Mondial: les Nor’Easters célèbrent avec l’argent autour du cou

Les Nor’Easters des Maritimes se sont présentés dans l’État du Minnesota avec l’idée de faire oublier leur décevante quatrième position du Mondial de 2016 à Regina. Ils peuvent dire mission accomplie puisque c’est avec une médaille d’argent autour du cou que les membres de cette formation (moitié acadienne, moitié néo-écossaise) sont revenus à la maison. Ce n’est quand même pas rien d’être considéré la deuxième meilleure équipe mixte au monde en ballon sur glace.

Les Nor’Easters ont d’abord assuré leur présence en finale en défaisant les Coyotes de l’Ontario 3 à 2 lors des demi-finales. Hubert Blanchard, Caroline Roy et Tim Wellwood ont inscrit les buts pendant ce match présenté vendredi après-midi.

Le lendemain, ils ont baissé pavillon 5 à 1 dans le match ultime devant le Broom-Shack de Bécancour, l’équipe qui avait déjà raflé l’or en 2016. Seule Céline Brochu avait réussi à déjouer la défensive adverse en finale.

«C’est toute une sensation», s’est exclamé Lizette Vautour, dont le frère Lucien et le père Marcelin évoluent aussi dans l’équipe.

Marcelin Vautour, Lizette Vautour et Lucien Vautour, des Nor’Easters, au championnat du monde de ballon sur glace. – Gracieuseté

«Notre objectif était surtout de nous qualifier pour la ronde des médailles. Alors d’obtenir la médaille d’argent est tout un accomplissement», révèle Lizette, dont il s’agissait d’une première expérience sur la scène internationale.

Son frère Lucien croit qu’avec quelques entraînements de plus, le Nor’Easters aurait pu compliquer davantage la vie du Broom-Shack en finale.

«La chimie n’était pas vraiment là en début de tournoi parce que la plupart des joueurs ne se connaissaient pas. Mais le groupe était de plus en plus uni au fur et à mesure que le tournoi avançait. Avoir eu la chance de nous entraîner quelques fois ensemble avant le tournoi aurait fait en sorte de leur donner plus de fil à retordre en finale», affirme Lucien, qui a complété le tournoi avec une fiche de trois buts et une passe.

La vedette offensive des Nor’Easters, Keith Comeau, auteur de cinq buts et deux mentions d’aide, est lui aussi d’avis que l’équipe aurait pu faire mieux avec un peu plus de cohésion entre les joueurs. Et pour obtenir cela, ça prend des heures et des heures d’entraînement sur la patinoire.

«Pour une équipe qui comprenait plusieurs joueurs qui n’avaient jamais joué ensemble, je trouve que ç’a très bien été pour nous, dit-il. Une chance que nous avions un leader comme Marcelin Vautour. C’est lui qui a mis l’équipe ensemble et c’est également lui qui disait aux joueurs où se placer en zone offensive. Nous avions aussi beaucoup de talent dans l’équipe avec les Philippe Robichaud, Lucien Vautour, Patrick Bujold, Guillaume Caissie et Hubert Blanchard. Et chez les filles, Caroline Roy, qui a marqué le but vainqueur en demi-finale, Céline Brochu et Lizette Vautour ont joué un gros tournoi.»

Avec humour, Lucien Vautour a confirmé le leadership de son père auprès des joueurs.

«C’est sûr qu’avec trois autres Marcelin, ça aurait été encore mieux», a-t-il mentionné en riant.

Lizette, Lucien et Keith ont tous fait savoir qu’ils aimeraient être de retour en 2020.

«Il ne nous manque pas grand-chose pour rivaliser avec le Broom-Shack. Le plan c’est de continuer à jouer ensemble dans les prochains tournois d’ici le Mondial de 2020», confie Lucien Vautour.

