Protêt Acadiens-Marchands: décision en soirée?

Les dirigeants de la Ligue de hockey senior Acadie-Chaleur devaient décider en début d’après-midi du sort du protêt déposé par les Acadiens du Grand Caraquet sur le septième match de la demi-finale, mardi soir, face aux Marchands de Shippagan.

Cependant, à 15h, les Acadiens n’avaient pas encore envoyé au président du circuit, Charles Albert, une version écrite dudit protêt. Ils ont jusqu’à 22h pour le faire. Les Acadiens doivent également accepter les frais encourus par cette démarche.

Hugues Thériault, vice-président des Acadiens, a laissé savoir à l’Acadie Nouvelle que la direction du club va se rencontrer en fin d’après-midi ou en début de soirée pour analyser la situation.

Vers la fin de la deuxième période alors que la marque était de 3 à 1 pour Shippagan, la direction des Acadiens a avisé les arbitres d’une possible irrégularité dans l’alignement des Marchands. Elle soutient que l’adversaire avait habillé sept joueurs âgés de 30 ans et plus pour cette rencontre, alors que la constitution du circuit n’en permet que six.

Questionné sur les raisons de ce geste, l’entraîneur-chef des Acadiens, Claude Lagacé, s’est montré peu loquace.

«Nous avons fait ce que la direction de l’équipe nous a demandé, a-t-il simplement expliqué. On va laisser à la ligue le soin de décider.»

Son homologue des Marchands, Dave Cowan, n’a pas voulu trop élaborer là-dessus également.

«Laissons ça à la ligue. Je suis là avant tout pour les joueurs et pour les entraîner. De notre côté, on pense que tout est correct», a-t-il jugé.

Le président de la LHSAC, Charles Albert, était présent au match de mardi. Il n’a pas voulu commenter, préférant attendre d’étudier en profondeur le litige mercredi.

Il n’y a pas 100 000 punitions dans de tel cas. Soit la plainte est non valide et les Marchands sont gagnants, soit on reprend le match, ce qui pourrait causer un problème puisque la finale face aux Alpines de Tracadie doit débuter jeudi, soit on accorde la victoire aux Acadiens.

Expérience

Il serait assez simpliste – et faux – de réduire cette série entre les Acadiens du Grand Caraquet et les Marchands de Shippagan à ce protêt et à la flopée de suspensions majeures imposée après les événements du deuxième match, à Caraquet.

Plusieurs voyaient les Acadiens ne pas faire le poids face à la puissante machine des Marchands. Que ça allait se régler en quatre matchs, cinq tout au plus. Mais cette confrontation s’est rendue à la limite et a même été menée 3-1 par les Acadiens.

Claude Lagacé s’est dit très fier de ses joueurs qui, malgré leur jeunesse et l’inexpérience, ont su tenir tête à des hockeyeurs aguerris.

Une inexpérience – et l’absence de gros morceaux, dont Yan Rail, Joël Blanchard et Jean-Samuel Lagacé – qui a finit par faire mal. Notamment en deuxième période, quand les visiteurs ont été incapables de profiter de trois avantages numériques de deux hommes, et en fin de match, alors que le Grand Caraquet attaquait à six contre trois.

«Nous avons eu nos chances, mais nous n’avons pas pu capitaliser. Il faut rappeler que nous avons une équipe jeune. Nous avions ce soir cinq joueurs de 20 ans et aucun de 30 ans et plus, sans oublier qu’il nous manquait de gros morceaux. Je suis fier de tous mes gars; ils se sont présentés pour jouer un gros match de hockey. Pour eux, c’est une expérience formidable de jouer un septième match face à des gars comme Billy Bezeau et Samuel Paquet. Notre but est de montrer à la ligue que nous misons sur la jeunesse, même si elle a changé de direction depuis deux ans», a-t-il indiqué.

Chez les Marchands, les célébrations ont été sobres. Un peu de musique dans le vestiaire, mais sans plus. Dave Cowan semblait exténué au terme de cette difficile partie remportée 4 à 2.

«Ç’a été un match difficile, à l’image de cette série. Caraquet a une équipe rapide et leurs entraîneurs avaient préparé un plan de match très fort. Nos punitions ont failli nous coûter cher, mais je ne peux pas en vouloir à mes joueurs. C’était souvent de la malchance et cela a brisé notre rythme. Nous avons donné un gros effort après un déficit de 1-3 dans cette série. Mes joueurs méritent tout le crédit de cette remontée. Je les félicite», a-t-il analysé.

Auteur des deux buts des Acadiens dans ce match, Francis Thériault a tenu à souhaiter la meilleure des chances aux Marchands pour la finale.

«Ça n’a pas fini comme on aurait voulu, mais nous venons de jouer tout un match et nous avons donné tout ce que nous avons pu donner. Shippagan a bien joué et a profité de chaque chance. Même si nous avons perdu, je suis très fier des gars. Il nous manquait six joueurs; cela aurait pu changer l’allure de ce match. Nous n’étions pas les favoris et nous avons quand même disputé un septième match. Ç’aurait pu aller d’un bord comme de l’autre», a-t-il signifié.

Samuel Paquet, lui aussi auteur de deux buts et arborant une barbe à la Jordie Benn – le roux en moins -, a parlé d’une leçon à saisir pour les Marchands.

«C’est une grosse victoire, a-t-il reconnu. Notre plus gros problème a été l’indiscipline et nous avons commencé nos matchs un peu mollement. Je lève mon chapeau à notre désavantage numérique et à notre gardien (Guillaume Chiasson). Encaisser trois cinq contre trois de suite, le match aurait pu se décider là. J’ai 99% de respect pour les Acadiens (le 1% qui manque? «Le gars va se reconnaître», a-t-il simplement ajouté) et ça nous démontre qu’une série, c’est sept matchs et que c’est le premier qui en gagne quatre qui gagne. Nous n’avons pas perdu confiance après les suspensions qu’on ne méritait pas et quand c’était 3-1 pour Caraquet. Nous avons été résilients. Ç’a été les Marchands contre Caraquet, les Marchands contre la ligue et les Marchands contre le monde! Maintenant, ce sont les Marchands contre Tracadie. On aime bien le rôle de négligés.»