Ces séquences qui font le bonheur des buteurs

Parce que le hockey a changé énormément, il y a des records individuels qui ne seront vraisemblablement jamais battus dans la LHJMQ. On a qu’à penser aux 133 buts et 282 points de Mario Lemieux en 1983-1984, aux quatre saisons consécutives de 50 buts de Michael Bossy, de 1972 à 1977, ou encore à la série de 27 parties consécutives avec au moins un but de Pierre Larouche en 1973-1974. L’actuelle séquence de quatre matchs de Marc-André LeCouffe est le bon moment pour vous parler de ces marqueurs de buts qui ont le don de composer de longues intrigues qui font la joie des partisans.

L’Acadien de Tracadie surfe actuellement sur une séquence de quatre parties consécutives avec un but. Ce n’est pas rien.

Joint en début de soirée, LeCouffe n’a pas caché que la séquence était plutôt plaisante.

«Je ne suis pas quelqu’un qui regarde beaucoup les statistiques, mais c’est le fun de marquer des buts et j’aimerais ça que ça continue. Par contre, je ne veux pas que cette séquence se fasse au détriment de l’équipe», révèle-t-il.

Le numéro 42 du Titan est d’avis que l’arrivée de Mario Durocher à la barre de l’équipe a eu une influence positive dans son jeu.

«Le nouveau système nous permet de sortir la rondelle plus rapidement de notre zone et ça fait en sorte que nous avons la rondelle plus rapidement et que nous pouvons tenter plus de jeux en zone offensive, dit-il. Et dans mon cas, j’ai remarqué que ça fonctionne mieux quand je fonce au filet.»

Vendredi, à l’occasion de la visite des Islanders de Charlottetown, LeCouffe tentera de devenir le premier Titan depuis Jeffrey Viel et Mitchell Balmas, la saison dernière, à profiter d’une séquence de cinq rencontres de suite. Comme il est superstitieux, il y a fort à parier qu’il tentera de répéter le même rituel contre les Insulaires.

«Je m’assure d’enrubanner mon bâton de la même façon et ma pension va me faire la même bouffe. Et je vais continuer de manger un raisin avant chaque période», mentionne-t-il en riant.

Le directeur général Sylvain Couturier, qui avait lui-même profité d’une série de six matchs de suite avec au moins un but en 1987-1988 (11-10=21), explique les succès de son attaquant par les efforts qu’il met dans son travail depuis que l’ancien entraîneur-chef Bryan Lizotte a eu le cran de l’envoyer dans les gradins, le 26 octobre dernier, le temps de réfléchir un peu.

«Peu importe le joueur, une bonne séquence commence d’abord par le travail, même si le facteur chance y est aussi pour quelque chose. Mais même si c’est un cliché, c’est avant tout le joueur qui fait sa chance. Et dans le cas de Marc-André, il n’y a pas de secret, il obtient du succès parce qu’il travaille plus fort et surtout parce qu’il travaille mieux. Si tu regardes la façon dont il a marqué dans ces quatre matchs, ce n’était pas des buts à tout casser. Il va au filet et il profite de ses chances. Je crois que quand Bryan l’a enlevé de l’alignement, ça lui a fait du bien. Il a compris le message», révèle Couturier.

Le record à Benoit et Beauregard

Pour la formation d’Acadie-Bathurst, l’actuel record de 11 matchs d’affilée avec un but est détenu conjointement par Mathieu Benoit et Thomas Beauregard.

Benoit a réalisé la sienne lors de ses 11 derniers duels dans l’uniforme du Titan 1999-2000, série qui s’est d’ailleurs poursuivie le temps d’un match suite à la transaction qui l’a fait passer aux Wildcats de Moncton. Mais lors de ses 11 parties consécutives avec au moins un but (21 novembre au 19 décembre), Benoit y est allé de 17 buts et cinq passes pour 22 points. Et pour ceux et celles qui se posent la question, son célèbre match de huit buts et deux passes ne fait pas partie de cette heureuse séquence.

En ce qui concerne Beauregard, il a réussi sa série de 11 parties de suite en 2006-2007 en accumulant 16 filets et 12 mentions d’aide pour 28 points.

Thomas Beauregard – Archives

«Ce genre de séquence n’arrive pas souvent, souligne Beauregard avec justesse. C’est sûr qu’il y a un peu de chance, mais c’est surtout le joueur qui fait sa propre chance. Si tu lances souvent et que tu te tiens proche du filet adverse, des bonnes choses vont arriver.»

Beauregard, qui détient plusieurs autres records d’équipe, dont celui du plus grand nombre de buts (71) et de points (124) en une saison ainsi que du plus de buts en carrière (154), assure que la pression de produire est toujours présente pour un joueur offensif.

«Lorsque j’étais à Bathurst, j’avais toujours la pression de marquer des buts parce que j’étais là pour ça. Pendant ma série de 11 matchs, ce sont bien souvent mes coéquipiers qui faisaient en sorte qu’elle se poursuive. Je me souviens que les gars m’ont beaucoup aidé. Quand tu as l’occasion d’avoir une telle séquence, tu sais qu’elle va finir par s’arrêter mais tu ne sais juste pas quand», raconte-t-il.

