Shawn Perreault est un homme meilleur grâce au muay thaï

Le samedi 25 juin 2016, Shawn Perreault sortait à peine d’une longue et pénible dépression de trois ans quand il a accepté d’aller voir combattre Bruno Lurette au club Lions de Moncton. Bien lui en pris puisque ce soir-là, pendant que Lurette remportait le titre des lourds légers de la National Boxing Authority, Perreault trouvait enfin un début de solution à ses problèmes.

Dans la semaine qui suivra, le combattant de Kedgwick commencera à s’entraîner au gymnase de Lurette et, rapidement, il fera montre d’un beau potentiel en muay thaï.

Un sport qui pourtant il n’avait aussi bien dire jamais pratiqué auparavant. Sa seule expérience se limitait à deux ou trois entraînements à l’âge de 14 ans. À l’époque, c’est plutôt le hockey qui avait sa faveur.

Mais en 2016, comme ses patins, son casque et son bâton de hockey était déjà remisés, Shawn Perreault se cherchait une nouvelle activité pour l’aider à se sortir des zones d’ombre dans lesquelles il était plongé.

C’est en voyant Bruno Lurette accomplir un autre exploit même s’il était déjà dans la quarantaine qu’il a trouvé la voie à suivre.

«Aussitôt que j’ai commencé à m’entraîner, les choses ont commencé à mieux aller», affirme Perreault.

«Les bonnes nouvelles se sont alors mises à s’enchaîner. Je me suis trouvé un emploi comme mécanicien industriel chez Irving et ma conjointe (Bianca Laplante) est tombée enceinte et nous avons depuis 14 mois un fils appelé Kylan qui est devenu ma fierté. Aujourd’hui, je peux dire que je suis un homme heureux. Je me sens bien», raconte-t-il.

«Je dois beaucoup à Bruno. Il est un modèle pour moi et il a joué un grand rôle dans les changements dans ma vie. Il a tellement un grand cœur. Il est toujours là pour ses athlètes. Mais en même temps, je crois que j’ai aussi aidé ma cause en me bottant le derrière», lance-t-il.

Un jeune adulte troublé

Perreault est le premier à l’admettre, il était loin d’être un enfant de cœur au début de sa vie d’adulte. Selon lui, le divorce de ses parents pendant son enfance et des problèmes d’anxiété sont à la base de ce qui le mènera à la dépression.

«J’avais énormément de colère en moi et je cherchais continuellement l’attention», dit-il.

«J’étais une bombe qui explosait à tout moment. D’autant plus que j’avais un petit problème de boisson. J’étais dur d’approche et j’ai perdu des amis à cause de ça. Les gens m’évitaient», mentionne-t-il.

Aujourd’hui, Shawn Perreault n’a plus rien à voir avec le jeune homme troublé qu’il était. Le jour et la nuit pour dire vrai.

«J’ai beaucoup changé. Je suis plus respectueux et je prends maintenant le temps d’écouter les autres. J’aime aussi aider les personnes qui comme moi ont vécu ou vivent la dépression. Quand ça arrive, c’est important de croire en soi», indique-t-il.

«Moi, ma dépression a duré trois ans. Trois longues années de hauts et de bas d’un long cauchemar. C’est clair que je ne veux pas retomber là-dedans. J’ai maintenant les outils et la discipline pour que ça n’arrive plus», révèle Perreault.

«Ma nouvelle façon de voir la vie, d’être discipliné dans tout ce que j’entreprends et d’avoir une mentalité positive, ce sont tous des trucs que j’ai appris grâce au muay thaï», confie-t-il.

Un combat de championnat

Samedi, à Kedgwick, Shawn Perreault sera en quête du championnat de l’Est canadien en muay thaï amateur chez les 155 livres. Pas si mal pour un gars qui n’en sera qu’à son quatrième combat en carrière.

«J’ai seulement perdu un combat et c’était mon dernier en finale des Championnats canadiens contre un Ontarien appelé Bryan Ling. Il m’a battu aux points et j’aimerais bien le revoir un jour parce que je me suis beaucoup amélioré depuis», assure Perreault.

«Samedi, j’affronte Francis Bergevin et, d’après ce que j’ai vu, il semble pratiquer le même style que moi dans l’arène. Ça devrait donc donner un bon combat. Pour ma part, j’ai l’intention de lui mettre de la pression. Je m’en vais à la guerre et je vais laisser sortir le méchant qui est en moi pour ce combat», annonce-t-il.

«Je vais la gagner cette ceinture parce que j’ai travaillé très fort pour ça. Je suis confiant. J’ai hâte parce que je vais aussi avoir la chance de combattre devant mon monde. Il y en a plusieurs qui seront là pour m’encourager», ajoute-t-il.