Courses de chiens de traîneaux: Akkada se taille une place parmi les grands

Akkada a fait des pas de géant en 2019 sur le circuit nord-américain des courses de chiens de traîneaux. On en a pour preuve une 21e position au mythique Yukon Quest, au début de février, ainsi qu’une troisième place à la Can Am Crown 250 de Fort Kent, ce qui se voulait un premier podium à vie pour le chenil de Glenwood.

Les mushers d’Akkada, Rémy Leduc et Katherine Langlais, tracent d’ailleurs un bilan plus que positif des derniers mois. Selon eux, ils sont aujourd’hui de bien meilleurs conducteurs de chiens qu’ils ne l’étaient au début de la nouvelle année.

«L’équipe qui a pris le départ du Yukon Quest n’est pas la même que celle qui est revenue à la maison», affirme Rémy Leduc.

«Que ce soit Kat ou moi, ou encore les chiens, nous sommes tous passés à une autre étape. Nous avons acquis une confiance qui fait en sorte que la prochaine fois que nous prendrons le départ du Yukon Quest, nous ne serons pas seulement là pour compléter la course mais bien pour compétitionner avec les meilleures équipes», soutient-il.

On dit que c’est en forgeant qu’on devient forgeron. Le moins que l’on puisse dire, Akkada l’a appris à la dure.

Il y a d’abord eu le froid extrême qui a été fort difficile pour Rémi. Tellement qu’il a perdu une bonne partie de la peau de son nez (lire autre texte). Mais plus grave encore, ses chiens ont souffert du giardia, une maladie intestinale qui s’apparente à la diarrhée.

«J’aurais aimé terminer en meilleure position, mais les chiens n’ont pas arrêté d’être malades. Sans le giardia, je suis convaincu que nous aurions pu terminer près de la 15e place. Ce n’était quand même pas évident parce que nous ne savions pas si la situation des chiens n’allait pas empirer. D’autant plus que la dernière étape, d’une distance de 200 kilomètres, était effectuée dans une autonomie complète. Je ne voulais pas gambler avec leur santé. C’est pourquoi j’ai fait de longues pauses supplémentaires. Au total, nous avons perdu au moins 28 heures de course à cause de la maladie», raconte Rémy.

En dépit des embûches, Akkada a fort bien tiré son épingle du jeu au Yukon Quest.

«Malgré la maladie et surtout grâce à notre routine nutritionnelle, nous avons réussi à faire garder à nos chiens leur masse corporelle. Les vétérinaires du Yukon Quest n’en revenaient pas et ils voulaient savoir ce que nous avions fait pour réussir ça. Ils nous ont complimentés après la course. Pour eux, c’était un exploit en soi», confie-t-il.

Meilleur esprit du Yukon Quest

Lors du banquet qui a suivi la course, les officiels de l’événement ont remis à Rémy Pitre le prix Challenge of the North pour avoir été le musher illustrant le mieux l’esprit du Yukon Quest. Il a de plus reçu une paire de mitaines doublées en peau de castor.

«À bien y penser, c’est presque qu’une bonne chose que nous ayons dû composer avec ces problèmes. Ça nous a permis de peaufiner notre façon de soigner nos chiens. Maintenant que nous avons eu cet apprentissage, nous saurons mieux quoi faire à l’avenir. Un Yukon Quest, tant que tu ne l’as pas vécu, tu ne peux pas savoir réellement ce que c’est. Il faut le vivre pour apprendre parce que juste de se le faire raconter ce n’est pas assez», confie-t-il.

«Nous avons aussi découvert que notre équipement n’était pas adéquat, indique pour sa part Katherine Langlais. Il faudra donc mettre à jour notre équipement, surtout en ce qui concerne le matériel nous aidant à combattre le froid, tant pour les mushers que pour les chiens. Nous avons sous-estimé le froid. Au niveau de la nutrition, par contre, nous sommes corrects. Cela dit, nous sommes toujours en train d’apprendre.»

«Parlant d’apprendre, nous savons désormais ce que nos chiens sont en mesure de faire. Quand ils n’étaient pas malades, ils étaient très compétitifs», souligne Rémy.

À moins d’une imprévue, Akkada se présentera à nouveau au Yukon Quest en 2021.

Katherine voit par ailleurs le podium de Fort Kent comme une autre preuve du potentiel illimité de leurs chiens.

«C’était sensiblement la même équipe qu’au Yukon Quest et les chiens étaient fatigués, quoiqu’ils ont pu se reposer pendant le voyage pour se rendre à l’épreuve», dit-elle.

«Les chiens ont réussi à surmonter un défi additionnel. C’est un premier podium pour notre chenil, mais ce n’est certainement pas le dernier», soutient Rémy en terminant.