Les deux plus grandes vedettes acadiennes de la lutte jouent gros

Les deux plus grandes vedettes acadiennes de la lutte professionnelle, Marko Estrada et Markus Burke, s’affronteront dans l’un des combats les plus attendus des dernières années dans les Maritimes. Le vendredi 2 novembre au Club Lions de Moncton, Marko Estrada défendra son titre de champion de la Ultimate Championship Wrestling (UCW) contre Markus Burke qui lui a décidé de mettre en jeu sa carrière.

«Ça va être notre huitième et dernière soirée de lutte de la saison à Moncton cette année et sur papier, je dirais que c’est notre gala le plus intéressant», révèle Éric Doucet, mieux connu sous le nom de Markus Burke.

Le lutteur originaire de Campbellton dit être celui qui a eu l’idée de mettre sa carrière à l’enjeu.

«Marko et moi sommes probablement les deux meilleurs lutteurs indépendants au Canada et j’ai pensé que ce serait intéressant d’avoir une telle stipulation. Et puis, ça va être l’occasion pour nous deux de montrer c’est qui le meilleur», confie Doucet en riant.

Évidemment, Marc Roussel, l’interprète d’Estrada, ne s’en laisse pas imposer.

«J’affronte ce samedi Matt Falco pour le titre de la NSPW à Québec et c’est donc très possible que je sois un double champion quand je vais me présenter à Moncton», souligne le saltimbanque originaire de Le Goulet.

«Ça va être la dernière chance pour les amateurs de lutte des Maritimes de me voir à l’oeuvre en 2018. Ce qui est amusant, c’est que je suis maintenant un méchant partout, que ce soit au Québec ou dans les Maritimes. Le monde me déteste et j’aime ça. Ils me voient au naturel», ajoute-t-il en riant.

Cette finale ne sera toutefois pas le seul grand match à l’affiche de l’événement Animosity puisque Silas Young, une vedette de la Ring of Honor (ROH), fera une apparition spéciale pour se mesurer au robuste Riddick Stone, un colosse de 6pi 3po et 290lb.

Également au programme, un match sans disqualification entre Chip Chambers et The Patriot.

Le spectaculaire Matt Angel en viendra aux prises avec Cody Blayde. Ces deux jeunes lutteurs font de plus en plus parler d’eux partout où ils se produisent.

Un autre duel qui retient l’attention est le match triple menace entre Dynamite Dylan Davis, le champion des Maritimes Covey Christ et le champion de la télévision de la NSPW Dylan Donovan. Le gagnant remportera les deux ceintures.

Plusieurs autres combats seront aussi à l’affiche et la première cloche se fera entendre à 19h30.

«Nous avons attiré en moyenne de 400 à 500 personnes lors de nos sept premiers galas. Cette fois-ci, j’espère que nous pourrons remplir la salle» indique Éric Doucet.

Guerre de mots

(N.D.L.R. – En marge du gala de lutte qui sera présenté le vendredi 2 novembre au Club Lions de Moncton, les lutteurs Marc Roussel (Marko Estrada) et Éric Doucet (Markus Burke) ont accepté, pour le bénéfice du combat spécial qui va les opposer, d’accorder chacun à leur tour une entrevue pendant laquelle ils sont en mode personnage. Vous aurez donc compris que le tout doit donc être pris à la légère.)

À leurs débuts comme lutteurs professionnels, Marko Estrada et Markus Burke formaient une équipe appelée Maritime Express et ils étaient les meilleurs amis du monde. Leur potentiel ne faisait aucun doute et de 2007 à 2009 ces deux inséparables ont connu beaucoup de succès, tant dans les provinces maritimes qu’en sol québécois. Ils étaient jeunes, ils avaient du charisme et ils voulaient changer le monde. C’était le bon vieux temps. Hélas.

Le destin s’est ensuite chargé de les séparer et, à part quelques meetings ici et là, ils ont surtout fait cavalier seul. Certes, ces réunions ont parfois donné lieu à des petits accrochages, mais il y a néanmoins toujours eu une certaine forme de respect entre les deux.

Plus maintenant.

L’époque où ils se voyaient comme des frères est révolue. Aujourd’hui, les deux hommes se détestent à s’en confesser.

Et comme il arrive souvent quand deux ex-meilleurs amis se haïssent au point de se lever la nuit pour détester encore plus l’autre, c’est rarement beau à voir.

Le vendredi 2 novembre prochain, au Club Lions de Moncton, le champion Marko Estrada défendra son titre devant l’aspirant Markus Burke, dans le cadre de l’événement Animosity de la Ultimate Championship Wrestling (UCW). Burke a doublement à perdre puisqu’il a décidé de mettre également sa carrière en jeu. Une défaite et c’en sera terminé de sa belle carrière. Une stipulation qu’Estrada dit avoir beaucoup de difficulté à comprendre.

