Aigles Bleues: Audrey Berthiaume est devenue imbattable

Audrey Berthiaume et le groupe Pink Floyd ont une chose en commun: un grand mur blanc. C’est du moins l’impression que devaient avoir les adversaires des Aigles Bleus de l’Université de Moncton quand elles se sont présentées devant la gardienne du Bleu et Or au cours des trois dernières parties. Pas de filet. Juste un immense mur blanc!

La gardienne originaire de Saint-Bruno-de-Montarville, au Québec, s’est dressée comme une forteresse devant son filet, n’accordant aucun but au cours des neuf dernières périodes de hockey.

La femme masquée n’a pas donné de but au cours du troisième tiers du match de mercredi dernier à Halifax (un revers de 4 à 1 devant les Huskies de l’Université St. Mary’s), avant de blanchir les X-Women de l’Université St. Francis Xavier vendredi soir (dans un triomphe de 3 à 0).

Elle a fait encore mieux samedi, frustrant les Panthers de l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard pendant cinq périodes dans une victoire de 1 à 0 en deuxième prolongation.

Si on fait le calcul, ça fait 150 minutes sans donner de but.

Si elle continue sur cette lancée, on n’aura même plus besoin de placer un juge de but derrière elle.

«Je n’ai pas le goût d’être généreuse avec les autres équipes!», rigole l’athlète de 5 pieds et 8 pouces.

«Le secret de mon succès, c’est l’Acadie, l’air marin!», ajoute-t-elle sur le même ton.

La Québécoise semble vraiment respire le bonheur dans son nouvel environnement.

«J’ai eu un bon été d’entraînement et je crois que tout part de là. Je me suis fait dire que c’était une ligue beaucoup plus physique et beaucoup plus rapide que le hockey collégial et je m’étais préparée en conséquence», explique-t-elle.

«Je pense que nous avons une très bonne équipe en défensive. Quand on joue toutes ensemble, on joue vraiment bien. Ça fait toute la différence.»

Si l’équipe connait des hauts et des bas (4-5-0, 8 points), Berthiaume présente des statistiques impressionnantes.

En sept rencontres, elle affiche une un dossier de 3-3, une moyenne de 2,44, une efficacité de ,924 et trois blanchissages.

«Je ne pense pas trop loin en avant. Je pense seulement à arrêter le prochain lancer sur moi», mentionne-t-elle pour expliquer son succès.

En dehors de la patinoire, c’est aussi le beau fixe pour la recrue âgée de 19 ans.

«J’adore le fait que Moncton soit une petite ville. Je n’aime pas les grosses villes. Je me sens comme chez moi ici. Tout va vraiment bien», précise-t-elle.

«Je dois travailler mon jeu à l’extérieur de mon filet. Je dois aussi m’habituer à la vitesse du jeu universitaire. Mais comme nous avons une équipe très rapide, à force de m’entraîner avec elles, je finis par suivre le rythme.»

L’entraîneur-chef Marc-André Côté reconnait que le brio d’une gardienne, c’est crucial pour une équipe qui ne marque pas beaucoup de buts (14 en 9 parties, soit une moyenne de 1,56 par match).

«C’est un bourreau de travail. Elle n’arrête jamais. Son attitude est exemplaire et elle cherche toujours à s’améliorer», affirme-t-il.

«Elle est concentrée sur ce qu’elle a à faire et je pense qu’elle aime beaucoup le défi qu’elle a devant elle en ce moment. Ce que j’aime surtout d’elle, c’est sa combativité.Elle va se battre pour chacune des rondelles.»

Malgré son brio, Berthiaume ne doit rien tenir pour acquis, mentionne le pilote du Bleu et Or.

«On a aussi Melika Florent (présentement blessée) et Émilie Arsenault qui sont capables de faire le travail. Mais c’est clairement Audrey qui a le vent dans les voiles en ce moment.»

Pour la principale intéressée, le but ultime est très clair.

«On se rend au championnat canadien. Il n’y a aucun doute dans mon esprit.»

Et quand envisage-t-elle d’accorder son prochain but?

«Je ne veux pas répondre à cette question!», répond-elle en tournant les talons.