Titan: Chrystopher Collin gagne la première manche

Il arrive parfois qu’un hockeyeur se développe sur le tard. Rappelez-vous de l’Acadien Christopher Caissy qui s’était taillé une place comme joueur de 20 ans avec les Wildcats de Moncton après quatre campagnes dans la Ligue junior A des Maritimes. Le Titan d’Acadie-Bathurst croit avoir trouvé à son tour un patineur à la floraison tardive. Il s’agit de Chrystopher Collin.

Collin, qui s’était pourtant compromis avec les Falcons de l’Université de Bowling Green dans la NCAA, a finalement changé d’idée pour se joindre à l’organisation du Titan.

Mais contrairement à d’autres joueurs, ce n’est pas parce qu’il ne souhaitait pas évoluer dans la LHJMQ. C’est seulement que les équipes du circuit ne semblaient pas vouloir de lui.

«J’ai participé au camp des Voltigeurs de Drummondville en 2016, mais j’avais été rapidement retranché. Je n’ai pas eu une seule autre occasion par la suite», raconte Collin qui n’a jamais été repêché.

Par la force des choses, et surtout grâce à une brillante saison avec les Bombers de Flin Flon dans la Ligue junior A de la Saskatchewan, Collin s’est retrouvé sur la radar de l’Université de Bowling Green. Puis est arrivée cette invitation inespérée du Titan.

Quand on lui suggère qu’il est un cas de joueur qui s’est développé sur le tard, Collin confirme sans hésitation. Mais avec un certain bémol.
«Malgré tout, j’ai toujours cru que j’étais capable de produire, sauf que je n’avais pas le temps de jeu pour m’aider à débloquer, même dans le midget AAA», précise-t-il.

Effectivement, les statistiques de Collin avec les Vikings de Saint-Eustache n’ont rien de bien extraordinaire. D’autant plus qu’il a dû disputer sa saison de 15 ans avec les Seigneurs de Mille-Îles dans le midget Espoir. Une fois avec les Vikings, Collin s’est retrouvé dans l’ombre de joueurs comme Alexis Lafrenière, Justin Ducharme, Nathan Légaré et Félix Lafrance, entre autres.

À l’âge de 18 ans, il se laisse finalement convaincre par les Bombers de Flin Flon de s’exiler en Saskatchewan. Ça aura été la meilleure décision de sa vie.

Non seulement Collin débloquera-t-il, mais il s’imposera comme l’un des meilleurs joueurs du circuit. En 49 rencontres, il a compilé 22 buts et 28 passes pour 50 points, un rendement qui lui a d’ailleurs permis de participer au Défi mondial junior A, au match des meilleurs espoirs du pays et au match des meilleurs espoirs des circuits de la Saskatchewan et du Manitoba. Ces faits d’arme ont attiré l’attention de l’Université Bowling Green, l’alma mater de Rob Blake, Mike Liut, Mike McPhee, Dave Ellett et Paul Ysebaert, pour ne nommer que ceux-là.

Collin explique son éclosion par la confiance que l’entraîneur des Bombers Mike Reagan a placé en lui.

«Il m’a fait confiance et ça m’a donné en retour beaucoup de confiance, souligne l’ailier gauche originaire de Blainville. Mes qualités comme joueur sont ma vitesse et mes habiletés avec la rondelle. Avant, je me voyais plus comme un fabricant de jeu. Mais depuis ma dernière saison, je me vois davantage comme un marqueur. Je suis aussi un joueur qui aime m’impliquer dans l’action.»

Du côté de l’organisation du Titan, on ne regrette pas une seconde de lui avoir donner cette ultime chance.

«Nous aimons ce que nous avons vu de lui jusqu’ici, affirme le directeur général Sylvain Couturier. Nous aimons sa vitesse et son engagement dans le jeu. Nous croyons que Chrystopher est un exemple typique de late bloomer.»

«Je peux d’ailleurs confirmer qu’il va entamer la saison avec nous. Il a donc gagné la première manche. Maintenant, il lui reste à mériter son temps de jeu. On va voir ce que ça va donner», ajoute-t-il.

Collin et Tyriq Outen sont les deux seuls joueurs invités qui sont assurés d’un poste jusqu’ici au camp.

Le Titan procédera à une douzaine de coupures mercredi matin.