Une question de confiance, estime Mika Cyr

En septembre 2017, la saison n’était vieille que d’une semaine quand Mika Cyr a entamé sa meilleure séquence de matchs consécutifs avec au moins un but. Du 29 septembre au 7 octobre, l’Acadien de Sainte-Anne-de-Madawaska a fait scintiller la lumière rouge dans cinq matchs d’affilée pour une récolte total de sept buts et trois passes pour 10 points. Le numéro 24 des Wildcats explique comment il y est arrivé.

Mika Cyr – Archives: Marc Grandmaison

En fait, la vedette des Chats Sauvages explique n’avoir rien accompli de vraiment différent de ce qu’il fait d’habitude, si ce n’est qu’il a peut-être fait davantage attention aux petits détails.

«Quand tu retrouves dans une telle séquence, c’est clair que ta confiance est plus élevée que d’habitude. Les rebonds sont de ton côté et la rondelle semble vouloir rester coller à toi», dit-il.

«Comment s’explique une telle séquence? Peut-être parce que tu travailles mieux et que tu mets plus d’efforts dans les petits détails. Quand tu marques tous les soirs, tu joues avec tellement de confiance que tu n’as pas le temps d’être nerveux», révèle Cyr, qui occupe actuellement le 16e rang des meilleurs pointeurs de la LHJMQ avec une récolte de 31 points (10-21) en 27 duels.

À savoir si Cyr est un joueur superstitieux, il a répondu dans la négative. Il estime qu’un joueur perd son temps et ne s’aide aucunement quand il doit réfléchir à ce qu’il doit porter, manger ou faire le jour d’un match.

«Je ne suis pas superstitieux du tout. Je suis plus le genre à toujours garder la même routine chaque jour de match», indique celui qui n’aurait rien contre l’idée de démarrer une nouvelle séquence du genre afin d’aider son équipe à retrouver le sentier de la victoire après deux humiliantes défaites à domicile, en fin de semaine.

Acadie-Bathurst Pj B A Pts

Mathieu Benoit, 1999-2000 11 17 5 22

Thomas Beauregard, 2006-2007 11 16 12 28

Mathieu Benoit, 1998-1999 9 13 5 18

Tomas Svoboda, 2007-2008 9 12 6 18

Tomy Joly, 2007-2008 7 10 4 14

Janis Sprukts, 2001-2002 7 7 6 13

Mathieu Benoit, 1998-1999 6 12 7 19

Vladimir Kuznetsov, 2016-2017 6 10 3 13

Thomas Beauregard, 2005-2006 6 9 3 12

Jeffrey Viel, 2017-2018 6 9 2 11

Thomas Beauregard, 2006-2007 6 9 2 11

Thomas Beauregard, 2006-2007 6 8 7 15

Gabriel Lévesque, 2010-2011 6 8 3 11

Taylor Lambke, 2008-2009 6 8 3 11

Spencer Jezegou, 2008-2009 6 7 8 15

Concession du Titan Pj B A Pts

Mario Lemieux, 1983-1984 15 29 22 51

Michael Bossy, 1976-1977 14 26 6 32

Gilles Hamel, 1978-1979 12 16 14 30

Michel Mongeau, 1985-1986 11 17 16 33

Mathieu Benoit, 1999-2000 11 17 5 22

Thomas Beauregard, 2006-2007 11 16 12 28

Yannick Dubé, 1993-1994 19 19 15 34

Glenn Currie, 1977-1978 10 18 14 32

LHJMQ Pj B A Pts

Pierre Larouche, Sorel, 1973-1974 27 52 76 128

Guy Rouleau, Hull, 1985-1986 19 40 31 71

Yanic Perreault, Trois-Rivières, 1990-1991 19 33 33 66

Claude St-Sauveur, Sherbrooke, 1970-1971 18 25 21 46

Michel Déziel, Sorel, 1973-1974 17 31 46 77

Jean Savard, Québec, 1976-1977 16 32 23 55

Jacques Cossette, Sorel, 1973-1974 16 27 13 40

Claude Savoie, Victoriaville, 1992-1993 15 33 14 47

Luc Simard, Trois-Rivières, 1969-1970 15 30 18 48

Mario Lemieux, Laval, 1983-1984 15 29 22 51

Joueurs du Nouveau-Brunswick Pj B A Pts

Yvon Vautour, Laval, 1973-1974 8 11 7 18

Andrew McKim, Hull, 1989-1990 7 13 9 22

Sidney Veysey, Sherbrooke, 1973-1974 7 8 6 14

Ryan Tesink, Blainville-Boisbriand, 2012-2013 7 7 3 10

Everett Sanipass, Granby, 1986-1987 6 15 6 21

Sidney Veysey, Sherbrooke, 1974-1975 6 12 10 22

Sean Couturier, Drummondville, 2010-2011 6 10 1 11

Mathieu Melanson, Québec, 2005-2006 6 8 4 12

Jean-Paul LeBlanc, Chicoutimi, 1974-1975 6 7 5 12

Yvon Vautour, Laval, 1973-1974 6 6 4 10