Les Castors expliquent leur parcours

Les Castors de Saint-Quentin ont savouré vendredi un troisième championnat en quatre ans et une cinquième au cours des 14 dernières saisons du Circuit régional de hockey.

Déjà qu’ils étaient vus comme des négligés avant le début des séries, le championnat de 2019 est plus spécial que les autres parce que les Castors ont dû puiser très profond dans leurs ressources pour venir à bout de leurs adversaires.

C’était d’autant plus criant en finale, alors qu’ils ont dû surmonter chaque fois un retard d’un ou de quelques buts au troisième vingt pour finalement l’emporter.

Nous avons donc demandé aux joueurs de nous expliquer comment ils ont pu remporter ce championnat malgré les embûches.

Bryce Milson

«C’est difficile d’expliquer notre championnat, mais je crois que nous avons l’équipe avec la meilleure profondeur dans la ligue. Particulièrement en défensive. C’est sûr que si on regarde nos statistiques en saison régulière, ça n’indique pas que nous étions parmi les bonnes équipes. Nous n’avions aucun joueur de 100 points ou encore un gardien avec la meilleure moyenne ou pourcentage d’arrêts. Sauf qu’il était évident, du moins au sein de notre club, que nous étions en mesure de porter notre jeu à un autre niveau quand il le fallait et lorsque les choses étaient plus difficiles. C’est facile de marquer trois ou quatre buts contre l’une des équipes plus faibles en saison, mais ça l’est beaucoup moins contre le Thunder ou les Panthères en séries. C’est pourtant ce que nous sommes parvenus à faire. Une fois en séries, plus personne ne se soucie du meilleur buteur, du meilleur gardien ou du meilleur défenseur de la saison régulière. Le plus important c’est de vouloir remporter le championnat. On ne peut également pas passer sous silence la contribution de la communauté de Saint-Quentin. Ils ont été très impliqués dans nos succès par leurs encouragements et nous leur devons un énorme merci pour cette coupe. C’est formidable de voir à quel point un sport peut rassembler une communauté. Et à vrai dire, c’est peut-être ça qui est le plus important dans notre championnat.»

Brandon Coulombe

«C’est une expérience tout simplement inoubliable d’avoir gagné ma première coupe du CRH à domicile devant mes amis, ma famille et bien sûr nos partisans, les meilleurs de la ligue, qui nous ont supportés tout au long des séries. Même si c’est spécial d’avoir pu contribuer aux succès de l’équipe, il n’en demeure pas moins que cette coupe a été remportée en raison du travail sans relâche de tous les joueurs. Si nous avons été capables de revenir aussi souvent de l’arrière, c’est grâce à la persévérance et à la ténacité de tout le monde dans ce vestiaire.»

Dannick Thériault

«Avec ce championnat, les Castors ont démontré que la position au classement en saison régulière ne veut rien dire à part peut-être l’avantage de la glace. Personnellement, je suis d’avis que notre noyau de joueurs n’existe pas ailleurs dans la ligue. Nous sommes tissés serré. En plus de passer l’hiver ensemble sur la glace, les gars jouent également ensemble au golf ou à la balle pendant l’été. Cette chimie entre les gars nous rend meilleurs et plus forts.»

Keith Sexton

«C’est difficile d’expliquer ce que nous venons d’accomplir. C’est comme si les étoiles s’étaient alignées pour nous cette année. Dans le hockey senior d’aujourd’hui, c’est difficile d’évaluer la juste valeur d’une équipe en saison régulière. Surtout quand toutes les équipes se classent pour les séries. Pendant la saison, plusieurs gars priorisent le travail et la famille, mais rendu au bal du printemps c’est une autre histoire. Tout le monde est là et ne manque plus une partie. C’est là qu’on voit le vrai visage de chaque équipe. Les Castors n’échappent pas à cette dynamique. Notre équipe a aussi cette caractéristique de toujours y croire une fois en séries. Même si l’adversaire prenait l’avance et croyait que la victoire était la poche, nous les Castors nous savions que nous pouvions revenir à continuant de travailler jusqu’au son de la sirène en fin de troisième période. Et dans la majorité de nos parties en séries, ça s’est avéré le cas. En résumé, notre championnat cette année aura été de l’acharnement avec un peu de chance.»

