Du badminton magique… et peu de sommeil pour Éric Desroches

Il a encore des problèmes à trouver le sommeil, mais Éric Desroches ne s’en plaindra certainement pas.

L’arbitre acadien a vécu un autre grand moment dans sa carrière la semaine dernière en participant aux Championnats du monde de badminton à Nanjing, en Chine.

L’enseignant en éducation physique à la Cité des Jeunes A.-M.-Sormany d’Edmundston était un des deux officiels canadiens à prendre part à cet événement prestigieux.

Il s’agissait pour lui d’un cinquième championnat mondial, après ceux de Alor Setor Kedah en Malaisie (2009), Londres en Angleterre (2011), Guangzhou en Chine (2013) et Glasgow en Écosse (2017).

«Ça fait quelques fois que je vais en Chine, mais j’ai eu de la misère à me remettre de ce voyage. Quand tu reviens de l’Asie, tes nuits de sommeil sont pas mal perturbées. À 2h ou 3h du matin, je ne peux plus dormir!», rigole-t-il.

Éric Desroches affirme se concentrer uniquement sur le volant, peu importe l’importance du match qui se joue devant lui. – Gracieuseté

«Ce fut un tournoi de rêve, un tournoi magique. J’ai connu une très bonne compétition et j’ai eu l’honneur de faire une des cinq finales (le simple masculin). C’est le match que tous les officiels veulent avoir.»

En compagnie de 24 de ses collègues, l’Acadien a vécu l’expérience d’une vie.
«Quand tu es en Chine, que tu fais un match de finale, que tu as un Chinois sur ton terrain et que tu es dans un aréna rempli avec 18 000 personnes, tu te dis que c’est juste fou», raconte-t-il.

«On explique ça aux gens ici et ils ont un peu de difficulté à comprendre. Le badminton est leur sport national là-bas. Les Chinois sont maniaques et fanatiques comme ce n’est pas possible. Quand on ouvre la télévision, ce n’est pas du hockey qu’on voit, c’est du badminton sur plusieurs chaînes. Quand les championnats du monde sont présentés là, il y a une frénésie incroyable.»

Sauf que lorsqu’il se retrouve assis sur sa grosse chaise, Éric Desroches s’enferme dans sa bulle et le reste du monde n’existe plus.

«Je vais te dire que ça tourne vite dans ma tête. Mais du moment que tu sais que tu fais une finale, avec un Chinois sur ton terrain et des gradins bondés, tu ne peux pas penser à rien d’autre que ce qui se passe devant toi», souligne-t-il.

«Quand le volant est dans les airs, pas question de cligner des yeux. Tu ne le lâches pas de vue. Ce n’est pas le temps de commettre une erreur. Il y avait une douzaine de caméras et  une trentaine de photographes à côté du terrain. Si tu fais une erreur, en moins de cinq minutes tout le monde sur la planète le sait.»

Sauf qu’Éric Desroches est maintenant un vieux routier. Il en a vu bien d’autres.

«Ça fait trois ou quatre ans que je fais des matchs assez importants un peu partout dans le monde. Tu finis par t’habituer. On a quand même le trac, mais une fois que le volant est en jeu, ça devient juste un autre match. Tu dois être aussi prêt que les athlètes. La pression est aussi grande.»

Au total, il a oeuvré dans 18 parties en Chine, que ce soit comme arbitre de match ou juge de service.

Son horaire continuera d’être passablement chargé au cours des prochains mois.

En novembre, il devrait participer aux Championnats du monde juniors à Toronto.

Il pourrait aussi être choisi pour officier lors des Championnats du monde de 2019, qui seront présentés à Basel, en Suisse.

En juillet 2019, ce seront les Championnats panaméricains juniors, qui auront lieu à Moncton.

Ce sera la première fois en près de 40 ans que ces championnats seront présentés au Canada atlantique.

Et au printemps 2019, Éric Desroches saura s’il participe à ses deuxièmes Jeux olympiques de Tokyo en 2020, après ceux de Rio de Janeiro en 2016.

Espérons qu’il aura eu le temps de dormir un peu d’ici là…