Citoyen du monde grâce au basketball

Le basketball est en voie de faire de l’Acadien Serge Langis un véritable citoyen du monde!

L’entraîneur originaire de Moncton en a fait du chemin depuis ses débuts avec l’équipe de l’Université du Nouveau-Brunswick à Fredericton.

Il a notamment dirigé les Miracles (aujourd’hui le Magic) de Moncton (de la Ligue nationale de basketball du Canada), avant de s’expatrier en Ontario pour deux ans.

Cette année, il a relevé le défi de guider le Flex de Bloomington (Premier Basketball League) pour un séjour de trois semaines en Chine.

Et dans un avenir rapproché, il pourrait s’envoler pour le continent africain, puisqu’il est présentement en discussion avec les dirigeants de l’équipe nationale de l’Algérie.

Le pilote âgé de 44 ans dit avoir vécu une expérience incroyable au pays de Mao Zedong.

Le Flex a disputé trois rencontres face à des équipes de la l’Association de basketball de la Chine, mais aussi des parties hors-concours face à des équipes du Monténégro, du Nigéria et de la Serbie.

La ligue professionnelle chinoise comprend des joueurs comme Stephon Marbury (Knicks de New York), Al Jefferson (Pacers d’Indianapolis) et Luis Scola (Raptors de Toronto), tous des anciens de la NBA.

Serge Langis se souviendra toujours de son duel avec Jonathan Gibson, qui a passé la saison 2017-2018 avec les Celtics de Boston.

«On menait par neuf points avec deux minutes à faire au match», raconte-t-il.

«Mais Gibson a décidé qu’il allait prendre le match en main. On a essayé de l’arrêter avec des couvertures doubles, mais il n’avait pas du tout l’intention de perdre ce match. Il a terminé la rencontre avec 43 points. C’était complètement fou», rigole celui qui entame sa 25e année comme entraîneur.

C’est à travers l’ancien commissaire de la ligue canadienne, David Magley, que Serge Langis a pu décrocher ce boulot temporaire.

Comme l’entraîneur Dee Brown (un ancien joueur des Celtics) a quitté juste avant le périple, le poste avec le Flex est devenu disponible.

Une occasion que l’Acadien n’allait pas rater.

«J’ai réalisé que c’est une chance que je ne devais pas manquer. Je suis vraiment content de l’avoir fait. C’était des parties vraiment amusantes parce que c’est difficile de se préparer à affronter des joueurs de ce niveau-là.»

En Chine, il a découvert un univers complètement différent.

«Ce sont des amateurs très passionnés par le basketball. Les partisans célébraient pour les deux équipes sur le terrain! On ne pouvait pratiquement pas dire pour qui la foule célébrait le plus. C’était vraiment curieux pour nous», raconte-t-il.

«On a visité des écoles et on pouvait voir que les gens mangent du basketball. Les gars ont signé des autographes, ça chantait, c’était une atmosphère incroyable», mentionne celui qui dirige également une académie de basketball à Moncton.

«Tout est différent et c’est une des raisons pour laquelle je  voulais vivre l’expérience. J’ai eu une journée pour connaître mes joueurs avant de partir. C’était quelque chose de spécial, mais de très plaisant. On a essayé d’évoluer ensemble à mesure que la tournée avançait. On voyageait plusieurs heures chaque jour pour les matchs, que ce soit en avion, en autobus ou en train. La nourriture a aussi été un gros défi pour nous.»

Serge Langis pense que cette expérience a fait de lui un meilleur entraîneur.

«Ça m’a fait réaliser que je passais trop de temps dans l’évaluation des autres équipes et pas assez de temps sur la mienne. J’ai aussi réalisé que j’ai trop souvent ignoré mon instinct au cours des dernières années. Je me suis trop fié sur des rapports de spécialistes et sur les chiffres.»

Et pour le futur, c’est peut-être l’Algérie qui l’attend.

«Il faut que je discute avec ma famille pour voir si je veux le faire ou pas. Je ne pense pas qu’ils pourront me suivre en Afrique. C’est toute une occasion, mais je ne sais pas si c’est  le bon mariage entre ma vie professionnelle et ma vie familiale.»