Alpines de Tracadie: «Des gars qui savent comment gagner»

Comme joueur, Edgar Mallais était réputé pour sa rapidité et son flair offensif, de même que pour son caractère belliqueux. Il est d’ailleurs le premier à l’avouer, il tenait aussi un rôle de petite peste. Comme entraîneur, il s’impose toutefois par son calme, ce qui n’était pourtant pas l’une de ses qualités en uniforme. Pour dire vrai, la seule chose qui n’a pas vraiment changé c’est sa soif intarissable pour la victoire.

Quand le pilote des Alpines de Tracadie a vu les surprenants Navigateurs de Baie-Sainte-Anne prendre les devants 2-0 dans la série, il jure n’avoir jamais douté que ses hommes allaient rebondir.

«Je n’étais aucunement inquiet, dit-il. Il faut tenir compte que nous avons eu une longue pause avant d’entamer cette série, que la saison s’est drôlement terminée avec cette alarme à feu qui a mis fin à la partie avant qu’elle ne soit terminée et le fait que les gars ont oublié que le niveau de jeu des séries éliminatoires n’a rien à voir avec celui de la saison régulière. Et puis, les Navigateurs nous ont surpris avec leur vitesse.»

«Malgré tout, j’ai toujours eu confiance en ce groupe dès le premier jour de cette saison, affirme Mallais. Il y a beaucoup de bons leaders dans le vestiaire et je savais que les vétérans allaient se lever debout. Martin McGraw, par exemple, n’est pas le gars qui parle le plus mais il montre l’exemple sur la patinoire. Ulysse Brideau, lui, c’est une boule d’énergie dans le vestiaire. Il n’arrête jamais d’encourager. Martin et Ulysse sont des gars qui sont importants et qui savent comment gagner.»

«Je trouve que nos deux derniers matchs ont été nos meilleurs jusqu’ici cette saison. Les gars ont joué un plein 60 minutes. En saison, malgré les nombreuses victoires, l’équipe ne jouait pas à son plein potentiel. Honnêtement, les gars n’ont pas joué à mon goût dans aucun match de la saison. Ils jouaient juste assez bien pour gagner. Mais dans les deux derniers matchs, là ils ont joué comme je l’aime», révèle Mallais.

«Les gars ont su faire les ajustements, ils respectent le système et ils jouent pour l’équipe et non pour leur fiche personnelle. C’est comme ça que tu dois jouer dans les séries. Il faut que tu fasses passer l’équipe en premier», dit-il.

«À mes premières années comme joueur, nous étions en séries et nous tirions de l’arrière 2 à 0 dans la partie quand un gars de l’autre équipe m’a cassé le nez. Je voulais tout défaire sur la glace. Mais un vétéran, Raymond Robichaud, s’est interposé et m’a dit que l’équipe avait besoin de moi sur la patinoire et non au banc des punitions. Je me suis donc calmé et l’équipe est parvenue à marquer pendant la supériorité numérique. Nous avons finalement gagné le match 8 à 2. C’est Raymond qui m’a appris l’importance de faire passer l’équipe en premier», soutient Mallais.

Avec les Alpines qui dominent maintenant cette série demi-finale 3-2, Edgar Mallais croit que ses hommes devraient en terminer dès samedi soir à Baie-Sainte-Anne. Selon lui, les Navigateurs souffrent de la perte de leur as marqueur Brett Young, sans oublier qu’ils sont fatigués à force de jouer avec un alignement réduit. Jeudi soir, dans le revers de 5 à 0, ils se sont présentés à Tracadie avec seulement 10 joueurs et deux gardiens.

«Ça devrait normalement se terminer demain soir, croit Mallais. J’ai confiance. Mais cela dit, ça se joue sur la glace. Il faut respecter les Navigateurs.»

Baie-Sainte-Anne déterminé à pousser la série à la limite

La semaine dernière, Charles Austin mentionnait dans nos pages que lui et ses coéquipiers semblaient avoir oublié comment se jouait le hockey dans les séries éliminatoires.

Les Alpines de Tracadie tiraient alors de l’arrière 2-0 dans leur série contre les Navigateurs de Baie-Sainte-Anne et il se trouvait plusieurs partisans pour dire que les champions de la saison régulière ne se relèveraient pas de ces deux embarrassantes défaites.

C’était bien mal connaître la détermination des vétérans de cette équipe qui tiennent mordicus à ajouter un deuxième championnat consécutif.

«Il y a toujours place à l’amélioration, mais je pense que le message a été compris, affirme Austin, qui a signé un jeu blanc de 5 à 0, jeudi soir. Les gars ont compris que nous devons jouer un jeu d’ensemble beaucoup plus serré que nous ne l’avions fait dans les deux premières parties de la série. En jouant ainsi, avec notre talent, je savais que nous chances allaient suivre. Je crois que nous sommes sur la bonne voie.»

«Honnêtement, de se retrouver 0-2 dans la série est possiblement la meilleure chose qui pouvait nous arriver. Le travail est par contre encore loin d’être terminé», mentionne le portier des Alpines.

Austin n’a pas tort de dire qu’il reste encore du hockey à jouer avant de penser à la finale. Dans le camp des Navigateurs, d’ailleurs, il n’est pas question de baisser les bras.

«Les Navigateurs ne laisseront pas cette série lui échapper aussi facilement, révèle Dusty Levi. Nous avons travaillé fort toute la saison pour nous retrouver où nous sommes actuellement et il est hors de question de laisser tomber.»

«Bien sûr que nous jouer avec un alignement réduit, mais ç’a été comme ça pendant toute la saison. Nous allons disputer ce sixième match dans notre maison et devant nos partisans. Nous avons des choses à prouver. Ce n’est pas terminé tant et aussi longtemps que nous n’entendrons pas la sirène qui mettra fin à cette série», confie Levi.

Le capitaine des Navigateurs Daniel Poirier est lui aussi convaincu que les Navigateurs peuvent forcer un septième match.

«Les gars n’ont vraiment pas baissé les bras, confie-t-il. C’est sûr que nous sommes un peu épuisés. Ça nous fait quand même une deuxième série avec seulement 10 joueurs dans l’alignement. C’est très demandant pour chacun d’entre nous. Ceci dit, nous sommes déterminés à jouer un gros match samedi. Nous allons tout donner pour essayer de pousser cette série à une septième partie.»

Si les Navigateurs parviennent à forcer un septième duel, il aura lieu dimanche au Complexe S.-A.-Dionne de Tracadie.