Pierre-Luc Lurette, le visage légendaire des Tigres

Pierre-Luc Lurette ne le réalise probablement pas encore, mais son impressionnant parcours de cinq saisons avec les Tigres de Campbellton en fait une figure emblématique, pour ne pas dire légendaire, dans l’histoire de l’organisation. Même que ça devrait culminer d’ici quelques années à l’ascension de son chandail numéro 10, bien en vue quelque part au plafond du Centre civique Memorial.

Le hockeyeur de Val-d’Amour, à qui il reste deux derniers matchs à disputer de saison régulière, en totalise déjà 232 en carrière, ce qui le place au sixième rang dans l’histoire du circuit et premier chez les défenseurs.

Avec ses 50 buts, seulement deux défenseurs en ont marqué plus que lui, soit Chris Owens (60, 2006-2010) et Brad Smith (57, 2005-2009). Lurette vient aussi au quatrième rang chez les défenseurs pour les passes avec 99, à une passe du troisième (Parker Deighan).

Enfin, il est le deuxième meilleur producteur de points en carrière dans la Ligue de hockey des Maritimes avec 149 points. Seuls Chris Owens a fait mieux avec 258 points.

Ah oui, c’est également lui qui domine tous les arrières du circuit cette saison dans la LHM avec 17 buts et 47 points.

Déjà qu’il s’était taillé une place dans la première équipe d’étoiles la saison dernière, Lurette devrait logiquement succéder à Jordan Spence, l’actuel quart-arrière des Wildcats de Moncton, à titre de meilleur défenseur du circuit.

Comment se sent le vétéran à l’idée de disputer ses derniers matchs de saison régulière dans la LHM?

«C’est la soirée des joueurs de 20 ans, ce soir (vendredi), et ça promet d’être émotif. De ce que j’ai su, ils vont nous remettre un chandail de l’équipe, des photos et d’autres surprises», affirme Lurette.

«Quand je suis arrivé ici à 16 ans, mon plan était de m’améliorer et de faire le saut dans la LHJMQ à 17 ans. Je n’y ai finalement disputé que quatre parties, une avec les Sea Dogs et trois autres avec les Remparts. Je suis quand même content d’avoir obtenu une passe et joué dans le Centre Vidéotron», mentionne-t-il.

«J’aurais aimé jouer davantage dans la LHJMQ, mais j’ai depuis longtemps tourné la page. Je suis passé par-dessus ça. Même qu’avec le recul, je suis content que les choses aient tourné autrement. J’ai eu la chance de jouer cinq ans dans mon coin de pays et devant ma famille. Je n’ai jamais cessé d’habiter à la maison. OK, c’est parfois tannant d’entendre ta mère te crier de nettoyer ta chambre, mais sinon ç’a été génial», raconte Lurette avec humour.

«Je suis très fier de mes statistiques. Mais ce dont je suis le plus fier, c’est d’être devenu un bien meilleur défenseur dans les derniers mois. La saison dernière, je me distinguais surtout à l’attaque. J’ai depuis beaucoup amélioré mon jeu défensif. C’était l’une de mes lacunes», confie-t-il.

«J’ai travaillé fort là-dessus et j’ai été récompensé avec plus de temps de jeu et plus de responsabilités. Ça me chatouillait de ne pas être envoyé dans la mêlée en désavantage numérique. Maintenant, je suis un défenseur beaucoup plus complet. Je sais que je peux aider mon club dans tous les aspects du jeu», mentionne le gaillard de 6 pieds 3 pouces et 215 livres.

Ça sent les séries à Campbellton

Avant même que la saison ne débute, Pierre-Luc Lurette racontait dans nos pages que ça sentait bon à Campbellton. Il voulait alors signifier que les partisans de l’équipe avaient le sentiment que la saison 2018-2019 pourrait bien être leur année. Et bien le capitaine des Tigres soutient que ça sent encore plus bon ces jours-ci.

«Les gens sont excités à Campbellton. Ça fait tellement longtemps qu’ils attendent ça. Moi aussi d’ailleurs. La coupe, c’est la seule chose qu’il me manque. Une chose est sûre, c’est ma plus belle saison jusqu’ici», s’exclame-t-il.

«Les gars ont hâte que les séries commencent. Nous savons déjà que nous allons affronter le Blizzard (d’Edmundston) et c’est une équipe contre laquelle nous avons eu du succès cet hiver», mentionne Lurette.

Effectivement, les Tigres (30-13-5, 65 pts) ont eu le numéro du Blizzard (24-17-7, 55 pts) pendant le calendrier régulier avec une fiche de cinq victoires, dont deux en prolongation, et seulement deux revers.

«Ça va donner une bonne série entre une équipe que je considère parmi les meilleures de la ligue en attaque et nous qui sommes la deuxième meilleure défensive du circuit», ajoute Lurette.

Trois matchs à surveiller

Trois duels impliquent des formations du Nouveau-Brunswick dans la dernière soirée d’activités de la LHM, samedi.

À Summerside, les Western Capitals vont recevoir les Tigres au Credit Union Place. Une partie entre deux clubs qui risquent fort de se retrouver au deuxième tour des séries.

Les Aces de St. Stephen accueillent pour leur part les Rapides de Grand-Sault au Garcelon Civic Centre. À noter que les Aces et les Timberwolves de Miramichi sont impliqués dans une partie de bras de fer pour la quatrième et dernière place disponible pour les séries éliminatoires dans la section Nord. Les deux clubs ont 41 points.
Vendredi matin, le défenseur des Aces Jacob Lévesque a signalé au journal que tous les joueurs étaient conscients de l’importance du présent week-end.

«Lors de chaque entraînement, cette semaine, les gars se sont entraînés comme si nous étions dans un véritable match. Notre plan est de rester le plus positif possible. Nous n’avons aucun doute que nous sommes une équipe mieux structurée et avec une meilleure éthique de travail», indique le Dieppois.
Les Timberwolves, eux, seront au Centre Jean Daigle pour mesurer au Blizzard.

Le capitaine des T-Wolves, Elijah Francis, a déjà une bonne idée du message qu’il entend livrer à ses coéquipiers avant le match de samedi.

«Je vais leur dire de demeurer calme et d’aborder la partie comme si c’était un match comme les autres. Je vais aussi leur rappeler que nous avons battu le Blizzard auparavant dans leur grange et rendu là c’est l’équipe qui saura faire toutes les petites choses correctement quand ça va être important de le faire. Enfin, je vais leur dire de jouer avec émotion et de ne pas leur donner la moindre chance de prendre le contrôle du match», raconte le vétéran de la formation de Miramichi.