Le Moose du Nord, un club de blancs-becs

Le Moose du Nord sera jeune. Très jeune. Tellement jeune que les poils au menton de tous les gars réunis pourraient probablement se compter sur les doigts d’une seule main. Bref, c’est avec un alignement composé de 15 joueurs nés en 2003 que la troupe de Charles LeBlanc entamera la saison 2018-2019 de la ligue midget AAA du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard.

L’entraîneur-chef du Moose est même convaincu de diriger la plus jeune formation midget au Canada.

Il faut dire que LeBlanc n’a pas joué de chance.

Ainsi, il croyait bien que le gardien Alexandre Lévesque, l’arrière Jarrett Wood et l’attaquant Brendan Milson seraient de l’aventure, mais ils ont tous pris de nouvelles routes. Lévesque ne s’est même pas présenté au camp afin de se concentrer sur les Bisons de la polyvalente W.-A.-Losier de Tracadie, où il évoluera cet hiver. Quant à Wood et Milson, ils ont causé la surprise en se taillant un poste avec les Timberwolves de Miramichi, dans la Ligue de hockey junior des Maritimes.

Idem pour l’autre gardien, Isaak Pelletier, du côté des Tigres de Campbellton. Mais dans son cas, c’était déjà prévu. Il y a bien le défenseur Frédéric Castonguay, lui aussi sur le radar des Tigres, mais tout indique qu’il s’est déchiré des ligaments à un genou et que sa saison est terminée.

Dans les faits, de l’équipe régulière de la saison dernière, il n’y a plus que Sébastien Hébert, l’unique du groupe qui soit né en 2001, Gavin Caissie et Jérémie Rousselle, qui ont vu le jour en 2002. Et tous trois sont des attaquants.

Le reste de l’équipe, y compris le gardien Josh O’Neill et l’arrière Patrick Mandville, les seuls autres joueurs nés en 2002 au sein du club, est constituée de recrues. Un club de blancs-becs.

«En raison de notre jeunesse, il risque d’y avoir des soirées qui seront plus difficiles que d’autres d’ici Noël, mais nous souhaitons que l’équipe va ensuite commencer à débloquer», révèle Charles LeBlanc.

«Il ne manque pas de talent individuel dans ce groupe et ce sont des jeunes avec du caractère et une bonne éthique de travail. Ils ont aussi une très bonne attitude. Il reste cependant à voir combien de temps ça va leur prendre pour s’habituer au calibre de jeu», dit-il.

LeBlanc ne s’en cache pas, il n’avait pas vu venir les pertes de Milson et de Wood.

«Milson devait être mon capitaine et le gros morceau de notre attaque. Mais malgré tout, je crois quand même que la perte de Wood est encore plus grande. Là, nous nous retrouvons avec six recrues en défensive. J’aurais aimé avoir un vétéran pour les guider», mentionne-t-il.

Du potentiel

Le big three défensif du Moose sera donc composé de Marc-André Gaudet, de qui on dit beaucoup de bien, Alex Tremblay et Jonathan Matulu, un hockeyeur que le Moose a récupéré après qu’il ait été libéré par les Flyers de Moncton.

Gaudet, qui se trouve à être le cousin de Lukas Cormier (les mamans des deux joueurs sont des sœurs jumelles), sera assurément un joueur scruté à la loupe par les recruteurs de la LHJMQ.

«Il n’a pas un aussi bon coup de patin que Lukas et il est selon moi un peu moins doué à l’attaque, mais sinon ça se compare pas mal, estime LeBlanc. Marc-André est le joueur qui possède le meilleur Q.I. offensif de notre club, toutes positions confondues. Il voit extrêmement bien le jeu.»

Alexi Babin et Maxime Boudreau complètent la brigade défensive.

À l’attaque, Caissie et Hébert, qui devraient logiquement hériter du «C» sur leur poitrine, mèneront la barque avec les jeunes Jake Parker, Spencer Desveaux, Anthony Parent et William Schofield.

Parker en est un autre que les recruteurs vont surveiller de près.

«Jake est un gros bonhomme de 6 pieds et de 180 livres qui possède un très bon coup de patin, de bonnes habiletés offensives et un lancer qui est pratiquement déjà de niveau professionnel. Il possède tous les atouts pour devenir un joueur attirant auprès des recruteurs», confie LeBlanc.

Le reste de l’attaque sera constituée de Jordan Joseph, Cole Augustine, Daniel Khatib, Simon Latour et Jacob Boudreau. LeBlanc a toutefois tenu à préciser que le vétéran Julien Rousselle aura un rôle important au sein du club.

«Julien va être mon spécialiste en désavantage numérique et il va jouer un rôle de leader auprès des jeunes en raison de son éthique de travail», dit-il.

Un baptême de trois matchs en trois jours

C’est avec un calendrier de trois matchs en trois jours que le Moose du Nord débutera sa deuxième saison d’existence, vendredi soir sur le coup de 19h30, au Centre régional K.-C.-Irving. Les Caps de Fredericton seront les visiteurs.

«Le baptême va commencer pas mal raide pour mes jeunes», signale Charles LeBlanc en riant.

«En tout cas, ils vont avoir tout de suite une bonne idée de ce qu’est le hockey midget AAA et aussi de ce qui les attend une fois qu’ils seront d’âge junior», révèle l’entraîneur du Moose.

Un premier week-end de la sorte avec 15 joueurs nés en 2003 l’inquiète-t-il? Sans y répondre vraiment, on devine que la réponse est oui.

«Je ne sais pas encore s’ils savent comment gérer leur énergie, dit-il. Une chose est sûre, nous allons les avoir à l’oeil.»

Ce sera effectivement important pour LeBlanc et ses adjoints de surveiller de près comment se comporteront les joueurs puisqu’ils disputeront pas moins de huit matchs en 17 jours.

«Nous jouons trois fois en fin de semaine, deux autres fois la semaine prochaine et nous complétons le mois de septembre avec un autre trois en trois, souligne LeBlanc. Ça nous fait beaucoup de parties en peu de temps quand on pense que nous avons un calendrier de 35 matchs en saison.»

Le Moose affronte samedi les Flyers de Moncton au Centre Superior Propane (19h30), puis va recevoir la visite des Vitos de Saint-Jean, dimanche (14h00), au 14, Avenue Sean Couturier.

Deux autres rencontres seront au programme en fin de semaine dans le circuit.

Vendredi (20h), le Wild de Kensington se rendra au Qplex de Saint-Jean pour se mesurer aux Vitos.

Enfin, dimanche (17h30), les Caps de Fredericton accueilleront le Pride de Charlottetown au Willie O’Ree Place.