Hockey sur étang: bonne humeur et retour en enfance!

Les tournois de hockey sur étang ont le pouvoir de permettre à des hommes et à des femmes de replonger subito presto dans leur enfance, à l’époque où le simple fait de patiner dehors en groupe était synonyme de liberté et de joie communicative.

Jeudi soir, au port de Caraquet, ça se voyait dans chacun des regards de chacune des équipes. Pour vous prouver le génie du duo glace et plein air, nous avons rencontré deux formations qui ont perdu leur premier duel.

La bonne humeur était au rendez-vous.

Commençons d’abord avec les Boat Builders, un groupe de six joyeux lurons qui travaillent chez Construction Navale Atlantique, une compagnie bien de chez nous qui nous construit depuis quelques années des bateaux de pêche qui sont de véritables oeuvres d’art. Le dernier en date, The Innovator, est d’ailleurs à couper le souffle.

Les Boat Builders, au Tournoi de hockey sur étang de Caraquet. – Gracieuseté: Louis Léger

Dennis Duguay est celui qui a eu la brillante idée de composer cette équipe avec la bénédiction du directeur général, Jean-Pierre Robichaud, qui s’est fait un plaisir d’acheter des chandails flambant neuf qui rendent hommage aux multiples bateaux fabriqués par la quarantaine d’employés de la compagnie.

«J’ai adoré mon match, affirme Dennis, dont le visage transpirait le bonheur. Ça m’a ramené de bons souvenirs quand j’étais petit et que nous allions jouer à la patinoire extérieure de Bois-Blanc. C’est d’ailleurs là que j’ai appris à patiner. Je dirais cependant que c’est encore mieux ici parce que nous sommes tous des boys de la compagnie.»

«J’avais accroché mes patins il y a sept ans et je suis revenu au jeu juste pour ce tournoi, révèle avec un sourire communicateur Bruce McLaughlin, le Yvan Cournoyer de l’équipe par son style axé sur la vitesse. J’ai adoré ma partie. Plus jeune, je jouais souvent sur des patinoires extérieures. J’ai toujours aimé jouer sur des patinoires dehors. J’ai joué partout, que ce soit Saint-Pons, à Tracadie, à Bois-Blanc, à Duguayville ou encore à Rivière-du-Portage.»

«Moi, je crois que ça faisait cinq ans que je n’avais pas joué au hockey, confie Guillaume Hall. J’ai l’impression que je vais avoir mal un peu partout demain matin. C’est le fun de jouer avec les boys et de voir les autres collègues de la shop qui sont venus nous encourager.»

«C’est une première pour tous les gars sur un étang, mentionne Dean Roussel. Personnellement, je n’avais pas joué au hockey depuis le midget B. J’ai adoré ma soirée, même si j’ai mal aux pieds et que je vais probablement avoir mal partout demain matin (vendredi).»

Rémi Légère, qui a appris à patiner sur une patinoire extérieure à Paquetville, avait du brillant dans les yeux tellement il a aimé l’expérience.

«Ça faisait 13 ans que je n’avais pas embarqué sur une glace. Je suis fier d’être ici. Nous sommes ici pour représenter notre shop et nous sommes contents», indique Rémi.

– Treize ans sans patiner? C’est pas un chiffre malchanceux le 13?, que je lui demande.

«Non, non. J’avais confiance. J’étais confiant», dit-il en riant.

Il finira finalement par avouer que les gars avaient eu un entraînement dans les derniers jours.

«Il fallait quand même que nous patinions une fois avant, câline!», lance-t-il en riant à nouveau.

Pour le plaisir, entre amis!

Tout près de là, les membres du personnel de l’UMCS de Shippagan avaient davantage l’air d’un club gagnant et ce n’était pourtant pas le cas.

L’Université de Moncton, campus de Shippagan, est de la partie à Caraquet! – Gracieuseté: Louis Légère

«Nous sommes juste ici pour le plaisir de faire une activité entre amis, signale Pierre Ferguson. À l’UMCS, nous aimons participer à des activités communautaires. Nous avions une équipe l’an dernier au tournoi de Tracadie et c’est année c’était au tour de Caraquet. Nous sommes tous des gars qui adorent le hockey, qui sommes conscients que jouer dehors fait du bien aux poumons et nous avons déjà hâte à notre prochain match.»

À ses côtés, j’apprends que j’ai affaire à Bruno Rousselle. Pour le taquiner, je lui demande: «Pas le Bruno Roussel?»

Bruno me répond aussitôt en riant: «Non, non, non. Je suis un autre Bruno Rousselle.»

Pour l’anecdote, Bruno Roussel était une grande vedette du hockey scolaire et senior à Shippagan pendant les années 1980 et 1990.

«Ça ma ramené pas mal à l’enfance, finit par avouer l’homonyme de l’ancienne gloire de Shippagan. Plus jeune, dans les années 1980, on jouait souvent au hockey dehors à Brantville, qu’il neigeait ou pas. Et ce soir, c’est pas mal ça que j’ai revécu. Nous aimions tellement jouer au hockey dehors que nos parents nous chicanaient pour nous faire entrer à la maison.»

– Je lui demande alors: «Dans ce temps-là, tu patinais les cheveux au vent comme Guy Lafleur?»

«Oui, mais maintenant je les cache», réplique dans un grand éclat de rire Bruno, qui n’a aujourd’hui plus un poil sur le caillou comme l’auteur de ces lignes.

Son coéquipier Yves Bourgeois, tout aussi souriant, est bien conscient que lui aussi n’a plus les attributs pour faire de lui un Guy Lafleur des temps modernes. Il n’empêche qu’il a joué jusqu’au niveau universitaire en Europe. Il précise toutefois que le calibre de jeu ressemblait pas mal au niveau junior B. «J’ai beaucoup apprécié la partie, note le quadragénaire de Grande-Digue. Moi aussi ça m’a rappelé ma jeunesse.»

L’équipe de hockey de l’UMCS, lors du tournoi de hockey sur étang de Caraquet. – Gracieuseté: Louis Légère

Aussi étrange que ça peut l’être, Paul Paquette, un ancien joueur des Marchands de Shippagan au milieu des années 2000, en était à sa première expérience dans une partie de hockey sur étang.

«J’ai fait plein de tournois avec des rondelles molles, des balles ou encore avec des rondelles dures dans des arénas, mais c’était ma première fois à vie sur un étang. J’ai beaucoup aimé mon expérience», dit-il.

– Tu n’avais jamais patiné dehors?

«Bien sûr que j’ai appris à patiner dehors. Nous étions trois maisons voisines où tous les enfants se réunissaient dehors pour patiner. Mais une partie organisée c’est la première fois. J’ai hâte aux autres parties et j’ai bien l’intention de revenir l’année prochaine», assure Paul Paquette.

Sébastien Chiasson, le plus jeune joueur du club à 25 ans, en était lui aussi à une première expérience sur étang.

«Je suis une recrue. Plus jeune, je patinais et je jouais sur des glaces près de la maison, mais c’est tout. Il n’y avait rien d’organisé. J’ai adoré ça ce soir. En fait, gagne ou perd, j’aime ça. J’aime être ici avec les amis pour jouer. Mes coéquipiers sont tous plus vieux que moi, mais j’ai découvert qu’ils étaient tous des grands enfants. Et puis, à bien y penser, l’hiver au Canada ce n’est pas si terrible que ça», claironne le cadet de l’UMCS.