Alex Chiasson: des premiers coups de patin qui ne passeront pas à l’histoire!

Alex Chiasson était âgé de 3 ans la première fois qu’il a chaussé des patins. Ç’a eu lieu à l’aréna de Lorraine, dans les Basses-Laurentides, où habitait la famille avant son déménagement à Saint-Augustin-de-Desmaures au milieu des années 1990. Sa sœur Maude, qui patinait déjà comme une grande, et son père Serge, qui n’était pas un vilain hockeyeur pendant ses jeunes années dans la Péninsule acadienne, sont avec lui.

Évidemment, ce serait cool de vous raconter qu’Alex était déjà en mesure de virevolter tel un Denis Savard après seulement quelques coups de patin. Sauf que ses débuts furent nettement moins glorieux.

Laissé à lui-même une fois sur la glace, Alex a rapidement commencé à pleurer jusqu’à ce qu’on lui retire ces vilaines chaussures à lames. Quelques secondes plus tard, il annonce sa première retraite du hockey avant même d’avoir touché une rondelle. Voilà pour la petite histoire.
Heureusement pour nous, et pour lui, Alex reviendra rapidement sur sa décision et entamera aussitôt une belle aventure qui le mènera jusqu’à la conquête de la coupe Stanley dans l’uniforme des Capitals de Washington, le jeudi 7 juin, au T-Mobile Arena de Paradise, en banlieue de Las Vegas.

Cette belle aventure, Serge, Maude et Marilyn, la maman, en auront été les premiers témoins. Fidèles et sans compromis. Étape par étape, sans jamais cesser de l’encourager et de l’aimer. La famille Chiasson-Guay, c’est un microcosme tissé serré.

Dimanche, j’ai passé un peu de temps aux côtés de Serge pendant qu’il regardait du coin de l’oeil (humide) son fils signer des autographes et se faire photographier en compagnie des centaines de partisans qui se sont pointés le bout du nez au Séminaire Saint-François. J’ai vu de la fierté dans son regard. De l’émotion aussi. Quel papa carburant au hockey ne serait pas béat de fierté et d’émotion en regardant son fils être célébré dans sa ville, après avoir remporté le plus prestigieux trophée de notre sport national?

«Ça représente beaucoup pour Alex de venir ici avec la coupe», confie Serge.

«Le Séminaire Saint-François, c’est l’école de mes enfants. Ils ont grandi ici. Alex y a passé trois belles années et demie en compagnie d’un paquet d’amis avec qui il est toujours très proche, dont Jonathan Marchessault (des Golden Knights de Vegas) et David Savard (des Blue Jackets de Columbus)», dit-il.

Pendant la conversation, Serge m’apprend qu’avant de se présenter à l’école, dimanche, le clan Chiasson a d’abord passé un peu de temps en famille, et quelques autres personnes, avec la coupe Stanley. Question de savourer au maximum les premiers instants avec le légendaire trophée.

«En raison d’imprévues, la coupe est seulement arrivée à 12h45, affirme-t-il. Et de l’aéroport, nous nous sommes rendus dans un endroit privé où se trouvait seulement les gens qu’Alex voulait avoir autour de lui. Il y avait la famille bien sûr, avec Maude et la petite Charlotte, d’anciens entraîneurs et des amis avec qui il a joué au fil des années.»

«Aujourd’hui (dimanche), c’est là qu’Alex a soulevé la coupe pour la première fois. C’était vraiment touchant», révèle Serge avec émotion.

«Avec la disparité de tout le monde, nous avons voulu profiter de l’occasion pour organiser un rassemblement familial. C’est désormais très rare que la famille au complet peut se réunir ainsi. Ma mère (Claudia) est ici, de même que mes frères (Jean-Guy et Gaétan) et mes sœurs (Patricia, Sylvie et Fabienne). La plupart de mes nièces (Tina, Maggie et Virginie) et de mes neveux (Joey, Samuel et Jérôme) sont également présents avec leurs petits-enfants. Je sais que maman est fière de cette journée et avec raison. Pour la famille, c’est un événement hors de l’ordinaire», raconte le fier papa.

Seules ses nièces Caroline et Amélie, les filles de Patricia et de Gaétan, n’ont pas été en mesure de se libérer pour participer à la fête.