Les Marchands de Shippagan au bord du gouffre

Le moins que l’on puisse dire c’est que les Marchands de Shippagan font passer les partisans par toutes les gammes des émotions dans les présentes séries éliminatoires. C’est à un point tel qu’on se demande quel nouveau chapitre nous réserve la partie suivante. D’ailleurs, à quoi s’attendre du quatrième duel qui sera présenté mardi soir au Centre Rhéal-Cormier, alors que les favoris de la foule feront face à l’élimination?

Le capitaine des Marchands, Samuel Paquet, dont le look Brent Burns lui donne un air fort intimidant sur la glace, garantit aussi bien dire une victoire à son équipe.

«Nous avons eu à composer avec beaucoup d’émotions fortes dans la série contre les Acadiens de Caraquet et ça se poursuit contre les Alpines de Tracadie, affirme le numéro 26 des Marchands. C’est 3-0 dans la série mais il est hors de question de baisser les bras. Nous ne sommes pas des lâcheux. Nous allons nous présenter pour gagner ce match. C’était 3-1 pour les Acadiens et nous avons réussi à l’emporter. Je ne vois pas pourquoi nous ne serions pas capables de le faire devant les Alpines.»

«Surtout qu’ils n’ont pas encore vu les vrais Marchands depuis le début de la finale, prévient Paquet. Je nous connais. Nous allons trouver une façon de puiser de nouvelles forces dans le fond de notre sac. Nous sommes confiants. Ça prend quatre matchs pour gagner une série et ils vont voir que la quatrième victoire est difficile à aller chercher. Nous devrons cependant être plus opportunistes. Notre attaque à cinq devra aussi travailler mieux. Et ce serait bien si nous mettions un peu plus de trafic devant Charles Austin. Nous lui facilitons trop le travail.»

Samuel Paquet prend alors une pause et nous livre un peu plus le fond de sa pensée.

«Honnêtement, depuis le début des séries éliminatoires, nous avons l’impression que ce sont les Marchands contre le monde entier, que ce soit contre la ligue, les arbitres ou l’équipe devant nous. C’est déprimant de voir toutes les suspensions dont nous avons écopées. Certains de nos joueurs ont reçu des suspensions pour des gestes qui en méritaient pas mal moins», dit-il.

«Nous ne jouons pourtant pas plus cochons que les autres équipes. Dimanche, Kevin Landry a servi un double-échec dans le dos de Pierre-Paul Landry et ce dernier s’est encore une fois fracturé des côtes. Kevin n’a pourtant eu qu’un deux minutes pour ça. Si ça avait été un de nos joueurs, il aurait reçu cinq minutes en plus d’être chassé du match et reçu une suspension», raconte-t-il.

«Dans le deuxième match, Ulysse Brideau m’a donné un coup de hache avec son bâton dans l’estomac. Ceux qui me connaissent ça que je ne suis pas le genre à me lamenter. J’ai même encore la marque sur le corps pour le prouver et ça fait encore mal. Pourquoi ce geste-là n’a pas été puni?», questionne-t-il.

Samuel Paquet croit aussi que Tommy Bezeau ne méritait pas deux matchs de suspension pour sa mise en échec sur Marc Losier. Il soutient que c’était épaule à épaule.

L’auteur de ces lignes lui souligne que Losier a été frappé dans un angle mort et qu’il n’a jamais vu le défenseur des Marchands avant d’être frappé.

«Ç’a été exagéré par Losier. D’ailleurs, il était tout près de notre banc et il n’a jamais arrêté de sourire avec le soigneur des Alpines. Il s’est rendu à son vestiaire et il est tout de suite revenu au jeu. Tout le monde dans la ligue sait que Marc Losier est un maître plongeur. Tu n’as pas besoin de le toucher beaucoup pour qu’il se garroche sur la glace. Et chaque fois les arbitres embarquent dans son jeu», révèle le capitaine des Marchands.

«C’est difficile pour nous de négocier avec tout ce qui nous tombe sur la tête depuis le début des séries. Nous ne savons plus quoi faire pour nous faire respecter par la ligue et les arbitres», complète-t-il.

Les Alpines sur un élan

Depuis que les Navigateurs de Baie-Sainte-Anne ont eu la drôle d’idée de remporter les deux premiers matchs de leur série demi-finale contre les Alpines de Tracadie, ces derniers n’ont pas subi la défaite et on en a pour preuve les sept victoires consécutives acquises depuis. N’empêche que peu de gens s’imaginaient voir les Marchands de Shippagan faire face à l’éliminatoire en finale après seulement trois duels.

L’attaquant Yannick Devost, pour un, s’imaginait un autre scénario.

«Si on m’avait dit avant le début de la série que nous serions en avance 3-0 après trois matchs, j’avoue que j’aurais été un peu surpris, concède-t-il. D’un autre côté, nous avons joué du bon hockey depuis le début de la finale et ça ne me surprend pas tellement que nous gagnions en jouant de cette façon.»

Le gardien Charles Austin, qui a signé dimanche son deuxième jeu blanc des présentes séries, est lui aussi d’avis que la situation a de quoi surprendre.

«La série pourrait facilement être 2-1 pour Shippagan. Le fait que les gars respectent le système de jeu à la lettre explique pourquoi nous avons autant de succès», mentionne Austin.

«Il faudra cependant éviter le banc des pénalités. Cela aurait d’ailleurs pu nous faire mal lors des deux dernières parties. Ceci dit, c’est probablement la seule chose que nous ayons à améliorer parce que nous jouons vraiment très bien et notre système de jeu est à point. Il s’agit maintenant de contrôler le plus possible nos émotions dans le quatrième match et de rester concentré sur l’objectif», explique le gardien étoile des Alpines.

Yannick Devost abonde dans le même sens pour le quatrième duel qui sera présenté mardi soir au Centre Rhéal-Cormier.

«Les Marchands ont des joueurs qui travaillent fort et je crois qu’ils vont tout donner mardi soir. Ils vont jouer avec l’énergie du désespoir. De notre côté, nous sommes prêts. Nous n’avons jamais cessé de nous améliorer de match en match depuis le début des séries et nous sommes déterminés à continuer dans cette vois pour la quatrième partie», révèle Devost.

Si un cinquième duel s’avère nécessaire, il aura lieu jeudi soir au Complexe S.-A.-Dionne. Tous si nécessaire, les matchs 6 et 7 sont prévus vendredi (Shippagan) et dimanche (Tracadie).