Jeux de l’Acadie: du rêve à la réalité pour Yves Arsenault

Il y a 20 ans, Yves Arsenault faisait partie de l’équipe jeunesse des Jeux de l’Acadie. Il a pris part aux finales de 1997, à Edmundston, et de 1998, à Moncton. À ce moment-là, il rêvait de prendre un jour les guides de ce grand rassemblement sportif acadien. Aujourd’hui, il les tient solidement, à deux mains.

Le nouveau président de la Société des Jeux de l’Acadie se sent bien dans ses nouvelles fonctions. Le contraire aurait été étonnant, quand on considère son parcours: 10 ans dans l’équipe de mission de la Péninsule acadienne, six années comme chef de mission des Jaunes et deux ans en tant que vice-président de la SJA.

«J’ai toujours eu ce rêve en tête. C’est une très heureuse coïncidence, je le concède. J’étais avec Kent quand je me suis engagé dans l’équipe jeunesse. Lorsque j’ai déménagé dans la Péninsule acadienne après l’université, une porte s’est ouverte pour rejoindre l’équipe des Jaunes et j’ai sauté à deux pieds dedans. Je n’ai jamais regardé à l’arrière par après», avoue le bénévole âgé de 37 ans, qui succède à Guy-Laine Lagacé.

Arsenault prend la direction d’une organisation majeure à l’aube de son 40e anniversaire qui sera célébré du 26 au 29 juin 2019, dans les communautés de Grand-Sault, de Drummond, de Saint-André et de Saint-Léonard.

Rendu à cette étape marquante, il pourrait laisser couler les choses comme un long fleuve tranquille durant son mandat de deux ans, renouvelable une fois. Mais il considère important de ne jamais rien prendre pour acquis.

Pas question de réforme majeure, indique cet enseignant de carrière, mais il est venu le temps d’évaluer l’impact des changements structurels de 2016 et sportifs de 2015. Il y a trois ans, l’abandon de deux sports – le basket-ball masculin et la balle molle féminine -, l’arrivée de deux nouvelles disciplines – le vélo de montagne et le frisbee ultime – ainsi que l’ajout des volets culturels et de vie active ont chamboulé considérablement – non sans friction – ce que l’on connaissait des Jeux de l’Acadie depuis longtemps.

«Nous devons voir si ces changements répondent à notre vision, à notre but et à nos valeurs. Il faut aussi tenir compte de notre clientèle. Est-ce que ça répond encore à leurs envies et à leurs intérêts? Le volet culturel a eu des retombées très positives, par exemple. Quand nous avons apporté ces changements, ça faisait 10 ans que les Jeux de l’Acadie n’en avaient pas eus. On ne veut pas attendre aussi longtemps. Ce que nous avons est solide. Tout ce qu’il faut, c’est de l’ajustement.»

N’en demeure que les défis – et non les moindres – cognent constamment à la porte de la Société des Jeux de l’Acadie. Certains sont agréables, comme l’organisation des célébrations du 40e anniversaire. D’autres plus ardus, tels le processus de mise en candidature d’un événement de plus en plus demandant ou encore l’engagement bénévole pour une finale.

L’attribution des finales à un groupe de communautés – 2013 dans deux villages de Kent et 2018 dans le Nord-Ouest – ou à des villes anglophones depuis quelques années – 2015 à Charlottetown, 2017 à Fredericton, 2018 à Miramichi et 2020 à Saint-Jean – n’a apporté que du positif au sein de la SJA, assure le président.

«Les communautés francophones et acadiennes ont pu rayonner dans ces régions anglophones. Miramichi rêvait d’accueillir la finale depuis des années. À Fredericton, les francophones étaient heureux de contribuer. À Charlottetown, la seule école francophone de la ville a brillé. Les Jeux de l’Acadie n’iront pas dans une communauté anglophone où il n’y a pas de francophones. Quant au regroupement de communautés, elles travaillent ensemble et cela n’a que du bon, que ce soit en termes de retombées en infrastructures ou en sport. Nous sommes la seule organisation à présenter un rendez-vous de cette envergure en Acadie», prétend Yves Arsenault.

Chez les bénévoles, il croit que l’on a tendance à sous-estimer l’engagement de la grande famille des Jeux. Chaque finale parvient à trouver l’aide nécessaire pour son bon déroulement, rappelle-t-il, grâce entre autres aux parents des athlètes qui viennent donner un coup de pouce. Il ne voit pas là une source de préoccupation.

Malgré tout, il avoue que 2021 pourrait s’avérer problématique. Il y aura la présentation des Jeux de la Francophonie internationale à Moncton et à Dieppe, qui entreront en compétition avec la finale.

La priorité aux célébrations du 40e

De tous les dossiers déposés sur le bureau du président de la Société des Jeux de l’Acadie, le plus urgent – et le plus important – à régler est la question des célébrations du 40e anniversaire.

L’été 1979 semble si loin avec sa première finale présentée à Moncton. Mais le temps a passé tellement vite qu’il faut retrousser ses manches afin de ne pas passer à côté ce moment festif.

«Quarante ans… C’est un beau chiffre rond. Nous sommes arrivés à maturité», révèle Yves Arsenault.

Ça fait maintenant un an que la SJA travaille là-dessus, en étroite collaboration avec le comité organisateur de la Finale des Jeux de l’Acadie de 2018 à Grand-Sault, Drummond, Saint-André et Saint-Léonard.

«Nous voulons souligner ça de belle façon et nous avons des idées en marche pour l’instant, qu’on devrait divulguer plus tard cet hiver. Tout est sur la table», affirme Yves Arsenault.

Mais ne comptez pas sur lui pour utiliser cette tribune afin de relancer l’idée des Jeux d’hiver. Ce dossier est sous une épaisse pile et pas question de le replacer sur le dessus.

«Nous n’avons aucune discussion à ce sujet et ce n’est pas dans mon plan de ramener ça sur la table pendant mon mandat. Personne n’en parle dans la famille des Jeux», fait-il savoir.