Quelle est la meilleure équipe: les Alpines ou les nouveaux Marchands?

Il risque d’y avoir pas mal de monde au Centre Rhéal-Cormier, vendredi soir. D’abord parce que les Marchands de Shippagan accueillent les Alpines de Tracadie. Et aussi, n’en déplaise aux partisans des Acadiens de Caraquet, parce qu’ils sont nombreux pour croire que ce match opposera les deux meilleures formations de la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur.

Il est vrai que les récentes additions des frères Bezeau, Billy et Tommy, sans compter le retour en santé de Charles Bergeron, ont passablement transformé le portrait des Marchands de Shippagan (4-2-0, 8 pts). Ce n’est pas du tout le même club qu’il a affronté en lever de rideau, le 28 octobre, que les Alpines (7-0-0, 14 pts) vont retrouver dans quelques heures. D’autant plus que le gardien Guillaume Chiasson manquait aussi à l’appel lors de ce premier duel remporté 5 à 2 par les Alpines.

En fait, les changements opérés chez les Marchands font croire à plusieurs qu’ils sont désormais les véritables favoris pour rafler le championnat des séries éliminatoires. Pourtant, si vous posez la question aux entraîneurs des deux clubs concernés, il ne fait aucun doute que les Alpines demeurent l’équipe à battre.

Même qu’Edgar Mallais a semblé un brin irrité lorsque la question lui a été posée, vendredi matin.

«Nous sommes les champions en titre, nous n’avons pas encore perdu et nous sommes donc les favoris», s’est exclamé le pilote des Alpines.

«C’est vrai que Billy, Tommy et Charles sont de bons joueurs, mais nous avons nous aussi des bons joueurs», affirme Mallais.

Le joueur-entraîneur des Marchands Samuel Paquet partage le même avis que son vis-à-vis.

«Edgar a entièrement raison, dit-il. Les Alpines sont l’équipe de l’heure. Ils n’ont pas encore perdu et ce sont eux les meilleurs. Ce sont eux les grands favoris.»

«Nous, de notre côté, nous n’avons encore rien gagné. Et les Acadiens de Caraquet sont aussi une excellente équipe. Billy, Tommy et Charles sont seulement des pièces du puzzle», continue Paquet qui, visiblement, ne veut rien savoir du statut d’équipe à battre.

Les deux entraîneurs sont également d’accord pour dire que le match de vendredi soir va surtout permettre aux deux clubs de voir où ils en sont rendus dans leur cheminement.

Du côté des Alpines, Mallais va même jusqu’à dire que la fiche de son équipe est quelque peu trompeuse.

«Je ne trouve pas que nous jouons si bien que ça, tant en défensive qu’à l’attaque, confie-t-il. Si nous sommes capables d’accorder quatre buts aux Ice Dogs de Néguac dans un match, combien crois-tu que nous pouvons en donner à des clubs comme les Marchands ou les Acadiens?»

«Nous donnons trop de revirements. Et à l’attaque, nous ratons beaucoup trop de chances. Oui nous n’avons pas encore perdu, mais je suis loin d’être satisfait. L’équipe peut jouer nettement mieux que ça. Il y a plusieurs choses que nous devons améliorer. Moi, les fiches personnelles ça ne me dit rien. Ce que je veux de mes gars, c’est qu’ils soient prêts à échanger tous leurs points pour une victoire. C’est en équipe qu’on gagne un championnat», révèle Mallais.

«Ça va définitivement être un bon test pour les gars, soutient pour sa part Paquet. C’est vrai que nous n’avons pas le même club qu’en début de saison, mais les Alpines sont restés les mêmes et ça demeure encore une force. Pour nous, ce match est une belle opportunité de voir où nous en sommes dans notre progression. Ça devrait donner un très bon match avec beaucoup d’émotion.»

«Les Alpines vont venir ici avec l’idée de garder leur fiche parfaite. C’est clair qu’ils ne se présenteront pas à Shippagan pour venir jouer les touristes. Tous les gars de l’équipe sont conscients du club que nous allons affronter. Et je peux te dire que les gars ont tous hâte de jouer cette partie. Ça adonne aussi que nous n’avons joué qu’un match au cours des trois dernières semaines», indique Samuel Paquet.

Les Marchands ont effectivement été peu occupés depuis leur victoire de 5 à 2 face aux Acadiens de Caraquet le 17 novembre dernier. Leur seule partie depuis aura été contre les Ice Dogs qu’ils ont défaits par la marque de 7 à 1, vendredi dernier, au Sportplex.

«En tout cas, si nous voulons que ça continue à bien aller, il va falloir élever notre jeu d’un cran, prévient Edgar Mallais. Il faudra mettre de la pression sur leurs défenseurs. Nous devons faire en sorte de diminuer leur temps de possession avec la rondelle.»

Les Alpines pourront compter sur le retour au jeu de l’attaquant Jesse Mallais, qui est remis d’une commotion cérébrale encaissée à la suite d’un accident de la route il y a trois semaines. Ils devront toutefois se débrouiller sans les défenseurs Sébastien Hébert et Ulysse Brideau. Du côté des Marchands, Charles Bergeron doit se faire retirer sous peu une pièce de métal dans l’un de ses pieds. Il devrait toutefois être de retour avant le début de la nouvelle année.

Notons que les Marchands seront également à Baie-Sainte-Anne, dimanche après-midi, pour se mesurer aux Navigateurs (2-5-0, 4 pts). Dans les autres parties à l’affiche en fin de semaine, les Acadiens (5-3-0, 10 pts) accueillent les Navigateurs, vendredi, alors que les Ice Dogs (0-8-0, 0 pt) seront les visiteurs, dimanche, à Tracadie.

En bref… Voici aussi ce qu’avait à dire Edgar Mallais au sujet de l’ajout des frères Bezeau et Charles Bergeron dans le camp des Marchands. «Par leur présence, les autres joueurs des Marchands se retrouvent soudainement un peu plus grands et un peu plus gros. Ils sont aussi un peu plus baveux. L’impact des Bezeau et de Bergeron chez les Marchands est le même que peut avoir des gars comme Kevin Landry et Daniel Basque pour nous», souligne-t-il… Lorsqu’on demande à Samuel Paquet de résumer le système de jeu des Marchands, ce dernier répond: «Notre système consiste à pratiquer un échec-avant constant, à bien sortir la rondelle de notre territoire et à être dangereux en avantage numérique. Et je peux te dire que les Bezeau étaient heureux d’embarquer tout de suite dans notre système. C’est sans compter qu’ils apportent à la fois leur talent et du chien sur la glace»… Selon Samuel Paquet, Carl Roussel est l’un des joueurs qui cognent le plus dur dans la LHSAC. «Quand Carl met l’épaule dans le coffre (poitrine) d’un adversaire, l’autre gars s’en ressent tout de suite», assure le joueur-entraîneur des Marchands… Le vétéran Yan Rail, des Acadiens, domine la colonne des pointeurs avec 20 points, dont 14 mentions d’aide en seulement huit rencontres. Rappelons qu’il est en quête d’un deuxième titre des pointeurs consécutif… Ce qui est plutôt rare dans le hockey senior, c’est le défenseur Kevin Landry, des Alpines, qui domine les buteurs avec sept réussites en six duels… Les rumeurs vont bon train à l’effet que les Marchands ajouteraient sous peu l’attaquant Pier-Paul Landry à leur alignement. Il s’agirait d’une autre grosse acquisition pour les Marchands. On parle ici d’un joueur en mesure d’évoluer au sein des deux premiers trios…