Un attaquant du Titan a vu la mort de près

L’attaquant Charles-André Cypihot, du Titan d’Acadie-Bathurst, a vu la mort de près lorsqu’il a percuté de plein fouet une camionnette avec sa voiture, lundi matin, sur la route 11 reliant Bathurst à Miramichi. Heureusement, le jeune Montréalais a joué de chance et il s’en est tiré avec une bonne frousse, une légère commotion cérébrale et des ecchymoses au pied gauche.

Cypihot, qui faisait quotidiennement l’aller-retour Miramichi-Bathurst pour les entraînements et les matchs de l’équipe depuis son rappel permanent la semaine dernière, se dirigeait alors vers le Carrefour Beausoleil, où il poursuit ses études jusqu’à son déménagement complet à Bathurst après Noël.

En raison de la mauvaise température qui sévissait dans le Nord, dimanche soir, à la suite du match contre les Huskies de Rouyn-Noranda, Cypihot avait accepté l’offre de l’organisation qui lui a offert le gîte pour la nuit. C’est en retournant à sa pension de Miramichi, lundi matin, que l’accident a eu lieu.

«J’étais à environ 10 km du pont (Centenaire) quand c’est arrivé. L’autoroute était seulement déblayée au milieu, c’était glissant et tout le monde roulait vers le centre. Je roulais à environ 90 km/h et ma voiture (Toyota Corolla 1999) s’est mise à déraper en touchant une plaque de glace. Quand j’ai vu le camion (Ford F-150) devant moi, j’ai paniqué et j’ai fermé les yeux. Le camion roulait pas mal la même vitesse que moi», raconte le grand ailier gauche de 6 pieds 5 pouces et 208 livres.

«Sur l’impact, tous les coussins gonflables se sont déployés et ç’a fait en sorte que je ne voyais plus rien dans l’auto. Cela dit, sans les coussins gonflables, ma tête aurait frappé le volant et ça aurait été nettement moins drôle. De ce que j’ai pu comprendre, en me frappant le camion m’a plutôt fait dévier vers le fossé. Tout ça s’est passé très vite. C’est finalement la neige qui a arrêté l’auto et l’a empêchée d’aller frapper les arbres qui se trouvaient à environ 100 mètres du chemin. Comme il commençait à y avoir pas mal de fumée dans l’auto, j’ai alors tenté de sortir, mais les quatre portes étaient bloquées. Comme je craignais que la voiture prenne feu, je me suis mis à frapper dans les portes avec mes pieds et c’est finalement celle à l’arrière du côté du passager qui s’est ouverte en premier. C’est d’ailleurs en donnant ces coups que je me suis blessé au pied. Rien de trop grave. J’ai un gros bleu sur mon pied gauche», révèle Cypihot, qui célébrera son 18e anniversaire de naissance le 15 décembre.

Ce n’est qu’une fois sorti du véhicule et réalisant qu’il n’était plus en situation de danger qu’il a vraiment réalisé à quel point il venait de jouer de chance.

«J’ai vraiment été chanceux. Mon auto était complètement scrap. Il y avait des pièces partout sur la route et dans le champ. Ma voiture avait aussi bien dire explosé. C’est comme si ma voiture était un Lego et qu’elle avait frappé un mur de brique», indique-t-il.

Tout en réalisant sa chance dans sa malchance, il a le réflexe d’appeler son père André afin de lui raconter ce qui venait d’arriver.

«Je ne voulais pas que ma famille apprenne ça de quelqu’un d’autre avec un minimum d’information. Je tenais à ce qu’ils sachent que j’étais correct», mentionne-t-il.

Le numéro 32 du Titan a évidemment eu du mal à trouver le sommeil depuis. D’abord parce qu’il souffre de maux de tête, mais aussi en raison du traumatisme de l’accident. Difficile de tomber dans les bras de Morphée quand tu as sans cesse les images de ta mésaventure en tête.

«Je ne fais que penser à ça, dit celui qui montre un dossier de deux buts et une passe en sept parties. Ça vraiment fessé fort. C’est la première fois que je suis victime d’un accident et ça arrive très rapidement. Quand les coussins d’air sont sortis, je ne voyais plus rien et je n’avais aucune idée où la voiture s’en allait. J’aurais pu aussi bien me faire frapper par une autre voiture.»

«Charles-André a été très chanceux.
J’ai vu la voiture et c’est une perte totale»

Charles-André Cypihot en sera finalement quitte pour un repos d’au moins une semaine, peut-être deux.

Bien qu’il demeure un cas douteux, il y a des chances pour qu’il soit en mesure de disputer les deux derniers matchs avant la pause de Noël, alors que les Screaming Eagles du Cap-Breton (14 décembre) et les Wildcats de Moncton (15) seront les visiteurs au Centre régional K.-C.-Irving.

«Nous suivons actuellement le protocole des commotions cérébrales, confie le directeur général Sylvain Couturier. Charles-André a été très chanceux. J’ai vu la voiture et c’est une perte totale.»

Couturier n’en revient d’ailleurs pas de la malchance qui frappe son équipe depuis le début de la saison, particulièrement ses attaquants.

«C’est incroyable comment nous courons après les blessures, dit-il. Autant nous avons eu peu de blessés la saison dernière, autant nous avons toujours de trois à quatre gars à l’infirmerie cette saison.»

Outre Cypihot, rappelons que la saison de Logan Chisholm est terminée et que Kristian Kovacik et Alexandre David soignent pour leur part une commotion cérébrale.

«David ne jouera pas en fin de semaine, mais Kovacik pourra disputer un match. Dans son cas, le retour sera progressif. Nous devrons rappeler au moins un joueur pour les rencontres du week-end. Une décision sera prise demain (mercredi)», ajoute Couturier.