Marchands: «nous nous sommes fait voler cette finale»

Un peu tout le monde dans le camp des Marchands de Shippagan est d’avis que les nombreuses suspensions, particulièrement celles des frères Bezeau (Billy et Tommy), expliquent en grande partie la finale expéditive auxquels les partisans ont eu droit.

Même que le défenseur Marc-Antoine Robichaud croit encore que les Marchands avaient l’équipe pour remporter le championnat.

«Nous ne nous sommes pas fait déclasser en finale. C’est sûr que les Alpines ont une très bonne équipe, sauf que je crois que les Marchands n’ont pas su montrer leur vrai visage. Ç’a été très difficile pour nous avec toutes ces suspensions qui nous sont tombées dessus jusqu’à la toute fin des séries», révèle Robichaud.

Le gardien Guillaume Chiasson était convaincu que la finale serait bien plus longue.

«Nous nous attendions à une longue série, mais les Alpines ont joué du beau hockey. De notre côté, nous avons bien commencé la série jusqu’à ce que les Bezeau écopent de suspensions non méritées. Ça nous a beaucoup affectés», mentionne Chiasson.

«Honnêtement, je considère que nous nous sommes fait voler cette finale. C’est vraiment décevant parce que nous aurions pu prendre facilement les devants 2-0 dans la finale sans ça», indique le portier des Marchands.

L’entraîneur des Marchands Dave Cowan était lui aussi fort déçu des événements.

«Ç’a été de beaux matchs en finale et avec un peu de chance nous aurions pu prendre les devants 2-0 dans la série, dit-il. Les Alpines avaient le meilleur club avec une belle profondeur. Ils nous ont battus sur la glace.»

Cowan est cependant d’avis que les incidents hors glace ont énormément nui à son équipe.

«En raison des suspensions et des blessures, la demi-finale contre Caraquet, qui s’est rendue à sept matchs, a été plus difficile que nous l’avions anticipé», affirme Cowan.

«Nous nous sommes laissés déranger par des trucs qui n’avaient rien à voir avec le hockey. Les gars se sont mis une pression inutile sur les épaules. Nous avons gaspillé beaucoup trop d’énergie avec ça. C’est devenu drainant à la longue. Et en raison des médias sociaux, où certains de nos joueurs ont dû composer avec des attaques personnelles, cette frustration est devenue impossible à gérer», explique-t-il.

Cette frustration, souligne Cowan, n’a jamais vraiment diminué à la suite des événements du deuxième match de la série contre les Acadiens, où une pluie de suspensions ont été décernées.

«J’aurais aimé que les arbitres escortent mes joueurs chassés du match jusqu’à l’extérieur de la patinoire ce soir-là, comme ça aurait dû être fait. Là, s’ils étaient revenus sur la glace ils auraient mérité une suspension. Mais au lieu de ça, les arbitres ont laissé mes gars dans le bain et ça n’a fait qu’empirer les choses», confie-t-il.

Un autre truc qui a dérangé Cowan est la décision d’amorcer la finale aussi rapidement, soit moins de 48 heures après le septième match de leur demi-finale.

«C’est incompréhensible à mes yeux, d’autant plus que la ligue voulait au départ que ça débute dès le lendemain. J’ai moi-même appelé pour demander à ce que nous ayons quelques jours de repos, question de calmer nos émotions. Il ne faut pas oublier qu’il y avait des rumeurs de protêt qui flottaient dans l’air après la septième partie. Ce n’est pas une excuse qui explique notre élimination en quatre matchs en finale, mais ç’a rendu les choses encore plus difficiles», indique Cowan.

«À aucun moment je n’ai senti que la ligue était derrière nous. Il me semble qu’une ligue devrait être derrière chacune de ses équipes», ajoute le pilote des Marchands.