L’ancien Wildcats Nicola Riopel accroche ses jambières

Des problèmes récurrents de santé et le fait qu’il avait de plus en plus de mal à accepter de vivre éloigné de son épouse et de ses deux filles ont convaincu Nicola Riopel que le moment était venu de passer à autre chose. Par l’entremise de sa plateforme Facebook, l’ex-gardien étoile des Wildcats de Moncton a annoncé dimanche qu’il accrochait ses jambières après neuf saisons chez les professionnels.

Bien que l’idée de tirer un trait sur sa carrière d’athlète l’attriste, Riopel quitte néanmoins avec le sentiment du devoir accompli.

«J’aurais aimé poursuivre, mais en même temps je crois que le moment était venu», affirme celui que ses coéquipiers surnomment Rio.

La dernière campagne n’a pas été facile pour l’athlète âgé de 29 ans.

Après trois saisons en Europe, il s’est déniché du boulot dans l’organisation du Lightning de Tampa Bay. D’un commun accord avec son épouse, il a été décidé qu’elle allait passer l’hiver au Québec avec les deux filles du couple. Après avoir partagé son temps entre Syracuse et Adirondack, il a ensuite été échangé à l’organisation des Oilers d’Edmonton qui l’ont envoyé à Wichita. Et une fois là-bas, il a commencé à avoir de sérieux problèmes de santé.

«En fin de saison, j’ai été victime deux fois de déshydratation sévère en l’espace de deux semaines. J’ai toujours été un joueur qui perdait de cinq à 10 livres d’eau par entraînement, mais là j’en ai perdu chaque fois une quinzaine. La deuxième fois, j’étais pris de vomissements et je me suis même retrouvé trois jours à l’hôpital. À l’échographie, les médecins ont vu que mes reins avaient été touchés. Quand je leur ai demandé s’il était possible pour moi de revenir au jeu, ils m’ont dit que oui, sauf qu’à la prochaine déshydratation sévère, j’allais vraisemblablement avoir besoin d’un nouveau rein. Bref, pour mon bien et pour ma famille, j’ai décidé d’arrêter», explique Riopel.

Ce n’est pas comme si l’ex-Wildcats se retrouvait devant rien. Il aura désormais tout le temps nécessaire pour s’occuper de son agence qu’il a fondé il y a bientôt quatre ans avec son bon ami Étienne Lafleur.

«À partir de maintenant, je serai surtout un rat d’aréna, révèle Riopel avec humour. Nous avons actuellement 12 joueurs qui évoluent en Europe et neuf autres qui jouent en Amérique du Nord. Je vais me promener pour aller les voir jouer.»

Parmi ses clients, on retrouve les Acadiens Mika Cyr, des Wildcats de Moncton, et Samuel LeBlanc, de l’Armada de Blainville-Boisbriand. L’ancien du Titan d’Acadie-Bathurst David Gilbert évolue en Autriche. Trois ex-membres des Wildcats figurent aussi parmi ses clients, soit Jonathan Narbonne, Dominic Talbot-Tassi et Alex Dubeau.

Riopel et Lafleur procéderont par ailleurs à une annonce majeure le 9 août alors qu’ils profiteront du lancement de leur site web pour donner un nom à leur écurie. Ils confirmeront de plus l’arrivée de l’ancienne vedette du Rocket de l’Île-du-Prince-Édouard David Laliberté comme agent et conseiller.

Parmi les joueurs qui ont le plus marqué l’histoire des Wildcats de Moncton, Nicola Riopel fait assurément partie du gratin avec les Sébastien Roger, Simon Laliberté, Jean-François Damphousse, Steve Bernier, James Sanford, Corey Crawford, Brad Marchand, Keith Yandle, David Savard, Brandon Gormley, les frères Saulnier, Allain et Alex, Ivan Barbashev et Conor Garland.

Riopel a connu sa meilleure campagne en 2008-2009 en remportant, entre autres, le trophée Michel-Brière remis au joueur le plus utile de la LHJMQ et le trophée Jacques-Plante pour avoir affiché la meilleure moyenne de buts alloués, tout en étant choisi au sein de la première équipe d’étoiles du circuit dans la deuxième formation d’étoiles de la Ligue canadienne de hockey. La saison suivante, il a également aidé les Wildcats à remporter la coupe du Président.

«D’avoir pu soulever le trophée au Colisée à mon dernier match junior à Moncton fait en sorte que j’aurai toujours un lien affectif avec cette ville», dit-il.

«Mais ce dont je suis le plus fier est ma sélection en cinquième ronde par les Flyers de Philadelphie en 2009. Il y a tellement eu de travail que j’ai dû accomplir pour me rendre jusque-là. L’année d’avant, j’étais répertorié pour la deuxième ronde lors du repêchage présenté à Columbus et je n’avais finalement pas été choisi. Ç’a avait été terrible comme expérience. À un point tel que je croyais que ma carrière dans le hockey était terminée», raconte-t-il.

«J’ai cependant été invité au camp du Canadien de Montréal. Après le camp, le directeur du recrutement Trevor Timmins est venu me voir pour me dire que j’avais bien fait, mais qu’il ignorait si j’étais capable de gagner à ce niveau. J’ai alors connu toute une saison avec les Wildcats en raflant plein de trophées. C’est cette saison qui m’a permis d’être repêché l’été suivant alors que le repêchage avait lieu à Montréal. C’est cette saison-là qui m’a permis de réaliser mon rêve», confie Nicola Riopel.