1000 matchs de Patrice Bergeron: «Déjà parfait à 17 ans» – Léo-Guy Morrissette

Il faut être un joueur spécial pour obtenir un poste régulier dans la LNH dès ses 18 printemps. Ils se comptent d’ailleurs chaque saison sur les doigts d’une seule main. Et dans 99% des cas, ces joueurs spéciaux sont des choix de première ronde. L’autre 1% est l’exception à la règle.

Pour tout vous dire, il n’y a eu que deux anomalies depuis le nouveau millénaire. Et toutes les deux sont des choix de deuxième tour. La dernière en date est Ryan O’Reilly, aujourd’hui avec les Blues de St. Louis, mais sélectionné par l’Avalanche du Colorado en 2009.

L’autre anomalie a pour nom Patrice Bergeron, que les Bruins de Boston ont eu la brillante idée de repêcher en 2003.

Tout récemment, Bergeron est devenu le cinquième joueur dans l’histoire de la franchise à disputer 1000 matchs dans l’uniforme des Bruins.

Dans le hockey d’aujourd’hui, c’est un plateau très rare lorsque fait au sein d’une même équipe. Johnny Bucyk, Wayne Cashman, Raymond Bourque et le Néo-Brunswickois Don Sweeney ont aussi réalisé l’exploit à Boston.

En plus de ses 787 points (309-478) en 1004 parties dans la LNH, l’impressionnant tableau de chasse de Bergeron comprend aussi une Coupe Stanley, une médaille d’or au championnat mondial junior, une médaille d’or au championnat mondial, deux médailles d’or olympiques, quatre trophées Frank Selke, un trophée King Clancy, une coupe Spengler, un trophée de la fondation des joueurs de la LNH et une médaille d’or à la Coupe du monde. C’est sans oublier qu’il a dominé deux fois tous les joueurs du circuit dans le cercle des mises au jeu.

Pas étonnant que de plus en plus de gens croient qu’une place l’attend déjà au Temple de la renommée du hockey.

Aux yeux de l’ancien propriétaire du Titan d’Acadie-Bathurst, Léo-Guy Morrissette, Patrice Bergeron fait partie d’un club sélect de joueurs au talent exceptionnel qui ont fait partie de l’organisation. Ainsi, il est très à l’aise de citer dans une même phrase Mario Lemieux, Vincent Damphousse, Martin Lapointe et Patrice Bergeron.

«Je me souviens qu’à la blague, Réal Paiement avait dit qu’on devrait faire une vidéo sur Patrice pendant un match, puis l’envoyer à toutes les équipes. Ainsi, tous les joueurs de la ligue sauraient comment il faut faire pour jouer de la bonne façon. Patrice était déjà parfait à 17 ans», raconte le coloré homme de hockey.

«Quand il a gradué dans la LNH à 18 ans, ç’a retardé la reconstruction de notre équipe de quelques années. C’était clair pour nous qu’il aurait été le meilleur joueur de la ligue avec (Sidney) Crosby. Patrice n’était peut-être pas le meilleur dans rien, mais il excellait dans tout. Il s’entraînait comme il jouait. Il ne m’a jamais déçu. Le plus beau dans tout ça c’est qu’il n’a rien eu gratuitement. Patrice a travaillé pour obtenir tout ce qu’il a mérité», affirme Léo-Guy Morrissette.

Sylvain Couturier, qui venait d’arriver à Bathurst pour occuper le poste d’adjoint de Réal Paiement derrière le banc, se souvient avoir été conquis dès le premier jour du camp d’entraînement en août 2002.

«J’ai tout de suite vu qu’il était un bon joueur. Je me rappelle d’avoir même demandé à Réal pourquoi ce gars-là avait été retranché la saison précédente. On m’a alors dit qu’il n’était alors pas gros à 5 pieds 8 pouces et 142 livres. Moi, le gars que je voyais devant moi au camp mesurait 6 pieds et pesait 177 livres», révèle l’actuel directeur général du Titan.

«Et plus la saison avançait, plus il devenait meilleur. Réal l’adorait parce qu’il faisait attention à tous les détails. À seulement 17 ans, il était déjà l’un des meilleurs attaquants de la ligue en défensive. Il ne trichait jamais et il jouait de la bonne façon. Il jouait déjà comme un professionnel malgré son jeune âge. Pour moi, Patrice Bergeron est le meilleur talent que j’ai vu avec le Titan, à égalité avec Noah Dobson. Et Mathieu Perreault n’est pas très loin derrière eux», mentionne Sylvain Couturier.

«Et en plus, il était un coéquipier exceptionnel. Ce que vous voyez à la télévision, c’est ce qu’il est dans la vie. C’est un homme calme et réfléchi quand il parle. Il est respecté partout dans la LNH. Même mon fils (Sean) dit s’inspirer de sa façon de jouer», dit-il.

«C’est un grand athlète qui sera un jour intronisé au Temple de la renommée du hockey. Il a 33 ans et il ne semble pas vouloir ralentir. Je suis convaincu qu’il va réaliser d’autres exploits d’ici la fin de sa carrière. Patrice est le genre de joueur qui lorsqu’il est sur la glace rend tous ses coéquipiers meilleurs», ajoute Sylvain Couturier.