Joshua Nadeau: un choix intelligent

Chez les Nadeau, à Saint-François-de-Madawaska, le hockey est un mode de vie. John, le doyen, a écrit à lui seul plusieurs pages d’histoires du Circuit régional (ex-Circuit Lizotte). Bradly, le cadet des deux fils, vient de terminer au troisième rang des pointeurs de la Ligue bantam AAA à sa première année d’éligibilité au sein des Bulls du Nord-Ouest. Joshua, son frère aîné qui évolue pour les Caps de Fredericton, est le 68e meilleur espoir midget en vue du prochain repêchage de la LHJMQ. Et puis il y a Manon Oakes, à la fois conjointe du doyen et maman des deux jeunes surdoués, qui cimente le clan par sa passion et ses encouragements.

Vous ne serez donc pas surpris d’apprendre que les deux fils aspirent à une carrière dans le hockey. En rêve, ils ont remporté la Coupe Stanley plus souvent que Henri Richard, le véritable meneur avec 11.

Mais en attendant Bradly, qui sera vraisemblablement un sérieux espoir pour l’encan de 2021, concentrons-nous sur Joshua, que le directeur-général du Moose du Nord Hollis Chamberlain n’a pas hésité à qualifier de joueur le plus intelligent du circuit midget AAA du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard lors de sa dernière conversation avec l’auteur de ces lignes.

Lors de la dernière campagne, Joshua a d’abord compilé 40 points, dont 21 buts. Des chiffres impressionnants pour un attaquant qui a entamé la campagne à seulement 14 ans puisqu’il est né le 22 octobre. En février, il a aussi amassé deux buts et six points en sept duels avec Équipe Nouveau-Brunswick lors des Jeux du Canada à Red Deer. Enfin, il a ajouté une réussite et deux mentions d’aide en cinq duels au Défi d’excellence Gatorade, toujours avec Équipe NB.

«Je me sens bien avec ma position actuelle, affirme Nadeau au sujet de sa 68e place sur la liste du Centre de soutien au recrutement. Mais peu importe la ronde que je me ferai repêcher, je vais continuer de travailler fort. Je veux jouer dans la LHJMQ parce que ça va m’offrir plus de possibilités pour la suite.»

Les mauvaises langues diront qu’il y a toutefois un gros hic concernant Joshua Nadeau. Sa taille.

À 5 pieds 4 pouces (et demie) et 126 livres, il est vrai que l’Acadien a besoin d’ajouter de la viande autour des os. Pas certain qu’il sortirait en un seul morceau s’il devait se faire écraser contre la rampe par un colosse comme Oliver Turan par exemple.

L’entraîneur-chef d’Équipe NB Philip Richer se dit convaincu que Nadeau évoluera un jour dans la LHJMQ.

«Il a du chien et il n’a peur de rien, dit-il. Est-ce qu’il sera prêt pour la prochaine saison? Je dirais que non. Il n’est pas prêt physiquement et une autre saison dans le midget AAA lui sera bénéfique, en plus de lui donner plus de temps pour ajouter de la masse musculaire. Mais d’ici deux ans, je le vois très bien dans la ligue.»

«Il est un véritable poison autour du filet. Il peut marquer des buts et préparer des jeux. Mais sa plus grande qualité, selon moi, est sa vision du jeu. Il voit le jeu se dessiner devant lui trois fois plus vite que les autres joueurs. Joshua est le genre de gars qui sera meilleur en jouant avec des joueurs avec plus de vécu», confie Richer, qui porte aussi le chapeau de recruteur pour le compte des Olympiques de Gatineau.

«Comme entraîneur, je l’ai vanté à plusieurs reprises aux recruteurs des autres équipes de la ligue. Ça ne m’a pas surpris qu’il se retrouve comme un éventuel choix de quatrième tour. Même que s’il était un peu plus grand, il serait sûrement sorti dans le top-36. Ça, je n’en ai aucun doute», mentionne-t-il.

Questionné sur sa taille vis-à-vis des géants de la LHJMQ, Nadeau soutient ne pas trop s’en faire.

«Je sais que je suis plus petit que les autres, mais ça ne changera rien à ma façon de jouer. Je dois juste jouer de façon intelligente et m’ajuster au jeu», indique-t-il.

Que dit-il aux équipes qui le questionnent sur le genre de joueur qu’il est?

«Je suis un joueur qui aime contrôler le jeu et qui aime le faire en utilisant ma vitesse. Je compare mon jeu à celui de Johnny Gaudreau», ajoute-t-il.

Une comparaison qui le décrit justement fort bien, assure Philip Richer.

Joshua Nadeau, son frère Bradly (à gauche) et son père John (au centre). – Gracieuseté 2019