Guy Doiron face à l’ultra-trail le plus difficile au monde

Après Nathaniel Couture en 2013 et Daniel LeGresley en 2017, Guy Doiron peut désormais se targuer d’être le troisième Néo-Brunswickois à s’être attaqué au prestigieux ultra-trail du Mont Blanc (UTMB). En compagnie de 2300 autres participant(e)s d’ailleurs dans le monde, l’Acadien de Petit-Rocher a pris le départ vendredi soir à 18h, heure locale, en plein centre de la commune de Chamonix.

Doiron, âgé de 43 ans, en rêvait depuis déjà longtemps du UTMB, que plusieurs considèrent comme l’épreuve d’endurance la plus difficile dans le monde.

Il faut dire que l’UTMB est loin d’être une promenade dans le parc. On parle ici d’une course de sentier de 171 kilomètres avec un dénivelé positif de 10 000 mètres que les athlètes doivent compléter en moins de 46 heures et 30 minutes. Ils devront franchir, entre autres, trois pays (France, Italie et Suisse) et trois grandes régions alpines (Rhône-Alpes, Vallée d’Aoste et Valais). Une aventure d’autant plus rock ‘n’ roll que les conditions climatiques forcent les concurrents à composer avec le vent, le froid, la pluie et même – ça dépend des années – avec la neige.

«Ça fait huit mois que je me prépare pour ça, a affirmé Doiron, quelques heures avant son départ pour la France vendredi dernier. Bien que mon objectif ultime est de prendre part un jour à la Western States Endurance Run de Sierra Nevada en Californie, ça fait quand même trois ans que je rêve au UTMB.»

En janvier, Doiron avait révélé au journal qu’il visait de terminer la course dans les 200e à 300e positions. Vendredi, il a été un brin plus spécifique en confiant qu’il serait très content s’il parvient à briser la barre des 35 heures. L’an dernier, il a fallu que ce soit un Canadien qui prenne la 300e place, soit le Québécois Richard Turgeon, avec un temps de 34h02m19s.

À titre comparatif, Daniel LeGresley (Néguac) a pris la 1431e position l’an dernier avec un temps de 44h35m24s. En 2013, Nathaniel Couture (Fredericton) avait impressionné avec une 134e place et un temps de 30h33m14s.

«Un chrono de moins de 35 heures, c’est ce que j’ai en tête, dit-il. J’en serais vraiment content. Je n’ai jamais vécu une course comme le UTMB auparavant. Ce qui s’en approche le plus est le Canadian Death Race, en Alberta, mais ça ne se compare aucunement au UTMB.»

«Étrangement, je ne me sens pas vraiment nerveux. Par contre, je suis content d’avoir la chance de compétitionner contre l’élite mondiale. Le UTMB, c’est pour les courses de sentier l’équivalent du Grand Prix de Monaco pour la Formule 1. C’est très gros comme événement. J’ai hâte de voir où je me situe parmi cette élite», raconte-t-il en riant.

Guy Doiron et sa conjointe Karen prolongeront ensuite leur séjour en Europe pour visiter un peu la France et l’Italie.