Le Titan n’a jamais perdu confiance en Cole Rafuse

Le 28 juin, le jour même où le Titan d’Acadie-Bathurst sélectionnait Kristian Kovacik lors de l’encan européen, Sylvain Couturier avait mentionné en entrevue qu’il croyait aux chances de Cole Rafuse d’apporter une contribution à l’attaque qui s’apparenterait à celle de Dawson Theede. Samedi, au Harbour Station de Saint-Jean, Rafuse ne pouvait pas faire mieux paraître son directeur général avec une récolte de six points, dont quatre buts, dans la raclée de 10 à 1 servie aux jeunes Sea Dogs.

Levez la main ceux et celles qui croyaient que le costaud numéro 18 était capable d’un tel match? Vous vous mentez à vous-même si vous osez lever la main.

Rafuse, qui amorce sa troisième saison dans l’uniforme du Titan après avoir été acquis en 2015-16, n’avait jamais marqué plus de huit buts ou amassé plus de 13 points en une saison.

Ce n’est pas rien ce que Rafuse a accompli samedi. Non seulement il est devenu le 14e porte-couleurs du Titan à connaître une soirée de quatre buts ou plus, mais il est également le premier depuis Mathieu Perreault, en septembre 2007 (voir tableau), à récolter au moins six points dans un match.

«Ç’a été une incroyable soirée pour notre équipe, affirme Rafuse avec modestie. Honnêtement, je n’ai rien fait de différent de ce que je fais habituellement. Tout ce que je tente de faire c’est d’être un attaquant de puissance et de bien jouer dans mon propre territoire. Tout ce que je veux c’est aider mon équipe à gagner.»

En insistant un brin, il finit par admettre que Theede représente pour lui un modèle.

«C’est vrai que je tente de calquer mon jeu sur celui de Dawson. Je tente d’apporter ce que Dawson faisait pour l’équipe», révèle l’ailier droit de 6 pi 1 po et de 203 lb.

Theede est un gros bonhomme de 6 pi 4 po et 218 livres qui a porté les couleurs du Titan de 2015-16 jusqu’à ce qu’il soit échangé à Gatineau, l’hiver dernier. En 112 rencontres à Bathurst, l’Ontarien a marqué 39 buts et amassé 71 points.

Pour sa part, l’entraîneur-chef Bryan Lizotte est le premier à admettre qu’il ignorait que son gros attaquant était capable d’une telle production. Des surprises de ce genre, il en prendrait à chaque match.

«Cole mérite tout ce qui lui arrive. Il travaille tellement fort», mentionne Lizotte.

«Et c’est vrai que la comparaison avec Dawson a du sens, mais je dirais que Cole est encore plus porté sur les détails. Quand j’ai dit avant le camp que nous avions des standards élevés, Cole a été l’un des premiers à afficher nos valeurs. S’il évolue en supériorité numérique, ce n’est pas en raison de jeux spectaculaires, mais bien parce qu’il joue selon les valeurs de l’équipe», dit-il.

Un coût trop élevé?

Quand le Titan est allé chercher Rafuse à Val-d’Or en retour d’un choix de premier tour, le 6 janvier 2016 (les Foreurs ont utilisé ce choix pour repêcher le défenseur Jérémie Biakabutuka en juin), l’objectif était de mettre la main sur un attaquant de puissance aimant travailler dans les coins de patinoire et qui serait en mesure de contribuer un jour à l’attaque.

«Il était âgé de 16 ans quand nous l’avons obtenu et nous aimions le fait qu’il était un gros travaillant et qu’il avait une touche offensive», indique Sylvain Couturier.

N’empêche qu’après des saisons de deux, quatre et huit buts, de plus en plus de partisans étaient d’avis que le dg du Titan avait payé trop cher pour faire son acquisition. C’était toutefois oublier que Couturier est d’une patience à toute preuve et que le temps lui a souvent donné raison au fil des ans. Il soutient n’avoir jamais cessé de croire dans le Néo-Écossais de Kentville.

«Je me souviens de l’avoir rencontré avant le camp d’entraînement de la dernière saison. Je lui avais dit que je savais qu’il était capable de jouer dans un top 9 à l’attaque dans plusieurs équipes de la ligue, mais que ce serait difficile à Bathurst en raison de notre profondeur. Je lui avais d’ailleurs donné le choix entre une place dans un quatrième trio ou l’échanger. J’étais prêt à l’accommoder», raconte Couturier.

«J’ai adoré sa réponse. Il m’a dit:  »Nous avons commencé quelque chose ici et j’aimerais ça la terminer ». Je suis content qu’il voyait ainsi les choses parce qu’il a joué un rôle important la saison dernière. Il nous a grandement aidés en infériorité numérique», note Couturier.

«Cole, c’est un vrai joueur d’équipe. Jamais nous l’avons entendu se plaindre de son utilisation et il s’est toujours fait un devoir de travailler fort. Crois-moi, il le mérite son  »A » sur la poitrine. Et je suis également convaincu qu’il va être un très bon joueur de 20 ans dans la ligue la saison prochaine», souligne le dg du Titan.

Évidemment, un match ne fait pas une saison, encore moins une carrière. Est-ce que Rafuse sera désormais en mesure de produire à un rythme régulier dans la LHJMQ?

Dans le camp du Titan, c’est évidemment ce que l’on souhaite. Et, bien sûr, c’est aussi le cas du principal intéressé.

«Ce match ne change en rien mes attentes, soutient toutefois le vétéran âgé de 19 ans. Je me suis présenté au camp un an plus vieux et comme je suis ici depuis déjà quelques saisons, je savais que l’équipe s’attendait à plus de ma part autant comme joueur que comme leader.»

«Ils veulent que j’aide le club à trouver des façons de gagner. Je cherche juste à contribuer du mieux que je peux. Et j’espère que ça va continuer de bien aller mercredi contre Gatineau et que nous irons chercher une autre grosse victoire», ajoute-t-il.

Quand ont lui demande s’il se souvenait de la dernière fois qu’il avait obtenu autant de points, Rafuse n’était pas certain d’avoir la bonne réponse.

«Je crois que la dernière fois remonte à ma saison bantam. En tout cas, ce dont je suis certain c’est que la soirée de samedi a été très amusante», confie Rafuse en riant.