Jason Thibault

«Règle générale, c’est un peu devenu notre identité de ne pas connaître tellement de succès en saison pour finalement sortir fort en séries. Nous avons un peu cette mentalité qui dit que personne ne se souvient de qui gagne le championnat de la saison régulière, mais tout le monde sait qui a gagné la Coupe. Nous savions que nous pouvions compter sur le meilleur duo de gardiens de la ligue et aussi, et de loin, sur la meilleure brigade défensive. Il faut également donner beaucoup de crédit à notre premier trio. Ils ont été tout simplement extraordinaires. Aucun des gros trios des équipes adverses n’est parvenu à les arrêter. Cela dit, la façon dont nous avons gagné nos matchs en revenant chaque fois de l’arrière, je ne peux pas vraiment te l’expliquer. Même Hollywood n’aurait pas accepté ce scénario tellement ç’a l’air irréaliste. La seule explication que je peux donner c’est la résilience et le sentiment d’appartenance de chacun des gars au cours des dernières années. Mon plus grand souhait serait que cette identité reste encore longtemps malgré le fait que certains vétérans risquent de quitter ans un avenir assez rapproché.»

Maxime Cayouette

«La résilience aura été le mot clé des gars. Nous y avons cru dès le premier jour des séries. C’est comme si nous n’avions pas le droit de baisser les bras, peu importe le rôle que tu avais à jouer au sein de l’équipe. Nous avions une belle profondeur avec quatre trios en uniforme et un cinquième dans les estrades qui aura pu jouer régulièrement dans n’importe équipe de la ligue. C’est ce qui nous a permis de composer avec les blessures et les suspensions en cours de route. Nos joueurs d’impact ont également répondu à l’appel au bon moment. Le sentiment d’appartenance dans cette équipe est extraordinaire. Tous les gars sont fiers de porter les couleurs des Castors. Nos partisans ont également joué un rôle crucial dans nos succès. Ils n’ont jamais cessé de nous donner de l’énergie. Bref, ça aura été pour nous un championnat mémorable.»

Raphaël Pelletier

«Nous sommes reconnus pour être un club de séries éliminatoires. Une fois en séries, les gars se présentent dans le vestiaire avec le couteau entre les dents pour chaque match. Nous avons aussi une équipe qui est capable d’oublier un mauvais match ou une mauvaise période pour se concentrer sur le présent. Le fait d’avoir une équipe soudée et de bons vétérans qui savent quoi dire pour calmer les gars quand les émotions prennent le dessus est une autre qualité de notre équipe. Ç’a été un énorme travail de tout le monde, entraîneurs y compris, derrière cet autre championnat. Et j’aimerais remercier nos partisans qui nous ont suivis tout au long des séries. Ils nous ont encouragés sans jamais abandonner. On ne se fera pas de cachette, c’est difficile de remporter les grands honneurs dans notre ligue. C’est pourquoi je suis tellement fier de notre équipe.»

Hugo Thériault

«Nous n’avons pas joué beaucoup de parties avec l’équipe au complet en saison régulière, mais une fois en séries nous étions tous là et prêts à jouer. Pour ma part, je ne peux pas demander mieux après une année d’absence. Ç’a été tout un championnat.»

Olivier Gendron

«À mes yeux, ç’a été un championnat d’équipe. Chaque gars dans le vestiaire voulait à 110% cette coupe. Même si nous nous sommes retrouvés souvent de l’arrière dans les parties, personne n’a abandonné. Tous les gars croyaient dans chacun de ses coéquipiers. Nous sommes comme une grosse famille prête à tout faire pour gagner. Mon rôle a changé au fil de la saison et en séries je jouais un peu la petite peste pour essayer de sortir mes adversaires de leur partie. En terminant, j’aimerais remercier tout le monde de Saint-Quentin de m’avoir accueilli à bras ouverts dans cette équipe.»

