Dino Masanotti, miraculé et source d’inspiration des Aigles Bleus

Le 9 février 2016, Dino Masanotti est mort deux fois. L’ancien entraîneur-chef du Titan d’Acadie-Bathurst disputait un match entre amis à l’aréna Jacques-Lemaire à LaSalle, au Québec. Il a subi un infarctus. Les médecins ont réussi à le ranimer deux fois, mais il est tombé dans le coma. On voulait le débrancher, mais son épouse et son fils ont refusé. Il s’est réveillé le 19 février. Il a dû réapprendre à manger, à marcher, à vivre, quoi. C’est ce puissant témoignage qu’il est venu livrer aux joueurs des Aigles Bleus de l’Université de Moncton samedi.

L’entraîneur-chef Judes Vallée a connu Dino Masanotti alors que les deux hommes dirigeaient le Phoenix de Sherbrooke au début de son aventure dans la LHJMQ (en 2012).

Ils ont toujours gardé contact depuis.

«Il m’avait dit l’an passé qu’il aimerait venir parler aux gars. Pour lui, c’est super important parce que c’est une belle motivation», raconte Vallée.

«Ça l’oblige à travailler sur sa santé et à se battre quotidiennement. Après ce qu’il a traversé, il y a beaucoup de monde qui aurait abandonné. Lui, il a décidé de se battre. C’est un très bel exemple pour nos gars. Je sais que les gars ont apprécié. Il a fait ça simplement et les joueurs ont trouvé ça touchant. Ce fut une très belle rencontre pour notre gang.»

Dino Masanotti a livré son témoignage la saison dernière aux joueurs du Titan d’Acadie-Bathurst. Le capitaine Jeffrey Viel a affirmé qu’il s’agissait pour ses coéquipiers et lui du tournant d’une saison qui s’est terminée avec la conquête de la coupe Memorial.

Cette fois, c’était au tour des Aigles Bleus d’entendre l’histoire de Masanotti.

Son témoignage a frappé les patineurs du Bleu et Or droit au coeur, affirme l’entraîneur.

«On aurait pu entendre voler une mouche dans le vestiaire. Les gars se sont vraiment intéressés à son histoire. On parle d’un gars qui est pratiquement mort deux fois et qui a été ranimé. Il est tombé dans le coma et les médecins voulaient le débrancher. Mais sa famille a dit non et il s’est réveillé quelques jours après. Il a dû réapprendre plein de choses. C’est toute une histoire de persévérance», souligne-t-il.

«Les gars ont réalisé qu’il peut leur arriver n’importe quoi demain matin. Le message est: profite de ce que tu as. C’est aussi de prendre conscience de l’importance des petits gestes au quotidien. C’est un peu notre but. On est aussi là pour former ces jeunes-là, en faire de meilleures personnes. Je pense que Dino a participé à tout ça.»

Le capitaine Thierry Comtois se considère chanceux d’avoir eu droit à un témoignage aussi poignant.

«C’est un gars qui a tout un vécu et une histoire assez impressionnante. C’est bien beau d’être forts et persévérants, mais quand on est tout seul, c’est vraiment difficile de passer à travers des épreuves comme ça.  Les gens qui l’ont entouré, c’est vraiment ça qui lui a permis de passer à travers toutes ces épreuves. »

Selon lui, les mots de Dino Masanotti ont eu tout un impact sur les joueurs.

«Pour nous, c’est un message qui est très puissant. Quand on parle de l’entourage et de l’importance des gens qu’il y a autour de nous, c’est quelque chose de primordial pour  une équipe de hockey. Je pense que son témoignage va rapprocher les gars. C’est maintenant à nous de bien faire les choses.»

Le défenseur Justin Guénette parlait aussi d’une bonne dose d’inspiration et d’émotions.

«Ce qu’il nous a dit était vraiment touchant. Il va être le bienvenu dans notre chambre et à l’Université de Moncton n’importe quand», affirme le joueur québécois.

«On a réalisé que le moment présent est très important. Des fois, chialer, ça devient facile. C’est facile de mettre la faute sur quelqu’un d’autre, que ce soit sur la glace ou à l’extérieur. On doit savourer chaque moment qu’on a dans le hockey et dans nos études. On est très chanceux ici à l’U de M. Dino nous a fait réaliser bien des choses», souligne-t-il.

«J’ai joué le match de samedi pour lui. J’aurais voulu lui dire avant la partie. On n’a pas connu notre meilleur match, mais on a gagné (une victoire de 3 à 0 contre les Tigers de l’Université Dalhousie) et c’est ça l’important.»