Le long repos forcé de Frédéric Castonguay enfin terminé

Pour un joueur de hockey, se voir privé de son terrain de jeu en raison d’une blessure, c’est aussi cruel que de perdre l’électricité en plein soir de tempête hivernale. La comparaison est probablement un brin exagérée aux yeux de plusieurs d’entre vous, mais Frédéric Castonguay, lui, n’est pas du tout de cet avis.

Pendant près de sept mois, le hockeyeur d’Atholville a dû ronger son frein loin des surfaces glacées afin de laisser le temps nécessaire à son genou de guérir. Certes, il a pu fait certains exercices physiques en plus d’aller encourager sa sœur Danielle (voir autre texte) qui joue elle aussi au hockey, mais ce n’est pas comme patiner tout en maniant une rondelle.

Castonguay s’est déchiré le ligament croisé antérieur du genou gauche en jouant au soccer, trois semaines avant le camp d’entraînement du Titan d’Acadie-Bathurst, qui l’avait sélectionné en 14e ronde (251e au total) lors du repêchage de juin.

«Au départ, je me disais que ce n’était si grave que ça et que je serais correct après quelques semaines de repos. À la mi-août, j’ai appris que mon cas était peut-être plus grave. Malgré cela, dans ma tête, je croyais que j’allais rater un ou deux mois d’action. Je ne pensais aucunement à une opération. Finalement, ils m’ont annoncé en septembre que mon ligament était déchiré et qu’il fallait m’opérer. Deux semaines plus tard, j’étais sur la table d’opération. Mettons qu’il y a des claques dans la face qui font moins mal que ça», dit-il en riant.

Défenseur à caractère offensif, mais qui se débrouille également fort bien en zone défensive, Frédéric Castonguay a recommencé à patiner à la mi-février en solitaire. Depuis la mi-mars, il s’entraîne avec son équipement en compagnie des Tigres de Campbellton, l’équipe qui détient ses droits dans la Ligue junior des Maritimes.

«Je n’ai pas le droit aux contacts, mais au moins je joue au hockey. Disons que mon accélération n’était pas fluide au début, mais ça s’en vient. Je vais passer des tests le 14 juin à Moncton, mais je sais que ça va être correct. Je serai au prochain camp du Titan. J’ai même déjà parlé avec Sylvain Couturier», confie-t-il.

Si ça ne fonctionne pas avec le Titan, celui qui célébrera samedi son 18e anniversaire de naissance est aussi bien dire déjà assuré d’un poste avec les Tigres.

«Les Tigres me font d’ailleurs déjà sentir que je fais partie de l’équipe, affirme-t-il. Ils m’ont dit que je faisais partie de leurs plans d’avenir. J’ai l’intention de me donner à fond cet été pour arriver prêt en août. Je prévois aller m’entraîner à Moncton avec mes amis Sam Dow, Jérémie Hébert et Aiden MacIntosh. Mon objectif c’est de me taille une place avec le Titan. Je veux causer la surprise. Gregor McLeod, un ancien des Tigres, avait 18 ans quand il a finalement fait sa place dans la LHJMQ. Denis Toner, lui, a commencé à 19 ans à Halifax. Alors pourquoi pas moi? Si le Titan m’a repêché, c’est parce qu’il m’aimait non?», demande l’arrière de 5 pieds 10 pouces et 170 livres.

Et que pense-t-il de la situation des Tigres qui tirent de l’arrière 3-0 dans la finale contre les Mariners de Yarmouth et qui font justement face à l’élimination vendredi soir.

«Il n’y a pas un gars qui a baissé les bras dans cette équipe», assure Castonguay.

«Ils vont rebondir. Les partisans sont là pour les encourager. Plus jeune, je me souviens d’avoir vu plein de matchs alors qu’il n’y avait que 300 ou 400 personnes. Là, c’est plein à craquer et l’ambiance est incroyable. Les Tigres sont devenus le happening de la ville», complète celui qui avait réussi à se tailler une place dans les équipes d’étoiles lors de ses dernières saisons dans le bantam AAA et le midget AAA.