain.

«Il s’est entraîné dans un gymnase avec le champion mondial Alexander Povetkin en Russie. Il copie d’ailleurs un peu son style sur lui. Abdulah est fort, agile et rapide. C’est un gars très intense», analyse-t-il.

L’entraîneur et le boxeur ont établi un plan de cinq ans, au bout duquel Nathan Knight affirme que le jeune Syrien sera champion du monde.

Rien de moins.

«Il possède tous les outils nécessaires. C’est un jeune très motivé, qui puise dans ses émotions pour trouver sa force. Il veut réussir et il veut devenir champion du monde. Il sait que rien ne sera pas facile pour lui, mais il s’entraîne fort», avance-t-il.

«Il a pris quelques mauvaises habitudes en Russie. Il doit notamment miser plus sur ses jabs. C’est un gars qui a de la puissance et qui doit s’en servir à son avantage. On veut qu’il devienne un vrai boxeur, pas juste un bagarreur de rue.»

Rien ne semble impossible pour celui qui a quitté l’enfer de la guerre pour trouver une vie meilleure ici en Acadie.

Une soirée de 14 combats

Outre le duel Abdulah Abo-Zed et Mitch Redmond, les amateurs auront droit à 13 autres affrontements lors de cette soirée qui se déroulera samedi au club de boxe F.I.S.T.S., de Moncton.

La demi-finale opposera l’Acadienne France Doiron à l’Ontarienne Sarina Turko chez les 140 livres.

Parmi les autres combats au menu, Sean Killaire (Moncton) fera face à Ivan Vasilev (Halifax), également dans le groupe des 140 livres.

John Ohlhauser (Moncton) affrontera Jacob Martel (Saint-Jean), alors que Michael Spencer (Moncton) a rendez-vous avec Cole Redmond (Truro).

Plusieurs jeunes vont aussi se produire pour la première fois devant un public.

Ce sera notamment le cas de Yan Azarenkov (Moncton) et de Kaleb Gondon (Westville, Nouvelle-Écosse), dans le groupe des 100 livres.