Une fracture met fin à la saison et peut-être à la carrière de la capitaine de l’Attack

Joëlle Proulx mange de la ringuette depuis qu’elle est haute comme trois pommes. La capitaine de l’Attack de l’Atlantique se sent comme chez elle quand elle entre dans le vestiaire de son équipe. Elle va pratiquer le sport qui la passionne avec des amies qui sont comme des soeurs pour elle. Le bonheur total quoi! Mais le 13 janvier, sa vie a complètement basculé. Une vilaine chute lors d’un match contre le Mission de Montréal a remis en question non pas seulement sa saison, mais le reste de sa carrière.

Ce bête accident a laissé l’athlète âgée de 27 ans avec la jambe droite fracturée à deux endroits.

La douleur, la colère, la frustration, la tristesse, l’anxiété, la rage, tout y est passé.

«Honnêtement, c’était juste un accident. J’ai perdu l’équilibre et je suis tombé dans la bande les patins en premier. Aussitôt qu’il y a eu le contact avec la bande, je savais qu’il y avait quelque chose qui n’était pas normal», raconte-t-elle.

«J’ai été chanceuse que l’équipe de Montréal avait un thérapeute sur le banc et que le père d’une des joueuses, un pompier à la Ville de Montréal, soit sur place. Je pense que mon expérience, malgré le mal que j’avais, aurait été bien pire.»

L’attente de 45 minutes avant de voir l’ambulance arriver semblait interminable.

«J’avais trop mal pour penser. J’essayais juste de ne pas penser au pire…»

Joëlle Proulx a aussi eu la chance d’avoir la compagnie de sa bonne amie Josée Doiron, qui ne jouait pas à cause d’une blessure.

«Josée est venue avec moi en ambulance et elle a aussi passé le reste de la journée avec moi. Ça m’a beaucoup aidé», affirme celle qui travaille pour Services correctionnels Canada dans la vie de tous les jours.

Après une batterie d’examens et une attente interminable, le verdict est tombé.

«Les résultats n’étaient pas ce que j’espérais. Ma jambe était fracturée à deux endroits. On m’a donné pas mal de médicaments pour la douleur et un plâtre sur la longueur de ma jambe», explique la joueuse originaire de Dieppe.

À peine sortie de la salle d’opération, Joëlle Proulx était déjà sur son téléphone pour assister au dernier match de l’Attack en sol québécois.

«J’ai pu voir les tirs de barrage et assister au but gagnant de ma soeur Miguelle (une victoire de 7 à 6). Ce moment a été très spécial pour moi. Après ça, je suis revenu à la maison avec mon père et quelques coéquipières. Le plus long 10 heures de ma vie.»

Pour elle, c’est une longue période de convalescence qui débutait.

«Je pense que la réalité ne m’a pas encore vraiment frappée. La première semaine a été quand même très difficile, avec le manque de travail, beaucoup de douleur, d’émotions et de frustration. Mais je dois dire que j’ai beaucoup de support de toute ma famille, mon chum, mes amies et mes coéquipières», raconte celle qui joue avec l’Attack depuis 2011.

«J’ai aussi reçu plein de messages, de textes et de commentaires qui sont très touchants. J’apprécie tellement tout ça.»

Le numéro 22 connaissait une bonne saison, avec un dossier de 11-22=33 en 12 rencontres.

Joëlle Proulx sait que la route sera longue.

La bonne nouvelle, c’est qu’elle ne devrait garder aucune séquelle de cet accident.

Mais un retour au jeu, ça, c’est une tout autre histoire.

«C’est sûr que j’aimerais rejouer. La ringuette a toujours été une grosse partie de ma vie. L’équipe est comme ma famille. Je ne suis pas certaine ce que je ferais sans elles», avoue la joueuse acadienne.

«Mais en même temps, je dois penser à mon futur, à mon travail. Une chose est certaine: je dois beaucoup à la ringuette. J’ai plein de beaux souvenirs et je ne regrette rien de toutes les expériences que j’ai vécues.»