«Je le trouve nono d’avoir accepté de mettre sa carrière en jeu contre moi, affirme Estrada. Il faut croire qu’il n’a rien appris de toutes les volées que je lui ai données dans les dernières années.»

«Le plus drôle c’est qu’il me doit tout. C’est grâce à moi s’il a pu faire carrière de la lutte. Sauf qu’il n’a jamais eu mon talent. Quand nous étions une équipe, c’était moi la vedette. Ç’a toujours été moi le meilleur des deux. Et quand j’ai décidé de m’en aller au Québec, parce qu’il avait peur de se retrouver tout seul, il m’a suivi. Et comme il ne m’arrivait pas à la cheville, il est devenu mon manager. Ç’a d’ailleurs été ses meilleurs moments. Il était définitivement un meilleur manager que lutteur», raconte Estrada, visiblement en verve.

«Mais à un moment donné, je n’ai plus été capable de l’endurer et il a alors décidé de s’en retourner dans les Maritimes pour me voler ma place de vedette là-bas. Sauf que chaque fois que j’y allais pour une petite tournée, je retrouvais aussitôt mon spot. Je l’ai battu tellement souvent que je ne me souviens plus du nombre de fois. Lui, s’il m’a déjà battu c’est dans ses rêves. Chaque fois qu’on s’est affronté, il a mangé une volée», révèle Estrada en levant le menton par défi.

«Dans le fond, Markus, tout ce qu’il a toujours voulu, c’est être Marko Estrada. Il cherche continuellement à avoir l’attention sur lui, mais il n’a jamais eu mon talent. S’il passe son temps à brailler pour avoir des gros matchs c’est parce qu’il veut de l’attention. Son personnage de lutteur végétarien, c’était des conneries. Il cherchait seulement une histoire pour faire parler de lui. Écoute, il a même été jusqu’à se marier sur un ring de lutte pour avoir l’attention. Et ces jours-ci, il passe son temps sur Facebook à chercher à avoir des Like en parlant de sa vie plate ou en faisant des mauvaises critiques de films d’horreur. À mon avis, il est fou», confie Estrada le plus sérieusement du monde.

«Et le 2 novembre, vu que c’est son dernier combat, je vais prendre mon temps. Je vais le massacrer et les amateurs vont en avoir pour leur argent. Après le combat, par contre, ça va être pénible de le voir brailler et remercier ses fans. En tout cas, Markus Burke est rendu vieux, c’est un lutteur fini et je vais le prouver à Moncton», ajoute Marko Estrada.

La riposte de Burke

Lorsque mis au courant des propos de son rival, Markus Burke n’a pas semblé surpris outre mesure. Même qu’il semblait s’y attendre un peu.

«C’est vrai que j’ai lutté plusieurs fois contre Marko et qu’il m’a battu beaucoup plus souvent que je ne l’ai fait. Sauf que le 2 novembre, il ne pourra pas me battre. Moi, je suis prêt à combattre jusqu’à mon dernier souffle. Pas lui. Je suis dans la meilleure condition physique de ma carrière et je suis prêt à lutter pendant 45 minutes ou beaucoup plus s’il le faut», soutient Burke.

«Mais lui, Marko, à cause de ses gros muscles, il ne sera pas capable de durer aussi longtemps. Le maximum de temps qu’il sera capable de me suivre sera 15 minutes au maximum. Après 15 minutes, ses gros muscles lui auront fait gaspiller tout son oxygène et il ne sera plus capable de continuer. Et c’est là que ça va devenir très dangereux pour lui», mentionne-t-il.

Markus Burks ajoute qu’il est plus que temps que les amateurs de lutte réalisent que Marko Estrada est davantage un gros parleur qu’un grand lutteur.

«La raison pourquoi sa carrière n’a jamais dépassé les frontières du Québec et des Maritimes c’est d’abord parce qu’il n’a pas le courage de quitter son confort. Mais surtout, c’est parce qu’il n’arrête jamais de parler. Il parle toujours trop. Il parle tout le temps. Il en est fatigant. Moi, j’ai lutté partout dans le monde et j’ai affronté des plus gros, des plus durs et des plus fous que Marko. Si je fais de la lutte, c’est pour être le meilleur, pas pour être le deuxième. Et si je ne peux pas être le meilleur, j’aime autant mieux ne plus lutter. C’est pourquoi j’ai décidé de mettre ma carrière en jeu. Et j’espère juste que le 2 novembre, à Moncton, j’aurai devant moi le meilleur Marko Estrada. Parce que même le meilleur Marko Estrada ne sera pas capable de me battre», complète Markus Burke.