Alex Chiasson, un Augustinois fier de ses racines acadiennes

Alex Chiasson a grandi en banlieue de Québec dans une petite ville appelée Saint-Augustin-de-Desmaures. Ce qui fait donc de lui un Augustinois. Mais comme son père Serge est natif de Saint-Simon, près de Caraquet, le hockeyeur se dit également fier du sang acadien qui coule dans ses veines.

«Je suis bien conscient que dans le coin de Saint-Simon, et aussi à Caraquet, les gens ont à cœur de voir le nom Chiasson sur la coupe Stanley, dit-il. Même ceux qui ne sont pas parents avec nous. Et ça, ça me touche beaucoup. Pour avoir passé des étés et des semaines au Nouveau-Brunswick plus jeune, je sais ce que le nom Chiasson représente en Acadie. Mon nom de famille, c’est beaucoup plus que moi.»

Quand je lui demande s’il se sent lui-même Acadien, il prend une légère pause avant de répondre.

«Acadien, je le suis pratiquement. Je sais que pour ma famille, le nom Chiasson représente bien plus que des lettres. Ça représente aussi la fierté d’un petit village. Veux, veux pas, la famille du côté de mon père me suit depuis le début de ma carrière dans le hockey. Que ce soit mon père, ma grand-mère ou tous les autres membres de la famille, je vois dans leurs yeux que ce qui se passe aujourd’hui (dimanche) représente beaucoup», affirme le hockeyeur âgé de 27 ans.

Comme je vois au loin Claudia, j’en profite pour dire à Alex à quel point sa grand-maman est spéciale. Il éclate d’abord de rire avant de répondre.

«Je suis chanceux d’avoir une grand-mère comme la mienne. C’est une grand-mère exceptionnelle avec un entrain et une joie de vivre de haut niveau. Je me sens choyé et je suis content qu’elle soit avec nous ce soir (dimanche) pour partager ces moments», mentionne-t-il en la regardant à son tour.

Évidemment, il se sent également redevable auprès de la famille Guay, celle de sa mère Marilyn et de ses oncles Jean et Jacques. Eux aussi ont eu une grande influence dans son cheminement. D’autant plus que ses grands-parents, Gilbert et Jacqueline, décédés il n’y a pas si longtemps, étaient tous deux des partisans inconditionnels de leur petit-fils.

«Dans une carrière de hockeyeur, il y a des moments où les choses sont plus difficiles, où ça va nettement moins bien. J’ai eu l’appui de beaucoup de gens pendant ces périodes. Particulièrement de ma famille, mais aussi de mes amis d’enfance. Ils sont ici aujourd’hui. Ce sont des gens qui voient autre chose qu’Alex Chiasson le joueur de hockey. Ils me voient comme Alex Chiasson la personne. Comme le cousin, l’ami, le voisin ou encore le gars avec qui ils ont été à l’école. Tout ce monde-là, la famille, ça me rend fier de les savoir ici», confie-t-il avec émotion.

Il me parle ensuite de ses amis Jonathan Marchessault (Golden Knight de Vegas) et David Savard (Blue Jackets de Columbus), que l’on voit plus loin en train de rigoler en compagnie d’autres amis.

«Jonathan et David, je les connais depuis l’adolescence. Nous avons joué dans les mêmes équipes quand nous étions plus jeunes et nous sommes arrivés dans la Ligue nationale en prenant chacun une route différente. Par contre, nous n’avons jamais cessé de nous encourager et de nous pousser pour continuer à avancer. Nous avons travaillé fort pour y arriver. Je connais très bien ces gars-là et je peux te garantir qu’ils sont ici parce qu’ils contents pour moi. Ils sont ici pour fêter leur ami», révèle-t-il.

Je vais vous dire un truc. Alex Chiasson est sans aucun doute l’un des athlètes les plus sympathiques et les plus vrais qu’il m’a été donné de rencontrer en 33 ans de carrière. J’ai rarement vu un jeune homme avoir autant de reconnaissance envers ceux et celles qui ont croisé sa route et qui l’ont aidé au fil des ans. Dans ses yeux, rien que de la sincérité.

Certes, vers la fin de mes 12 longues minutes fin seul en sa compagnie, il était clair qu’il souhaitait aller rejoindre ses proches dans la fête. Mais il a néanmoins pris le temps de répondre généreusement à chacune de mes questions.

J’avais d’ailleurs déjà remarqué cette générosité dans l’après-midi au Séminaire Saint-François. Lui pourtant si réservé dans la vie de tous les jours, jamais je ne l’ai vu perdre son large sourire pendant les deux heures passées en compagnie des enfants et des plus grands. À un point tel que sa grand-maman Claudia craignait que les mâchoires lui barrent.

Pour changer de sujet, je lui demande quel genre d’oncle il allait être pour la petite Charlotte, la fille de sa sœur Maude qui est née il y a quelques semaines.

«Oh je vais sûrement être un mononcle qui va la gâter beaucoup, lance-t-il en souriant. À cause du hockey, je me sens souvent comme si tout tournait autour de moi. Je viens de Québec où le hockey représente beaucoup et mon nom de famille représente également beaucoup en Acadie. Là, le fait de devenir mononcle, en espérant d’ailleurs d’être parrain un jour, ça me donne la chance de mettre le hockey de côté et de vivre un peu une vie normale. Une vie de famille. Maude est ma sœur, la seule que j’ai, et je suis super chanceux de l’avoir dans ma vie. Elle a toujours été là pour m’appuyer.»

– Est-ce que c’est vrai la rumeur comme quoi c’est Maude qui est la véritable athlète de la famille?

«Elle l’est pas mal plus que moi, ça, c’est certain», rétorque-t-il sans aucune hésitation et avec un large sourire.

Et qu’en est-il de son avenir immédiat, lui qui est toujours sans contrat en vue de la prochaine campagne.

«J’en ai discuté avec mon agent (Pat Morris) vendredi matin. Tout ce que je sais c’est que ça négocie. Je suis confiant. Par contre, je dois t’avouer que j’ai laissé le hockey un peu de côté en fin de semaine pour savourer le moment présent avec mon monde. Là, je veux juste avoir du bon temps, prendre des photos et amasser des souvenirs. On va recommencer à penser au hockey mardi matin», révèle-t-il. (N.D.L.R. – Au moment de mettre sous presse, la situation contractuelle de Chiasson n’avait toujours pas évoluée) Notons en terminant qu’Alex Chiasson a complété son rancard avec la coupe Stanley en allant visiter des enfants malades au Centre hospitalier universitaire de l’Université Laval, lundi matin.

«Je tenais à aller rencontrer les enfants malades du CHUL. C’est important de redonner. Moi, j’ai eu une enfance exceptionnelle. Mais il y a enfants qui n’ont pas cette chance. Je ne m’en vais pas là pour remonter mon estime de moi-même, je m’en vais là pour eux. Il n’y aura même pas un photographe qui sera présent. Tout ce que je veux, c’est de mettre si possible un sourire dans leur visage», affirme l’Augustinois de racine acadienne.