Les coups de coeur de… Réal Fradette

Mes coups de coeur? Hmm… Difficile… Il y en a tellement eu cette année. Hockey, ringuette, course à pied, Jeux de l’Acadie, etc.; les belles histoires humaines se sont multipliées en 2018. Chacune met en relief le caractère, la persévérance, la résilience et le succès. Un bilan personnel rempli de grands moments d’équipe et individuels.

Comment passer à côté du Titan d’Acadie-Bathurst? Non seulement parce qu’il a remporté la coupe du Président et aussi la coupe Memorial. Parce qu’il a plutôt redonné vie à une communauté qui l’a vécu à la dure depuis une dizaine d’années.

Il fallait voir la foule vibrer au diapason de cette équipe pendant les séries éliminatoires et vivre, non sans verser quelques larmes, les dernières secondes d’un championnat qu’on attendait depuis si longtemps.

C’est inoubliable.

Tant qu’à parler d’équipe, parlons aussi du Blizzard d’Edmundston. À leur première saison dans le Nord-Ouest, les anciens Commandos de Dieppe ont tout raflé sur leur passage, à commencer par le coeur de leurs nouveaux partisans.

Ils ont rempli le Centre Jean-Daigle pendant la saison et les séries. Ils ont accompagné leurs champions dans les rues de la ville. Ils ont donné raison à ceux qui pouvaient croire que le hockey des Maritimes aurait peut-être de la difficulté à vivre dans cette région.

En fait, il vit si bien qu’une deuxième formation est apparue dans le portrait: les Rapides de Grand-Sault, issues du déménagement des Slammers de Woodstock.

Mention spéciale à une autre équipe qui a fait mouche cette année: l’Attack de l’Atlantique. Ses performances spectaculaires répétées a mené la formation au championnat de la Ligue nationale de ringuette.

À tous les coureurs, je lève mon chapeau. Patty Blanchard, Geneviève Lalonde, Daniel LeGresley, Carol-Ann MacDonald et compagnie ont multiplié les exploits sur les pistes du monde entier.

Parfois sur l’ovale, parfois en terrain difficile, parfois pendant des heures et des heures, parfois même contre un orignal (hein, Paul Gallant?), vous avez repoussé vos limites à des niveaux encore inconnus. Records canadiens ou personnels vous attendaient au fil d’arrivée. Ainsi que mon admiration sans borne.

Des fois, se relever est encore plus important que tomber. Prenons l’exemple de Judyanne Bernier, hockeyeuse des Aigles Bleues de l’Université de Moncton.

Les commotions cérébrales – quel fléau… – ont finalement eu raison de la jeune attaquante. Perte de mémoire, difficulté de concentration, vision trouble sont aujourd’hui son malheureux quotidien.

Faire le deuil de son sport, ça fait mal. Ça fait mal longtemps. J’en sais quelque chose. Ça nous rappelle aussi que la santé est plus importante que le sport. On l’oublie parfois… Bonne chance Judyanne.

Autre coup de coeur un peu plus personnel: Yves Arsenault. On se connaît depuis plusieurs années. Il était chef de mission de la Péninsule acadienne en 2014, quand l’équipe féminine de volleyball – dont faisait partie ma fille – a surpris en enlevant la bannière contre les puissantes joueuses de Chaleur en finale.

Arsenault a récemment accepté la présidence de la Société des Jeux de l’Acadie, qui s’apprête à organiser sa 40e finale dans le Nord-Ouest en 2019. J’aime croire que cette organisation est entre de très bonnes mains.

Parmi mes entrevues, deux ont retenu mon attention: Bianca Tardif, en balle molle, et Valérie Haché, en hockey féminin.

Bianca a été désignée entraîneure de l’année par Softball Nouveau-Brunswick. C’est beau de voir un tel talent sur le losange continuer sa mission auprès des plus jeunes. Il s’agit certes d’un exemple accessible pour plusieurs filles de la province, peu importe le sport qu’elles pratiquent.

Donner aux autres ce que l’on a reçu: en plein ce que la jeune femme nous a appris.

Valérie? Il faut du courage pour quitter sa Péninsule acadienne à 15 ans et aller jouer au hockey aux États-Unis, dans un environnement entièrement anglophone d’une école au régime quasi militaire.

Mais parfois, il faut faire d’énormes sacrifices pour atteindre son rêve. De ce côté, ce que Valérie nous montre, c’est la force d’une combattante prête à tout pour vivre sa passion.

Un dernier coup de coeur pour la route? Il se nomme Euclide Blanchard et, à 60 ans, il joue encore au ballon sur glace. Bravo! Le sport n’a pas d’âge.