L’Acadien Jesse Marquis devient officiel dans la LNH

«Ils sont 68 à temps plein et 14 à temps partiel. Pour moi, c’est comme gagner la Lotto 6/49. Le fait d’avoir la chance d’être sur la glace avec les meilleurs au monde, c’est le meilleur feeling qu’on peut avoir.»

Jesse Marquis deviendra sous peu le quatrième Acadien à officier dans la Ligue nationale de hockey (LNH), après Ghislain Hébert, Bernard DeGrâce et Jean Hébert.

Le juge de ligne originaire de Bouctouche a paraphé une entente de 40 rencontres dans la LNH et 40 autres dans la LAH en 2018-2019.

«Pour être honnête avec toi, c’est pas mal incroyable. Ça ne m’a pas encore frappé. Je n’ai pas l’impression que c’est vrai. Je n’ai vraiment pas de mots pour expliquer ça. C’est vraiment incroyable», lance celui qui a amorcé sa carrière d’arbitre en 2009 dans le hockey mineur à l’âge de 16 ans.

Jesse Marquis travaillera dans un premier match de la LNH le 18 septembre, dans une rencontre préparatoire opposant les Flyers de Philadelphie aux Islanders de New York, à Brooklyn. – Gracieuseté

«Quand on pense à tous les arbitres qu’il y a dans le monde, je me sens vraiment chanceux de pouvoir dire que j’ai fait l’équipe. Je suis pas mal certain que ça va me frapper la semaine prochaine quand je vais arriver au camp d’entraînement (à Buffalo) et que je vais voir mon chandail avec mon nom dessus.»

La vie de Jesse Marquis a basculé le 20 juin, alors qu’il reçoit un courriel du bureau de Stephen Walkom, directeur de l’arbitrage dans le circuit Bettman.

Deux jours plus tard, il était à Toronto, face à Walkom et Al Kimmel, qui dirige tous les arbitres des ligues mineures.

«On a jasé pendant 25 minutes et ils m’ont demandé si j’aimerais avoir le job et si ça me dérangeait de déménager à Columbus, en Ohio», raconte-t-il.

«Walkom m’a dit qu’il avait été impressionné quand il m’a vu patiner. Il était aussi content de ma performance. Il m’a aussi dit que j’allais un jour officier dans un match de la finale de la coupe Stanley. Ça faisait beaucoup à entendre. Je suis sorti du bureau avec un grand sourire et j’ai appelé mes parents.»

Jesse Marquis avoue avoir oublié une bonne partie de la conversation.

«J’essayais de les écouter, mais en même temps, je ne pouvais pas croire qu’ils étaient en train de dire toutes ces belles choses sur moi. Je suis vraiment content que j’aie pu leur donner cette impression-là et que j’étais assez bon pour travailler au niveau de la LNH», explique l’ancien des Cavaliers de l’école Clément-Cormier de Bouctouche.

«J’ai failli leur répondre “est-ce parce que tous les autres vous ont dit non?” Mais je me suis retenu. J’ai dit oui tout de suite.»

Marquis portera le numéro 86 dans la LNH, un numéro qui a une signification très particulière pour lui.

À sa première saison comme nombril vert dans la LHJMQ, le vétéran Mike MacDonnell a eu une bonne discussion avec lui.

Une discussion qui allait changer sa vie.

«Il m’a vraiment mis à ma place. Il n’était pas impressionné par moi et ce qu’il m’a dit m’a vraiment frappé fort. Quand j’ai vu que le numéro 86 était disponible, je l’ai pris», mentionne l’officiel âgé de 24 ans.

«Je l’ai appelé et je lui ai dit qu’il était l’une des principales raisons qui faisaient que je me suis fait engager par la LNH et que je voulais l’honorer en prenant son numéro. Il était vraiment content quand je lui ai dit ça.»

Jesse Marquis fera ses grands débuts dans la LNH le 18 septembre, alors que les Flyers de Philadelphie visiteront les Islanders de New York pour un match préparatoire.

Pour sa grande première, ce sera donc Broadway, rien de moins.

«Je sais que je vais avoir les jambes molles. Je vais faire mes trois tours de glace, regarder le nouvel aréna et les partisans. Je vais être nerveux, mais vraiment content et excité d’être là. J’ai pas mal hâte de commencer.»

Son contrat n’a pas une durée déterminée. Ce sera donc à lui de faire le travail.

«C’est un gros pas dans la bonne direction, mais le travail ne fait que commencer. Je dois performer et travailler dur.»