60 ans plus tard, une exposition à la hauteur du combat Yvon Durelle-Archie Moore

Il y aura exactement 60 ans, lundi, qu’Yvon Durelle livrait son mythique combat au Forum de Montréal face au champion mondial des mi-lourds Archie Moore. Ce soir-là, pour la première fois de histoire, l’Acadie avait enfin un héros sportif à idolâtrer et les 60 dernières années n’ont fait que cimenter encore plus son statut de légende.

Parce que le Musée acadien de l’Université de Moncton a le sentiment que la rétrospective soulignant les 50 ans aurait pu être nettement mieux en 2008, une nouvelle exposition, beaucoup plus complète, sera en montre à compter de lundi, à la suite du vernissage prévu à 17h.

Le titre de l’exposition, «Yvon Durelle – Le combat du 10 décembre 1958: avant, durant et après», résume parfaitement ce que les visiteurs auront l’occasion de voir cette fois-ci.

«Comme nous l’avions préparé en peu de temps, nous étions plus ou moins satisfaits de l’exposition des 50 ans qui se trouvait dans le hall d’entrée du Musée, affirme le conservateur invité Robert Richard. L’organisation d’une exposition demande normalement près de deux ans de travail et c’est pratiquement le temps que nous avons mis cette fois-ci. Pour nous, c’est un peu l’occasion de corriger le tir même si l’exposition de 2008 était quand même quelque chose de bien.»

Dans une salle d’environ 1260 pieds carrés, les visiteurs auront droit à une douzaine de panneaux offrant de multiples éléments du combat, plusieurs vitrines comprenant des oeuvres d’art, une table sur laquelle vont reposer plusieurs autres, un poste d’écoute audiovisuel et trois postes d’écoute audio.

L’exposition «Yvon Durelle – Le combat du 10 décembre 1958: avant, durant et après» sera en montre du 10 décembre au 20 avril au Musée acadien de l’Université de Moncton. Les travaux entourant l’exposition sont d’ailleurs bien entamés. – Gracieuseté: Robert Richard

Selon Robert Richard, une telle exposition aurait même été impossible il y a 10 ans parce que plusieurs éléments n’ont été trouvés qu’au cours des dernières années.

«Ça débute sur le premier panneau avec la signature du contrat du combat et ça se termine dans le dernier panneau avec la signature du combat revanche. Les panneaux sont parsemés de textes bilingues et de photos. Les visiteurs pourront entre autres découvrir des moments moins connus entourant le combat du 10 décembre 1958», explique Robert Richard.

«Dans les vitrines, les gens pourront aussi voir trois sculptures d’art naïf qui nous ont été prêtées par un collectionneur et admirateur d’Yvon Durelle. Il y en a beaucoup pour les yeux», dit-il.

«C’était important pour nous de présenter une nouvelle exposition ne serait-ce que pour les gens qui étaient vivants à cette époque et qui ont déjà une certaine idée du combat. Nous voulons ainsi leur donner la chance de renouveler leurs souvenirs et de revivre ce grand moment qui a autant marqué l’Acadie que l’élection de Louis Robichaud en 1960. Ce combat a d’ailleurs été l’un des premiers événements présentés au petit écran à travers l’Amérique du Nord et qui mettait en vedette un Acadien», révèle Robert Richard «L’exposition a été pensée en fonction de cette génération, y compris ceux et celles qui ont une mobilité réduite. C’est important pour nous que tous les gens puissent goûter en totalité à l’exposition», ajoute Robert Richard.

À noter que les enfants de l’école régionale de Baie-Sainte-Anne, d’où était originaire le célèbre boxeur, ont également été mis à contribution. Les élèves ont créé des dessins et des objets d’art et les plus beaux seront en montre pendant l’exposition.

Reconnu dans le milieu de la boxe comme étant le Fighting Fisherman (le boxeur qui venait de la mer), Yvon Durelle a livré 115 combats au cours de sa carrière de 1948 à 1965. Il a remporté 88 de ces combats, dont 49 par knockout. Lors du combat du 10 décembre, Durelle avait causé la surprise en envoyant son opposant trois fois au tapis dès la première ronde.

L’exposition, qui sera en salle jusqu’au 20 avril, a obtenu l’appui du gouvernement du Nouveau-Brunswick, de la Ville de Moncton et du programme Jeunesse Canada au travail dans les établissements du patrimoine.

Si jamais la température fait des siennes, le vernissage sera remis au mardi 11 décembre, toujours à 17h.