John Nadeau: les fils suivent les traces du paternel

Vous avez tous déjà entendu le proverbe «tel père, tel fils». Chez John Nadeau, il faut toutefois dire «tel père, tels fils» en ajoutant un «s» à «tel». À l’instar du paternel, les fistons Joshua et Bradly sont bien partis pour vivre une longue et spectaculaire aventure dans le hockey.

Joshua, l’aîné à 15 ans, vient d’être sélectionné au sein d’Équipe Nouveau-Brunswick en vue des Jeux d’hiver du Canada. Réputé pour ses qualités offensives, il occupe de plus le huitième rang des meilleurs pointeurs de Ligue midget AAA du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard avec une récolte de 22 points (11-11) en 15 rencontres. Le même rang qu’il a occupé lors de sa dernière saison bantam avec les Bulls du Nord-Ouest, alors qu’il avait terminé la campagne avec un total de 30 points (16-14) en 27 duels.

Bradly, le cadet, connaît des débuts étincelants avec ces mêmes Bulls malgré ses 13 printemps. En 11 parties, il a déjà accumulé 16 points (8-8) et se retrouve au sixième rang des meilleurs pointeurs.

Bien qu’un tantinet mal à l’aise de vanter ses fils, John Nadeau a néanmoins fini par accepter de jouer le jeu.

D’entrée de jeu, il soutient que ses deux rejetons ont un plus grand potentiel que lui.

«Je n’ai vraiment pas le talent que mes fils ont. Ils ont une excellente vision du jeu et ils ont de bien meilleures mains. Même s’ils sont pareils au niveau des habiletés et de la vitesse, c’est assez difficile de les comparer l’un à l’autre parce qu’ils n’ont pas eu le même cheminement. Joshua, par exemple, a joué une saison dans le bantam AAA mineur avant de faire le saut dans le bantam AAA majeur. Bradly, lui, a fait le saut direct dans le majeur. Il faut dire qu’il est un peu plus grand et un peu plus costaud que ne l’était Joshua au même âge», affirme Nadeau.

Effectivement, il est bon de savoir que les Nadeau ne sont pas des géants. Joshua, par exemple, fait actuellement osciller le pèse-personne à 125 livres du haut de ses 5 pieds 5 pouces.

«C’est vrai que Joshua n’est pas gros, mais il a quand même été chercher pas loin de 25 livres cet été. Il est tellement sérieux à l’entraînement. En fait, de la façon dont il s’entraîne, je ne serais pas surpris du tout qu’il pèse aux environs de 150 livres d’ici la saison prochaine. Il devrait aussi grandir un peu et approcher les 5 pieds 7 ou 8 pouces», indique le très fier papa.

Même qu’il ne voit que du positif quant au fait que ses fils ont toujours été parmi les moins costauds.

«Même s’ils ne sont pas gros et fort comme les autres, ils ont néanmoins appris à se protéger et à protéger la rondelle. Et à mes yeux, ça leur donne un avantage. Ils ont développé des habiletés que les autres n’ont pas. Si tu regardes jouer un joueur de petite stature comme Johnny Gaudreau, par exemple, c’est justement ce qui fait qu’il parvient à affronter des géants comme Zdeno Chara. Gaudreau est tellement habile que les plus gros ne sont pas capables de le toucher. De toute façon, dans le hockey d’aujourd’hui, le jeu est davantage axée sur la vitesse que sur les contacts», dit-il.

Comme il est encore bien tôt avant de spéculer sur Bradly, John Nadeau a bien voulu nous parler des chances de son plus vieux d’accéder un jour à la LHJMQ.

«Je ne suis pas le genre qui aime vanter son enfant, mais je crois sincèrement que Joshua a les qualités nécessaires pour atteindre le junior majeur. S’il peut éviter les blessures, il va y arriver j’en suis convaincu. C’est un jeune qui a beaucoup de détermination. Joshua, quand bien même que l’autre équipe domine 10 à 0, il n’arrêtera pas. Il n’arrête jamais. Joshua a compris très jeune que dans la vie tu dois travailler pour obtenir ce que tu veux. Il sait que si tu abandonnes une fois, tu vas toujours abandonner ensuite», révèle-t-il.

«Je crois aussi que les recruteurs, au-delà des victoires et des défaites, attachent beaucoup d’importance sur ce que le jeune est capable d’apporter à une équipe. Est-ce qu’il est le genre à baisser les bras quand l’équipe ne gagne pas? La détermination d’un enfant et son langage corporel sont deux aspects que les recruteurs regardent selon moi. Les recruteurs aiment les jeunes qui, lorsque son équipe va moins bien, va relever la tête au lieu de la baisser», raconte Nadeau.

Ce dernier est également fier d’avoir pu enseigner à ses deux fils l’importance du jeu en équipe.

«Dès l’initiation, j’ai fait en sorte qu’ils réalisent que les passes étaient aussi importantes que les buts. On ne devrait pas montrer à un enfant à faire des buts dès qu’il fait ses premiers pas sur la glace. Il faut d’abord apprendre à faire bouger la rondelle. C’est beau les buts pour pépère, mémère pis ma tante, mais comment tu veux gagner des parties si les gars ne savent pas comment faire une passe? Mes gars ont appris qu’un but était marqué grâce à une passe. Ils ont aussi appris que c’est le joueur qui est le mieux placé qui doit avoir la rondelle. C’est pourquoi lorsque l’option est de passer la rondelle, même s’ils sont à un but de réussir un tour du chapeau, ils vont faire la passe. C’est comme ça que le hockey doit se jouer. Et une fois qu’un jeune sait jouer au hockey, la partie est pas mal plus simple. En passant, je trouve dommage qu’on récompense toujours le marqueur au détriment du passeur. C’est pour moi une contradiction», ajoute John Nadeau.

Il n’a pas tort.