Renversant, spectaculaire, le pole fitness impressionne

À mi-chemin entre la danse et l’acrobatie aérienne, les participantes au Championnat régional de pole fitness ont offert un spectacle de haute voltige samedi soir à Moncton.

Des participantes venues du Québec et des quatre provinces de l’Atlantique ont pris part à la compétition sur la scène du Théâtre l’Escaouette.

Le pole fitness consiste à réaliser des mouvements acrobatiques autour d’une barre métallique verticale, combinés à des éléments de danse au sol. Les plus expérimentées se hissent jusqu’à quatre mètres au-dessus du sol et osent des poses assez vertigineuses.

«C’est à la fois un sport et un art, qui permet aux athlètes de s’exprimer à leur façon», résume Justine Rickard, organisatrice et copropriétaire de The Studio – Aerial arts & fitness. Dans la catégorie du cerceau aérien, les compétitrices doivent enchaîner les figures en s’accrochant à un anneau suspendu au-dessus de la scène.

Tantôt dramatique, tantôt burlesque, tantôt sensuel, tantôt gracieux, chaque compétitrice a présenté un numéro très personnel.

Laurie Guerrette Arsenault, de Moncton, a imaginé une chorégraphie inspirée des rêves d’enfants. Une prestation virevoltante et surprenante de légèreté.

«À la fin du numéro, tu es épuisée, confie-t-elle. Tu as les muscles qui tremblent, tu te pousses jusqu’à la dernière seconde! Ça prend des mois pour en arriver là, il faut en passer par beaucoup de bleus et de blessures, ça ne se fait pas du jour au lendemain.»

Face à elle, quatre juges évaluaient la performance. Les concurrentes sont notées aussi bien sur l’exécution des figures, que sur la présentation, la chorégraphie ou la capacité à suivre le rythme de la musique. Les gagnants de chaque catégorie auront la chance de faire leurs preuves lors de la compétition nationale qui aura lieu les 1er et 2 juin à Toronto.

La discipline reste encore méconnue, et souvent associée au monde de la nuit et aux bars de danseuses, confirme Laurie Guerrette Arsenault. «C’est certain qu’il y a beaucoup de préjugés, quand je dis que je fais de la pole, j’ai droit à des rires et des sous-entendus. En réalité, c’est bien plus diversifié que ça.»

Défi physique et créativité

Après des années à pratiquer la danse, Jacinthe Gosselin s’est convertie au pole fitness avec le désir de repousser ses limites.

Exigeante, la discipline fait travailler absolument tous les muscles et sculpte le corps. Mélange de force, d’endurance, de grâce, d’équilibre et de souplesse… elle fait appel à toute une palette de qualités athlétiques.

«J’avais vu une professionnelle des arts aériens et je n’arrivais pas à croire qu’elle puisse faire tout ça, puis je me suis dit qu’elle avait dû commencer quelque part. Avec de la pratique, tu peux réussir à faire des choses extraordinaires que tu ne pensais jamais pouvoir réaliser.»

Parmi le jury se trouve Cait Anthony, qui compte 15 années d’expérience. Les arts aériens empruntent beaucoup aux arts du cirque et à la danse et laissent une grande place à la créativité, explique-t-elle. «Avant je faisais de la gymnastique mais j’ai arrêté car je trouvais ça trop limitant, la pole me permet d’exprimer plus de liberté artistique.»