Équipe d’étoiles dans la catégorie mixte. De gauche à droite: Kasper Pater (Broom-Shack de Bécancour), Geneviève Berthiaume (Broom-Shack de Bécancour), Myriam Fafard (Broom-Shack de Bécancour), Tatsuya Araki (Ice Dogs du Japon), Keith Comeau (Nor’Easters des Maritimes) et Jean-Nicolas Champagne (Broom-Shack de Bécancour). – Gracieuseté

Outre Tim Wellwood, les autres Néo-Écossais de l’équipe étaient Kenny Watkins, Matthew Wainman, Renee Sanford, Heidi Caldwell, Amelia Linington et Kathleen O’Brien.

Les Coyotes de l’Ontario ont par ailleurs remporté la médaille de bronze en battant le Regal Beagle au compte de 2 à 1, samedi.

Le Most Wanted a manqué de gaz

Le Most Wanted a manqué de jus pour se rendre au bout de ses aspirations au Mondial de ballon sur glace présenté au Schwan Super Rink de Blaine, dans l’État du Minnesota. Après être venu à un cheveu de prendre part à la finale en s’inclinant 1 à 0 devant les Sun Devils des États-Unis, vendredi matin, l’équipe s’est écroulée 4 à 0 far aux Fat Selects dans le match pour la médaille de bronze.

Le Most Wanted, au championnat du monde de ballon sur glace. – Gracieuseté

Une défaite plutôt crève-coeur quand on sait que le Most Wanted avait rossé ces mêmes Fat Selects de l’Ontario 4 à 0 en ronde préliminaire.

Pour Euclide Blanchard et Jeff Plourde, il ne fait aucun doute que la défaite de 1 à 0 contre les Sun Devils a fait très mal.

«Je crois que nous avions tout donné contre les Sun Devils, mentionne Jeff Plourde, le meilleur pointeur de l’équipe avec ses cinq buts et deux passes. Il ne nous restait plus beaucoup de gaz pour le match de la médaille de bronze. Les Ontariens ont joué ce match avec quatre trios et ç’a fait une grosse différence.»

«Ça fait d’autant plus mal que j’ai frappé le poteau avec un filet désert contre les Sun Devils, alors que la marque était encore de 0 à 0. À mon avis, j’ai trop mangé de chocolat suisse avant le match», indique Plourde en riant.

«C’est dommage parce que ça aurait été tellement plaisant de revenir à la maison avec une médaille», ajoute-t-il.

«C’est vrai que ç’a été une défaite crève-coeur, révèle Euclide Blanchard. Nous avions joué une partie parfaite avant que Jeff ne rate son but et frappe le poteau.»

Le joueur-entraîneur du Most Wanted, Daniel Savoie, est d’avis qu’avec un trio supplémentaire l’équipe aurait été en mesure d’aller chercher l’or.

«C’est ce qui nous a manqué, estime-t-il. Nous avons pratiquement joué nos deux derniers matchs avec seulement deux trios, alors que nos adversaires roulaient à quatre unités offensives. Cela dit, je suis très content de notre tournoi. En 2020, si nous pouvons avoir tous nos éléments avec nous, je suis prêt à parier un petit 2$ que nous allons aller chercher le gros trophée.»

À 60 ans, Euclide Blanchard ne croit pas qu’il sera de la prochaine aventure.

«Je ne pourrai jamais remercier assez Daniel Savoie e m’avoir permis de réaliser mon rêve. Je l’ai d’ailleurs invité chez moi pour cet été. Mon fils Hubert pêche le homard et j’ai dit à Daniel qu’il allait pouvoir manger du homard à volonté. Maintenant, tout ce que j’aimerais accomplir avec le ballon sur glace, c’est de prendre part au championnat canadien ce printemps avec l’équipe mixte. Je ne demande même pas à jouer comme régulier, juste d’être un substitut. J’aimerais juste d’avoir l’occasion de faire une présence sur la glace avec mon fils Hubert. Pour moi, ce serait vraiment la cerise sur le sundae. Ça viendrait boucler la boucle», raconte l’ancienne gloire des Pigeons de Pigeon Hill, qui tentait un retour au jeu après avoir été éloigné 14 ans de la surface glacée.

Notons que les Sun Devils ont remporté la médaille d’or en battant en finale le HPQ Silicon du Québec au compte de 2 à 1.