Rémi Ouellette

«Si j’avais à résumer l’histoire de cette saison, je dirais que le fait que les gars de l’équipe sont tellement soudés ensemble a été l’élément le plus important. Nous sommes une famille et aucun gars n’abandonne tant qu’une partie n’est pas terminée. Nos victoires s’expliquent parce que nous nous tenons coude à coude. Dans notre équipe, tu n’as pas le droit d’être découragé et d’avoir la face à terre. Un Castor de Saint-Quentin ça lutte jusqu’à la toute fin. Même quand tu tires de l’arrière et qu’il reste une minute à jouer, nous savons qu’il est possible de marquer deux buts et ainsi gagner le match.»

David Crossman

«Chaque championnat est spécial, peu importe le niveau. C’est vrai que nous avons eu du mal à trouver notre identité en tant que groupe pendant la saison régulière, mais ça s’explique par l’absence de certains joueurs et aussi par le changement d’entraîneur. Honnêtement, ce n’est qu’en fin de saison que l’équipe a vraiment commencé à jouer selon son potentiel. De bons leaders comme Keith Sexton, Jason Thibault et Pier-Luc Thériault, qui ont remporté de nombreux championnats avec les Castors, ont également aidé à cimenter l’équipe. Une fois en séries, malgré un calendrier très difficile, nous avons dû venir à bout de Kedgwick et sur Adrien Lemay. Ce n’était pas facile. Ça nous a toutefois donné beaucoup de confiance avant notre demi-finale contre les Panthères veut leurs vedettes Dean Ouellet, Danny Chiasson, Adam Laite, Alex Émond, Alex Soucy et Jordan Moore. Nous avons gagné en sept matchs et ça n’a vraiment pas été facile. Enfin, nous nous sommes retrouvés devant le Thunder en finale, qui comptait lui aussi sur plusieurs gros canons comme Peter Trainor, Lachlan Macintosh, Brandon Parsons et Mackenzie Brown, sans oublier le très talentueux Luke Gallant à l’arrière. Nous avons gagné en quatre matchs, mais chaque partie aurait pu aller de leur bord tellement c’était serré. C’était spécial pour moi de battre le Thunder parce que je jouais avec cette équipe la saison dernière. J’ai encore beaucoup d’amis dans cette équipe que je respecte beaucoup. À Saint-Quentin, j’ai aimé de voir comment l’équipe représente aussi bien cette petite communauté. Tout le monde est proche et j’ai été accepté tout de suite. J’ai été très bien traité. Et comme c’était ma dernière saison de hockey senior, je ne pouvais choisir un meilleur endroit pour mettre un terme à ma carrière. Nous avions un extraordinaire groupe de joueurs, d’entraîneurs et de partisans ici. Je les remercie de m’avoir permis de jouer le jeu que j’aime.»

Roch Thériault

«L’esprit d’équipe a fait toute la différence. Nous avons un bon noyau de jeunes avec de bons leaders parmi les vétérans. Il y a plusieurs gars de caractère dans notre équipe et ça en prenait beaucoup pour remonter de l’arrière dans chacune des parties de la finale.»

Francis Poirier

«Depuis mes débuts dans le hockey senior, nous avons souvent eu une équipe de milieu de peloton en saison régulière en raison de l’absence de certains joueurs lors des matchs. Certains joueurs ont une famille avec de jeunes enfants et c’est toujours difficile d’équilibrer le hockey avec le travail et la famille. Mais une fois en séries, tous les gars s’impliquent et sont prêts à faire les sacrifices pour gagner. Bref, la présence de tous les gars a eu un gros impact dans ce championnat.»

Marc-André Lévesque, entraîneur-chef

«Il n’y a jamais un championnat qui est pareil, mais là nous avons mis la barre haute avec deux retours en demi-finale contre les Panthères et quatre autres en finale face au Thunder. Les gars ont tous poussé du même côté et nous avions le sentiment que nous étions capables de revenir chaque fois dans la partie. Les gars ont joué avec du cœur et ce fut un plaisir d’être témoin en tant qu’entraîneur d’une telle force de caractère. Mes joueurs sont une incroyable gang de winners.»