Restigouche: le temps doux force l’annulation du Bonefight

La pluie et les températures plus douces prévues d’ici la fin de semaine sur le Restigouche forcent l’annulation de la compétition Bonefight de Sled Dogs Snowskates.

Ce n’est pas tant le manque de neige sur les pistes que la qualité de celle-ci qui a mené les organisateurs de l’événement – le parc provincial Sugarloaf et le CCNB-Campbellton – à annuler la course qui devait avoir lieu samedi.

La déception est d’autant plus amère qu’il s’agissait de la dernière course officielle du circuit international. L’événement devait donc couronner les champions de la saison 2018-2019.

«C’est vraiment malheureux, décevant, mais c’est la bonne chose à faire», exprime l’athlète Bruno Richard, membre du comité organisateur et représentant du CCNB.

«On regardait la météo pour les prochains jours et on ne parle pas d’une seule journée très chaude, mais de trois ou quatre en plus de précipitations de pluie. Ça n’aurait tout simplement pas pu fonctionner, les athlètes auraient eu de la difficulté à se rendre au bas de la piste avec leurs patins à neige», ajoute-t-il.

Outre la qualité du spectacle qui en aurait souffert, M. Richard soutient qu’il s’agit avant toutes choses d’une question de sécurité pour les athlètes.

«Les patins sont très petits, ce n’est pas comme le ski ou la planche qui offrent une bonne surface de glisse. Alors dès que la neige commence à être trop molle, ça augmente considérablement les risques de chutes et de blessures. Et on ne voulait surtout pas tenir une épreuve dans ces conditions», ajoute-t-il.

Le comité organisateur dit avoir voulu prendre une décision rapidement et tôt en semaine afin, entre autres, d’éviter aux participants internationaux un déplacement inutile. Une demi-douzaine de participants de l’Islande ainsi qu’un de la République tchèque devaient notamment prendre part à l’événement. En tout, une cinquantaine d’athlètes s’étaient inscrits à la course, nombre qui aurait fort probablement augmenté au cours des jours à venir.

La Bonefight se tient au Sugarloaf depuis 2017. Elle en aurait donc été cette année à sa troisième représentation. Qu’en est-il pour l’avenir?

«Je l’ai toujours dit, la Bonefight du Sugarloaf est le meilleur événement de la série. L’organisation est solide, le public est au rendez-vous, les athlètes sont très bien traités et ils aiment l’endroit. Mais c’est certain qu’il va falloir prendre un peu de recul, car nous avions mis beaucoup d’effort dans l’organisation de cette course. On va laisser la poussière retomber avant de se compromettre pour une autre année», souligne Bruno Richard, précisant que cette annulation n’a jeté aucun ombrage à la réputation de l’épreuve restigouchoise.

Selon ce dernier, l’une des pistes de solutions pour maximiser les chances d’avoir des conditions de glisse optimales serait de tenir l’événement plus tôt en saison, soit à la fin février ou au début mars.

«Ce n’est pas une garantie, car on ne contrôle pas Dame Nature. Cela dit, c’est certain que ça augmenterait les chances d’avoir une météo plus coopérative», indique-t-il.

Outre Atholville, le Bonefight s’est déroulé cette saison en Corée, en Chine et en Allemagne.

Déception au Sugarloaf

La Bonefight était par ailleurs devenue depuis deux ans un des événements hivernaux phares du parc provincial Sugarloaf. C’est donc avec grande déception qu’on a, là aussi, acquiescé à son annulation.

«On ne le fait pas par gaieté de cœur, car on tient beaucoup à cette compétition. C’est quelque chose d’original, unique au parc et très plaisant à organiser», indique le directeur général du parc, Greg Dion.

Lui et son équipe devaient d’ailleurs commencer mardi à modeler le parcours de l’épreuve. L’annulation tôt en semaine lui aura donc permis d’économiser temps et argent.

Idéalement, ce genre de courses se déroule par temps plutôt froid. C’est donc un véritable coup de malchance pour le Sugarloaf où les températures ont été très froides durant toute la saison. Encore en fin de semaine dernière, les conditions des pentes étaient excellentes et le mercure était sous la barre des -10 degrés Celsius.

«C’est carrément ironique de devoir annuler l’événement en raison de temps chaud et de la pluie, car il a neigé et fait froid ici pratiquement tout l’hiver», rappelle-t-il.

Justement, pour ce qui est de la saison de ski, celle-ci se terminera à la fin du mois, plus précisément le dimanche 31 mars et ce, peu importe la quantité de neige toujours au sol.

«Par expérience, on sait que ça ne vaut pas vraiment la peine de prolonger notre saison le printemps. Ça occasionne des coûts supplémentaires et les gens ne sont pas au rendez-vous en grand nombre. Cette année, on a pu ouvrir aussi tôt que le 1er décembre, ce qui constituait un record chez nous. Notre prolongation de saison, on l’a donc eu là, au début. Et c’est vraiment à ce moment que les gens ont hâte de venir», estime M. Dion.