Les Wildcats ne vont pas sacrifier leurs jeunes pour tenter le grand coup

Les partisans des Wildcats de Moncton peuvent dormir en paix. Les Jakob Pelletier, Elliot Desnoyers, Jordan Spence, Nicolas Kingsbury-Fournier, Charles-Antoine Lavallée et compagnie seront ici en 2019-2020. Le directeur général par intérim Ritchie Thibeau entend bâtir une équipe championne, mais pas en sacrifiant le futur de l’organisation.

À l’approche de la période des transactions dans la LHJMQ, une bonne conversation avec le grand patron des Wildcats s’imposait.

Ce qui en ressort, c’est que Moncton sera un acheteur prudent d’ici la mi-janvier.

Pas question de vider le grenier ni le sous-sol.

«On veut faire quelque chose qui aura du sens aujourd’hui et demain. On veut s’améliorer, mais pas à n’importe quel prix. On n’échangera pas notre futur pour le présent», affirme celui qui a succédé à Roger Shannon en avril dernier.

«On a gardé les jeunes pour les faire jouer et les faire progresser. On veut s’assurer qu’ils jouent avec les Wildcats pour deux ou trois autres saisons.»

Une chose est certaine, affirme Ritchie Thibeau, les Wildcats ne sont pas en reconstruction ou même en rénovation.

Il n’est pas complètement surpris de voir son équipe trôner au sommet de la LHJMQ (avec un dossier de 14-3-2-0).

«On pensait qu’on avait une meilleure équipe que celle qui a terminé en 14e position l’an passé. Cette saison, on voulait vraiment nous assurer d’atteindre notre plein potentiel», explique-t-il.

«On joue présentement de la façon dont on croyait qu’on pouvait jouer. On est seulement heureux de voir que nos meilleurs joueurs sont réellement nos meilleurs éléments sur la patinoire soir après soir», précise celui qui occupe aussi le poste de recruteur-chef.

«C’est aussi très plaisant de voir les jeunes produire comme ils le font présentement et contribuer aux succès de l’équipe.»

Selon lui, la clé du succès, c’est la constance.

«On ne pensait certainement pas se retrouver aussi haut dans le classement. L’an passé, on a bien débuté la saison. On a très bien fait au cours de nos 10 premières parties. Après ça, on a pris un peu de recul. Cette saison, on voulait avoir le même genre de départ et bâtir là-dessus. On voulait s’assurer de ne pas avoir le même relâchement que l’an passé. On croyait qu’un bon départ nous placerait parmi les cinq ou six meilleures équipes de la ligue.»

Cela dit, Thibeau croit fermement que les Wildcats peuvent logiquement aspirer aux grands honneurs cette saison.

«Nous suivons un plan que nous avons bâti il y a trois ans. On veut s’assurer d’améliorer l’équipe sur une base quotidienne, mais on n’essaiera pas d’aller trop vite. On a des jeunes joueurs qui doivent se développer à leur rythme. Il n’est pas question de tout mettre nos oeufs dans le même panier cette année», affirme-t-il.

«On verra où on va se situer à Noël. On a joué seulement 19 parties cette saison. Il y a encore beaucoup de temps avant de prendre les décisions qui vont s’imposer. Je dirais qu’on va surtout essayer d’ajuster des choses, de combler des besoins précis. On n’est pas là pour faire des grosses transactions juste pour le fun.»

Pas question, donc, d’expédier des jeunes sous d’autres cieux pour tenter le grand coup cette année.

«On ne fera rien qui ne durera qu’une saison. On veut avoir une bonne équipe chaque année. On veut donc s’assurer que tout ce qu’on fait, ce sera avec une vision à plus long terme.»

Ce qui ne veut pas dire que Moncton se croisera les bras durant la période des Fêtes.

L’objectif ultime demeure la Coupe du Président.

«Quand on a mis notre plan en action, notre but était de nous rendre à Halifax au printemps. On n’approche pas les choses juste pour participer aux séries éliminatoires. On veut tout gagner. La seule façon qu’on peut gagner la Coupe Memorial, c’est d’être à Halifax. C’est ça qu’on vise.»

Et que manque-t-il aux Wildcats pour jouer dans la cour des grands?

«Toutes les équipes sont à la recherche de défenseurs. Notre attaque est très bonne, nos gardiens aussi. Nous avons des bons défenseurs, mais je dirais qu’on manque peut-être de profondeur. Sauf qu’on n’échangera pas nos jeunes à Noël pour combler rapidement nos besoins.»

Au plan personnel, Ritchie Thibeau déclare toujours qu’il n’est pas intéressé à occuper le poste de directeur général à temps plein.

«Le poste est encore ouvert. C’est le propriétaire (Robert K. Irving) qui prend les décisions finales. Moi, je fais mon travail sur une base quotidienne jusqu’au jour où on me dira que je ne suis plus directeur général.»

Quand le poste sera pourvu, il souhaite demeurer en poste à titre d’adjoint au directeur général et de directeur du recrutement.

Après tout, il est le principal architecte de l’équipe qui occupe présentement le premier rang du classement général (à égalité avec les Huskies de Rouyn-Noranda).